Ferrari Mondial T : contre les idées reçues

Jeudi 11 juillet 2019
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Allez j’ose, la Ferrari Mondial me plaît, du moins dans son ultime version T lancée en 1989. Contrairement à beaucoup d’autres, je n’ai jamais trouvé le dessin de la Mondial si déséquilibré que cela. Tout juste était-elle trop typée années 80, avec moult plastique et stries trop imposantes calquées sur la Testarossa. Avec l’arrivée des années 90, Ferrari s’applique à modifier son offre : une 348 compacte et séduisante (bien qu’un peu brutale) et une Mondial T, remise au goût technique et stylistique du jour. Bonifiée par l’âge, la Mondial (re)devient, avec ses 4 places et en attendant la 456 GT, un objet de désir.

Qui n’a jamais rêvé de rouler à 4 dans une Ferrari ? C’est faisable bien entendu, mais c’est cher, même en optant pour une 400i à boîte automatique. Même la 456 GT un temps dans le creux de la vague reste relativement chère. Pour celui qui ne voudrait pas renoncer à faire profiter ses enfants du doux son d’un V8, au minimum, qui plus est en position centrale arrière, ne reste que la Mondial. Même la très carrée 308 GT4 signée Bertone flambe : un signe pour qui voudrait en plus faire une petite culbute. Car la Mondial, délaissée depuis de nombreuses années, commence à sortir de la vulgaire occasion pour rentrer sérieusement dans la collection. La courbe a commencé à s’inverser il y a longtemps déjà, mais reste progressive.

Un style bonifié par le temps

Passons ces détails bassement matériels. Le vrai hic avec la Mondial, c’est pour beaucoup son style. Si je ne suis pas d’accord avec la majorité, il est vrai qu’elle aura mis du temps à passer du plastoc c’est fantas(toc) à l’impression de modernité de la T. Il aura suffi pour cela, en 1989, de penser tout bêtement à peindre les pare-chocs ton caisse, à diminuer les stries latérales pour mieux les intégrer à la ligne (pas besoin de singer la “Testa” même si, il est vrai, c’est elle qui les avait instauré la première, rendons à César ce qui appartient à César).

Rhabillée pour mieux affronter les années 80 (avant de mourir sans descendance en 1993, laissant orphelin le créneau de la 4 places à moteur central V8), avec un intérieur enfin digne de ce nom, devenu luxueux et presque bien assemblé, la Mondial T s’offre aussi de nouveaux raffinements techniques. D’une part, elle récupère le V8 conçu pour la 348 (qui paraîtra quelques mois plus tard), avec 3,4 litres de cylindrées (contre 3,2 auparavant) et 300 chevaux (contre 270). Ce V8 se loge longitudinalement (au lieu de transversalement) tout en conservant une boîte transversale, comme sur les Formules 1, lui donnant son T patronymique. Le moteur est positionnée plus bas dans le châssis, offrant un comportement plus équilibré.

V8 de 348

Plus de puissance, plus d’équilibre, une ligne plus en phase avec l’époque et finalement de plus en plus acceptée, voilà les atouts de cette Mondial modernisée. Alors bien sûr, la “banquette” à l’arrière se limite à une utilisation sur courte distance, ou pour des enfants, mais quel pied de rouler à 4 avec un moteur dans le dos et un cheval cabré sur le capot avant. Que dire enfin de la version cabriolet qui rajoute au tableau la possibilité d’avoir les cheveux au vent (quand on en a).

Evidemment, la Mondial, lancée en 1980, arrive en fin de carrière et avec cette dernière mouture, 9 ans se sont déjà écoulés. Malgré cela et jusqu’en 1993, 840 coupés et 1 010 cabriolets seront écoulés contre vents et marées, malgré l’arrivée de la 456 GT plus noble (et habilement dessinée) en 1992 et qui, il faut bien le dire, la pousse à la retraite lentement mais sûrement. Dès lors, il n’y aura plus jamais chez Ferrari de 4 places à moteur central. Dommage ! 

Toujours dans le coup

Venons-en à cette ligne signée Pininfarina. Est-elle si déséquilibrée que certains le disent ? En réalité, elle me semble justement plutôt élégante, compte tenu du besoin d’espace intérieur. Il fallait être habile comme un designer italien signant du F pour arriver à concilier l’inconciliable : regardez la 308 GT4 de Bertone, peut-on vraiment la trouver plus gracile ? J’en doute. La Mondial, elle, tire habilement profit du style initié par la 308 (l’autre, la GTB) en l’adaptant à la contrainte avec réussite. En réalité, sa tare originelle pour les puristes restera de proposer le son du V8 à plus de deux personnes, plaisir qui devrait sans doute, selon eux, rester égoïste (à l’intérieur) et m’as-tu-vu (à l’extérieur).

En réalité, la Mondial est une voiture de partage, et c’est cela qui choque avec une Ferrari. On l’accepte volontier sur la génération 365/400/412 ou 456 ensuite, simplement parce qu’il s’agit d’une tradition Ferrari d’avoir un V12 à l’avant. Pas sur une V8 à moteur central. Raison de plus pour s’offrir ce luxe : profiter d’une cote encore basse (tout est relatif, ça monte, ça monte) pour se faire plaisir sans idée de profit, juste pour le fun. Si vous n’êtes pas sectaire, la Mondial T est faite pour vous.

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Caractéristiques techniques

Ferrari Mondial T

1989 - 1993

Motorisation

Motorisation V8
Cylindrée 3 405 cc
Alimentation Injection Bosch Motronic
Puissance 300 ch à 7 200 trs/min
Couple 323 Nm à 4 200 trs/min

Dimensions

Longueur 4 535 mm
Largeur 1 810 mm
Hauteur 1 235 mm
Poids à vide 1 503 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 5 rapports

Performance

Vitesse max 255 km/h
0-100 km/h 6,3s
Production 1 850 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) 50 000 euros

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1 commentaire

Sylvain

Le 12/07/2019 à 07:46

En phase avec l’article. Il m’a fallu du temps (25 ans ?) pour apprendre à apprécier la Mondial. Paradoxalement c’est son atypisme unique qui m’attire aujourd’hui.

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