Fiat Panorama : laborieuse brésilienne

Publié le jeudi 20 juillet 2017.
Mis à jour le mardi 9 octobre 2018.
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Est-il possible d’avoir un certain succès lorsque l’on est moche ? Oui, à condition d’avoir certaines qualités insoupçonnables à la vue, mais vérifiables au quotidien. C’est le cas de la Fiat Panorama, un break 3 portes sans grâce ni style, mais pourtant best-seller au Brésil pour des raisons simples : faible encombrement, capacité d’emport importante, fiabilité et facilité d’entretien, et bien entendu économie (de pétrole ou d’alcool, comme d’entretien là encore).

A la fin des années 70, au Brésil, l’heure n’est pas vraiment au design. Dans un pays émergent comme celui-ci, l’utilitaire prime sur le beau, et c’est avec cette carte là que va jouer Fiat Automoveis, la filiale brésilienne du constructeur turinois en lançant la Panorama, un break 3 portes sans fioriture, concurrent de la Volkswagen Brasilia antérieure, avec un avantage: traction et moteur à l’avant pour plus de place à l’arrière (lire aussi : Volkswagen Brasilia).

Oui c’est pas beau, mais avec ses petits moteurs fiables 1 litre et 57 ch, 1.3 litre et 60 ch fonctionnant aussi à l’alcool de canne à sucre, spécialité brésilienne, ou 1.7 litre Diesel de 57 ch itou, sa capacité de chargement et son faible coût (à l’achat aussi bien que, comme dit plus haut, à l’entretien), bah, la petite Panorama a fait fureur chez la Cariocas ou les Paulistes.

Certes, le brésilien est nostalgique (Saudade), joueur (de foot), musicien (samba ou bossa nova), adepte de la plage, des tongs et du string pour les clichés, il n’en est pas moins pragmatique. Et comme Fiat, Ford, GM ou VW ont quasi le statut de marques nationales tant ils trustent les ventes tout en produisant sur place, bah, la Panorama, discretos, en bonne laborieuse, s’en va rejoindre les Fusca au rang d’icône brésilienne (lire aussi : VW Fusca).

Au sein du groupe Fiat (comme pour VW d’ailleurs), la filiale brésilienne a un statut à part, avec ses usines, et sa liberté de créer des modèles spécifique au marché. On aura droit ici à une drôle de Tempra 2 portes dotée d’un Turbo par exemple (et entre autres, lire aussi : Fiat Tempra 2 portes Turbo). Elle sera même à l’origine de la première « world car » de Fiat, la Palio, dont la production commencera en 1996.

Mais revenons à nos moutons : la Panorama. Cette voiture aussi efficace qu’insipide sera produite pendant presque 7 ans, de 1980 à 1986, avec plus de 200 000 exemplaires vendus tout de même. Elle sera remplacée par la Fiat Elba en 1986, une variante de la nouvelle Fiat Uno parue en Europe.

Bref, si vous avez envie d’une Fiat différente, dérivée de la Fiat 147, fabriquée au Brésil, en Uruguay (sous le nom de Fiat 148) ou en Colombie (à Bogota), laissez-vous tenter par cette étrange Panorama, qu’on trouve aussi parfois en Europe où elle a été importée sporadiquement… Bon courage !

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12 commentaires

Jean-Michel

Le 20/07/2017 à 14:30

La Panorama a été un temps importée en Italie. Para ailleurs les dernières 127 étaient des 147 rebaptisées.
J’ai également vu deux ou trois Panorama au Portugal.

sheol

Le 20/07/2017 à 14:43

franchement, je la trouve pas si moche moi, avec sa face avant un peu inclinée, son petit côté break de chasse aussi (même si c’est clairement une utilitaire), enfin je lui trouve un petit charme que je ne saurais expliquer, finalement, je les aime bien les besogneuses moi

Franck Kegelart

Le 20/07/2017 à 15:02

Effectivement, la Panorama fut importée en Italie – et certainement aussi au Portugal, comme d’autres brésiliennes d’ailleurs, grâce aux accords douaniers entre les 2 pays ; par contre, les dernières 127 n’étaient pas des 147 rebaptisées, même si le moteur des 127 diesel était d’abord apparu sur les 147… Ce qui est vrai, c’est qu’outre la Panorama Fiat a diffusé en Italie la 127 Rustica, une 147 à la finition dépouillée et aménagée extérieurement « tout-chemin » ; pour l’anecdote, les aménagements spécifiques de la 147 étaient montés chez… Lamborghini, dont les proprios de l’époque cherchaient désespérément un moyen pour faire tourner l’usine !

24heures

Le 20/07/2017 à 16:27

La 127 diesel, qui a été vendue notamment en France, était je crois basée sur ce modèle, elle en avant en tout cas la face avant. Alors que la gamme essence avait une face AV (inclinée dans le « bon sens » aérodynamique) et AR différentes. Une bizarrerie industrielle.

caron

Le 20/07/2017 à 20:20

Je ne la trouve pas moche, les masses sont équilibrées, elle fait costaud avec son air trappu.

Un crossover avant l heure?

Vincent

Le 20/07/2017 à 23:06

La face avant est la même que les premières Fiorino vendues en France si je ne me trompe pas, hormis le logo qui était a barrettes sur la fourgonnette

Jean-Michel

Le 21/07/2017 à 15:07

La 127 diesel était en tous points identique à la 147 brésilienne.

Iflur

Le 22/07/2017 à 09:36

La 147 dérivait de la 127, best seller en Europe. Un utilitaire pas plus moche que beaucoup d’autres.
Comme c’est FIAT, il est de bon ton en France de dénigrer…

Jean-Luc

Le 23/07/2017 à 15:20

Laide ? Je ne trouve pas. Utilitaire mais équilibrée.

Jean Baptiste CARON

Le 28/07/2017 à 14:45

Oui tout à fait d’accord.

Franck Kegelart

Le 27/07/2017 à 00:29

Au temps pour moi, Jean-Michel a raison : la 127 diesel était une 147 rebaptisée, cela allait donc bien plus loin qu’un partage de moteur…

Francis

Le 30/07/2019 à 18:17

J’ai possédé une 127 diesel achetée neuve chez Fiat, à Paris. C’était une vraie 147, fabriquée au Brésil (facile à voir, par ex. les marquages sur les vitres), importėe en Europe, et seulement rebadgée 127 au lieu de 147. Le diésel était un 1300cc, pas un 1500. Une petite voiture très économique mais peu puissante et bruyante en dépit d’une cinquième vitesse ajoutée sur les derniers modèles, telle la mienne.

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