Fiat 124 Spider : pour le plaisir

Vendredi 1 juin 2018
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Le printemps est là et bientôt l’été. Le moment idéal pour redécouvrir le plaisir de rouler cheveux au vent. A l’heure où on traque l’automobiliste comme une bête sauvage, peut on encore prendre du plaisir en roulant sportivement sur des petites routes, ou tout simplement en cruisant coude à la portière? Pour le vérifier, rien de mieux qu’un bon vieux Roadster à l’ancienne, contact.

Nationalité italo-japonaise

Je feuillette machinalement le catalogue qu’on m’a gentiment tendu en arrivant au siège de Fiat France à Trappes. Pendant qu’un confrère prend possession d’un imposant Pickup Fiat, copie conforme du Mitsubishi L200, je me dis qu’ils sont balèzes les mecs du marketing : “Fier de ses origines, Fiat 124 Spider s’inspire des lignes emblématiques de sa version de 1966, en les réinventant” (lire aussi : Fiat 124 Spider et Pininfarina Spider Europa).

C’est vrai que vu de face, l’exemplaire blanc sur le parking que j’emprunte pour le week-end fait furieusement penser à l’originale de 1966. Mais ne vous y trompez pas, cette italienne est fabriquée à Hiroshima, chez Mazda et est étroitement dérivée de la Mazda MX5. Pour ce qui est de la Dolce Vita vous repasserez mais c’est plutôt une bonne nouvelle. Depuis toujours la Mimix est ce qui se fait de mieux sur le marché en matière de petit cabriolet ludique. Avec son moteur italien et son style largement revu et plus réussi que celui de la Japonaise, c’est avec un grand sourire que je décapote. J’ai 120 bornes à faire et il est hors de question que je garde une minute de plus ce toit en toile.

L’air pur du périph

Faire Trappes-Crepy en Valois un vendredi soir à l’heure des sorties de bureau c’était un peu ambitieux. En bon Normand, j’avais prévu une heure trente de route. La vérité après 90 minutes est tout autre, je suis encore sur le périph (lire aussi : L’histoire du Périh’). Moi qui pensait que la politique des transports parisiens menée par Hidalgo avait résolu les bouchons, la pollution et redonné la joie de vivre à des millions de franciliens… La faible hauteur du Spider met mes narines à hauteur de pot d’échappement de camion. Dans les tunnels, le bruit est insoutenable, l’odeur est immonde mais je suis content ! Au moins je suis pas enfermé dans mon habitacle, coupé du monde. Je vis la route, et là en l’occurence je vis le bouchon. Les regards des usagers du périph sont tantôt moqueurs (j’ai eu le droit à un ou deux “branleur”, ou “trou du cul” ), tantôt approbateurs, avec quelques pouces tendus en l’air. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette Fiat ne laisse pas indifférent.

Le confort à l’intérieur de la baignoire est relatif. Pour être franc, j’ai commencé à avoir mal au dos au bout de 20 bornes. Les sièges avaient l’air confortables mais à l’usage c’est moins évident. Je n’ai plus 20 ans et visiblement la position “assis par terre” n’est pas la plus naturelle.  Je décide donc de m’arrêter sur la première aire d’autoroute que je trouve, histoire de se dégourdir les guiboles. Alors que je reviens à la voiture j’entends un “c’est une Fiat !!?”. Oui Monsieur c’est une Fiat, ce qui ne semblait pas tomber sous le sens. Cette voiture interpelle et son blason encore plus.

Une Fiat bipolaire

Tant que je suis sur l’autoroute, ou le périph le 124 se comporte comme un truc un peu mou. Le moteur est un peu pointu certes, et creux sous les 2500 tours mais le coupable est ailleurs. La boîte auto est non seulement lente mais semble également mal étagée. En ligne droite à allure stabilisée, alors qu’on voudrait bien qu’elle passe la 4, voire la 5, elle a tendance à rester bloquée en 3. Rien de plus énervant que de rouler à 80 avec un volume sonore élevé et un régime moteur excessif alors qu’il ne se passe rien autour.

A contrario, quand on met godasse pour profiter d’une franche accélération, ou pour doubler un camion, la réactivité de la boîte est toute relative. Le kick down met le temps à arriver et les changements de rapports sont laborieux. A l’instar de sa cousine MX-5, la 124 est réputée pour la qualité de sa boîte manuelle. Vous faites comme vous voulez mais je ne vois pas ce qui pourrait justifier l’achat d’une BVA sur ce modèle. Non seulement elle est mauvaise, mais surtout ça ne cadre pas avec la vocation de cette voiture.

Il faudra arriver sur les départementales pour découvrir le côté pile du Spider.  En mode manuel (avec le levier, les palettes étant indisponibles ), on arrive à utiliser le bloc comme il se doit. Les premières courbes me redonnent le sourire. Cette voiture à l’air diablement efficace. Dans les petites courbes, la motricité est bonne sur le sec, la direction permet de placer le cabrio au millimètre et surtout c’est une vraie propulsion comme on les aime. L’équilibre est parfait, elle est joueuse si on veut jouer, rassurante si on veut rouler en toute sécurité. Comparé à la Mx-5 les réglages sont différents. La 124 Spider est plus confortable, moins raide en amortissement. Mais la performance c’est qu’elle conserve tout le dynamisme de la nippone. Au final, elle devient plus agréable et utilisable au quotidien. Avec son coffre plus grand (140 litres, de quoi emmener deux petites valises et un sac souple), elle passerait presque pour une petite GT.

Utilisable au quotidien ?

A coeur vaillant, rien d’impossible. Evidemment on peut toujours rouler avec tous les jours. Il convient juste de faire la part des choses et de bien définir ses besoins. La capote par exemple est manuelle, mais tellement facile à utiliser. Pour enlever le toit, on déverrouille, et on balance la capote vers l’arrière et c’est fait. Pour recapoter, une pression sur le couvre capote et on tire vers soit. Ca se fait en moins de 2 secondes, plus rapide et plus léger que n’importe quel système de toit électrique.

Petit détail agaçant, à chaque fermeture, il faut bien penser à laisser la clé sur le contact. On arrive à destination, on arrête le moteur, on ferme la capote, et là c’est le drame. A chaque fermeture, les vitres descendent automatiquement. Il faut remettre le contact, démarrer le véhicule, pour monter les vitres. C’est un détail mais quand vous vous êtes fait avoir 2 ou 3 fois dans la même journée, c’est un détail qui peut devenir pénible.
L’autre petit détail c’est l’absence totale de rangements dans l’habitacle. Il y a bien une mini boîte à gants, c’est déjà ça mais rien pour poser le téléphone, les clés, sur la console centrale ou dans les portes. Ce petit coffre derrière les sièges pourra accueillir des clés par exemple, c’est déjà ça. Le coffre est suffisamment grand pour partir en week-end à deux et assez petit pour voyager léger.

Le plaisir de conduire cette voiture au quotidien ou non, sera de toute façon plus grand que ces petits désagréments. On peut compter sur les sièges chauffants et le chauffage efficaces pour rouler en pleine nuit sans capote et surtout sans attraper froid. On redécouvre alors le vrai plaisir automobile. Le bruit n’est pas aussi impressionnant que sur la version Abarth mais la sonorité est sympa. Le vent, avec les vitres remontées reste supportable, tant qu’on ne dépasse pas les 100 km/h pendant trop longtemps. Avec sa caméra de recul, son régulateur, le démarrage sans clés, le Spider n’est pas un véhicule radical.

Plaisirs simples

Après 4 jours, le bilan est largement positif. Même si je pense que la version manuelle est infiniment plus recommandable, ce Spider est un sacré coup de coeur. En arrivant à Trappes, j’ai beaucoup de mal à me résoudre aux adieux. La pluie n’a pas cessée depuis ce matin, l’occasion rêvée de tester l’ESP OFF. Le contrôle électronique de trajectoire est en effet déconnectable. La zone industrielle est déserte, je me tente un tour de rond point en dérive, puis un deuxième, ça vire carrément au concours de drift. Ce paisible cabriolet est habité par le diable. La Fiat 124 Spider fera ce que vous lui demandez de faire. Elle sera ce que vous voulez qu’elle soit. Une paisible façon de rouler, ou l’outil idéal pour apprendre le pilotage. A ce prix là, rares sont les voitures à vous apporter autant de plaisirs. La version Abarth peut-être ? (lire l’essai : Abarth 595 Biposto et 124 Spider)

 

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12 commentaires

philippe

Le 01/06/2018 à 13:18

Le pick-up Fiat n’est pas une copie conforme de Mitsubishi L200, c’est un Mitsubishi L200 envoyé semi monté et sur lequel on termine de monter le spécifique Fiat dans un atelier de Mirafiori.
Mais il y a eu la Sedici alias Suzuki SX4, le Talento alias Trafic et il y en aura d’autres …
On dirait que Fiat n’a plus de capacité d’investissement, tout passe dans Chrysler-Jeep ?

Niko

Le 01/06/2018 à 14:55

C’est clairement compliqué chez Fiat mais dans tout le groupe. Hormis Jeep qui cartonne et qui bénéficie d’un plan produit cohérent, le reste….
Le pure étant Fiat qui en dehors de la 500 plus que vieillissante, n’a rien

Choco

Le 01/06/2018 à 14:12

Herbert Léonard aime cet article 😉
Je trouve la 124 plus réussie que la Mazda dont elle est le clone. Un comble. Après faire référence au modèle iconique c’est du bla-bla marketing.

Michel

Le 01/06/2018 à 16:44

Procédant le véhicule depuis 1 an je vous assure que c’est très plaisant à conduire et je ne manque pas un rayon de soleil chaque week-end.

NIKO

Le 01/06/2018 à 22:32

Oui je l’aurais bien gardé 🙂

Eddy123

Le 01/06/2018 à 20:03

Je titille m’a femme pour remplacer la Latitude pour la petite Fiat…. miam

Antoine

Le 01/06/2018 à 21:07

Une alternative crédible à la MX, plus « classique », plus confortable aussi, mais moins dynamique.
Chacun ses goûts, et tant mieux.

Même si je suis resté sur « l’originale », en 2.0 chassis sport, d’excellents baquets, plus de rigueur, et un moteur 2.0 atmo moins ON/OFF (tout en consommant peu).

Cotta

Le 03/06/2018 à 17:12

Chacun sa vision. J ai une mazda Rf. Et je vois que fiat s est inventé un toit dur pour sa 124. Cela me fait rire un peu. La 124 ressemble à du courant. Même la mx5 NC est plus jolie… C est bien de dire que la 124 est mieux que la mx5 mais chacun ses goûts. Mais de la part d un journaliste pro fiat, ça me paraît évident !!

Paul

Le 04/06/2018 à 15:04

Nous ne sommes pas plus pro-Fiat que pro-Mazda, puisque nous avons des liens « classiques » avec les deux marques. S’agissant d’un modèle « commun », comme vous le dites, chacun ses goûts. Je rejoins Niko sur le style de la 124, que je préfère (mais là vraiment, c’est effectivement une question de goût), mais comme vous, j’ai tendance à préférer l’originale à la copie, mon choix se porterait sans doute plus facilement vers la MX5. Mais pourquoi toujours imaginer qu’on est vendu à quelque marque que ce soit ? N’y-a-t-il pas un peu de parano là ? Donner un avis c’est prendre le risque de ne pas satisfaire ceux qui ne sont pas d’accord, et qui pour se rassurer préfèreront imaginer que le journaliste est « vendu »… Mais promis, dès que Fiat me file du pognon (ou Mazda hein), je vous préviens 😉

Maxence

Le 16/06/2018 à 22:52

Je ne suis ni journaliste, ni pro Fiat, mais voyez vous, moi aussi je préfère la ligne de la 124 à celle de la MX5. Comme vous le dite à juste titre, chacun ses goûts…

Matt

Le 04/06/2018 à 16:57

Je suis un peu resté bloque sur le « j’ai eu le droit à un ou deux “branleur”, ou “trou du cul” ». C’est quand même incroyable qu’on ai encore des gens qui se permettent de penser que dès qu’on fait quelque chose un peu différemment (oh mon dieu il roule en carbiolet!) c’est pour se montrer…

A part ça une très jolie voiture je trouve 🙂

Max

Le 07/06/2018 à 17:57

Bienvenue à Paris !

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