Fiat Uno Turbo ie: l’alternative transalpine

Publié le mercredi 2 novembre 2016.
Mis à jour le vendredi 5 avril 2019.
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Comme tout le monde (enfin, tout ceux qui comme moi sont nés dans les années 70), je rêve de récupérer une Peugeot 205 GTI (lire aussi : Peugeot 205 GTI), ou bien une Renault Supercinq GT Turbo (lire aussi : Renault Supercinq GT Turbo), rien que pour le plaisir de me sentir « golden boy » des années frics, ces années « GTI » où rouler vite n’était pas mal vu, et où la sportivité était un argument de vente. D’autres, moins chauvins que moi, préféreront une Volkswagen Golft GTI (et pourquoi pas une version Oettinger réservée à la France, lire aussi : Volkswagen Golf GTI Oettinger). Mais il faut bien l’admettre, cet engouement pour les petites bombinettes de ma jeunesse les a transformées en véhicules de luxe !

Les premières Turbo ie n'échappent pas au gros "Turbo" sur le côté
Les premières Turbo ie n’échappent pas au gros « Turbo » sur le côté

Comment faire alors pour s’offrir un peu de cette folie so 80’s sans devoir emprunter sur 20 ans ? Sans doute en révisant à la baisse ses prétentions, et en observant ce qui se proposait ailleurs. Et pourquoi pas jeter un œil de l’autre côté des Alpes ? Car à la même époque, la Fiat proposait elle aussi sa vision de la petite citadine sportive façon GTI. Mais dans ce cas, il y a deux écoles : celle de l’atmosphérique – Peugeot 205 et Volkswagen Golf – et celle du Turbo, initiée par Renault sur sa 5 Alpine (lire aussi : Renault 5 Alpine Turbo) puis appliquée à sa Supercinq GT Turbo. C’est cette seconde voie que choisira la marque italienne pour la version sportive de la Uno, baptisée Turbo ie !

Le Turbo se fera ensuite plus discret...
Le Turbo se fera ensuite plus discret…

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Nous y voilà. L’alternative, c’est elle. Bien entendu, n’attendez pas des performances aussi ébouriffantes que ses rivales européennes, mais vus les tarifs, il faudra s’en contenter, et savoir apprécier ce qui peut l’être dans cette voiture bizarrement attachante. La Fiat Uno, lancée en 1983 (sur un dessin de Giugiaro) pour remplacer la Fiat 127, est un produit majeur pour la firme de Turin qui fait l’essentiel de ses volumes avec les petites et moyennes voitures. Modèle central de la gamme, il récupérera donc une version sportive, comme il se doit, en avril 1985.

La Turbo ie sera ensuite plus discrète
La Turbo ie sera ensuite plus discrète

En fait, la Uno Turbo ie remplace dans la gamme la Fiat Ritmo TC 105, et propose peu ou proue la même puissance de 105 ch, mais avec un plus petit moteur, et un turbo IHI. Initialement, la Turbo ie recevait un 1299 cm3 mais il sera très rapidement remplacé, après quelques exemplaires produits seulement, par une version plus réactive et plus coupleuse de 1301 cm3 (et de même puissance, 105 ch donc). Si l’on peut parfois rigoler de la Turbo ie, il faut admettre tout de même que son moteur était autrement plus moderne que celui de la GT Turbo. Pour le reste, la Turbo ie reçoit une suspension améliorée et rabaissée par rapport à une Uno normale, ainsi que des freins à disques aux 4 roues (ventilés à l’avant, plein à l’arrière). Elle s’équipe aussi de patinettes 175/60 aux jantes de 13 pouces en alliage, qui contribueront grandement à sa mauvaise réputation. La boîte 5 vitesses est issue de la Ritmo avant d’être remplacée en 1987 par une toute nouvelle boîte, plus moderne. Enfin, à partir de 1988, elle inaugure (en option) un drôle de système appelé Antiskid, sorte d’ABS à la sauce ritale !

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Extérieurement, la Turbo ie reçoit dans un premier temps une décoration très voyante, avec un énorme Turbo strippé sur les côtés. Il se fera ensuite plus discret du côté passage de roues arrières, avant de disparaître pour plus de discrétion (il va sans dire qu’aujourd’hui, les versions bien flashy marquées « turbal » seront à privilégier, pour épater le voisinage). A l’intérieur, les sièges sont dits « sport », la sellerie en tissu reprend le motif du logo Fiat de l’époque, tandis que le volant reçoit un sigle « Uno Turbo ie » histoire de rappeler au conducteur qu’il conduit une sportive. La Turbo ie n’est disponible qu’en 3 portes, comme toute sportive qui se respecte à l’époque. Et comme il se doit, les tapis de sol sont en moquette rouge, c’est un minimum tout de même !

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Mine de rien, la petite Turbo ie permet à son conducteur d’aller taper les 200 km/h. Grâce à son moteur, certes, mais aussi à son poids contenu de 845 kilos. La Fiat est à l’aise en ligne droite, mais dans les virages, c’est parfois plus compliqué : elle préfère en effet continuer avancer en ligne droite. Pas génial pour la réputation. Mais globalement, cette voiture est plutôt saine, mais, il faut l’avouer, son comportement s’avère bien moins rigoureux que celui des françaises ou de l’allemande. Ce défaut de l’époque peut être un avantage aujourd’hui : il vous faudra user de vos talents de pilote pour maîtriser la petite fougueuse, et c’est bien plus amusant que certaines sportives aseptisées !

La phase 2 reçoit de nouveaux phares, de nouvelles jantes, et surtout un nouveau moteur de 118 ch
La phase 2 reçoit de nouveaux phares, de nouvelles jantes, et surtout un nouveau moteur de 118 ch

Fin 1989, avec le restylage et l’apparition de la phase 2 (nouvelle calandre, nouveaux phares, nouveau hayon arrière), la Turbo ie va un peu évoluer. Elle récupère de nouvelles jantes « Abarth », un volant Momo à 3 branches, mais surtout une barre anti-roulis permettant d’améliorer un peu la tenue de route. Côté moteur, on passe à 1372 cm3, un Turbo Garett en lieu et place de l’IHI, et 118 chevaux à la clé ! Elle sera produite jusqu’à la fin de l’année 1993, et vendue jusqu’en 1994, avant de tirer sa révérence, le poids des ans se faisant gravement sentir. Environ 50 000 exemplaires auront été produits durant presque 10 ans !

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Pourtant, la carrière de la Uno Turbo ie ne s’arrête pas là. Cette même année 1994, elle est introduite au Brésil avec le 1.4 Turbo 118. Là-bas, elle reçoit de nouveaux boucliers lui donnant un air agressif, et se veut le top de la gamme. Le succès ne sera pas au rendez-vous : produite de 1994 à 1996, il ne s’en vendra que 1801 exemplaires, ce qui en fait un véritable collector.

La rare version Turbo ie brésilienne est un collector en puissance
La rare version Turbo ie brésilienne est un collector en puissance

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Aujourd’hui, les Turbo ie se trouvent pour des tarifs bien moindres que ses contemporaines GTI. Pourtant, les beaux exemplaires se font rares : beaucoup ont subit les horreurs du tuning ou les bidouillages moteurs, sans parler de l’hécatombe de primes à la casse ou de l’enroulage de platanes. Le challenge sera bel et bien de trouver la perle rare, mais sans effort, y’a moins de plaisir à la fin. Sinon, tentez toujours l’importation d’une Turbo brésilienne !

 

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14 commentaires

gérard morel

Le 02/11/2016 à 11:22

« tous ceux qui sont nés dans les années 70 comme moi…. »
Oui,mais vous avez, cher Paul, parmi vos lecteurs fans des gens qui, comme moi, sont nés dans les années 40 ,et même au tout début, et nous aurions beaucoup de choses à dire, surtout quand on a eu 72 voitures !!!! Dont ,par exemple ,deux des 160 CD panhard,dont l’une a fait l’objet d’un grand article sur « auto-rétro » ,n° 67…
Merci pour vos articles si bien documentés
GM

J2M

Le 02/11/2016 à 12:41

Ces voitures sont celles de mes 20-25 ans, et pour les avoir pratiquées toutes au cours de divers essais pas toujours raisonnables, elles soffraient toutes de deux maux plus ou moins partagés :
– Une qualité de fabrication et de montage aléatoire (moins la Golf).
– Quelques difficultés avec le train avant quand on « envoyait la sauce ».
– Des turbos et autres pièces (culasses, boîtes) assez fragiles (sauf, et sans turbo, etc…).
D’où le fait qu’il en reste peu en bon état, et souvent à des tarifs délirants.
Je me souviens de l’essai d’une 320i pour laquelle mes finances ne suivaient pas. Une autre planète, même 30 ans plus tard ! Quel moteur, en comparaison…

J2M

Le 02/11/2016 à 12:42

Euh… trois maux. Sorry !

Nabuchodonosor

Le 02/11/2016 à 12:58

Pareil pour mézigue, pendant que je chatouillais les plastiques des Majorettes (et non la plastique, sentez bien la nuance), je reluquai au dehors les Simca 1000 Rallye I puis II et autres BMW 2002, puis Ti et Tii, c’était un peu après mai 68 au passage de la décennie suivante, je ne portai plus de couches culottes depuis longtemps mais Popaul (c’était comme ça qu’on disait) commençait à me travailler dans le calbut’ et me donner une autre vision du monde qui m’entourait… Et puis en 75 il y eût la Golf GTI, le raz de marée qui les emporta toutes…

Nabuchodonosor

Le 02/11/2016 à 13:00

… Et qui établira le nouveau standard des petites sportives musclées !
🙂

Paul

Le 02/11/2016 à 14:02

À noter qu’il existe une série limitée numérotée sur base de Uno Turbo I.E.
Il s’agit de la FORMULA proposée uniquement pour le marché français au printemps 87.

Teinte blanche intégrale sauf rétros (boucliers teintés dans la masse).
Stripping rouge FORMULA sur les bas de caisses.

Motorisation et intérieur identiques au modèle de série.

J’ai déjà entendu parler de 400 exemplaires produits, sans certitude.
La plus désirable en tout cas. Un graal!

À t elle eu une brochure commerciale? Je ne l’ai jamais trouvée.

Si vous avez d’autres infos, je prends!

Greg

Le 01/03/2018 à 17:38

Bonjour.
Cette formula IE était parfaite. J’en avez une et doublé facilement les peugeots 205 GTI quand le turbo se mettait en route. Mon rêve de retrouver cette voiture crée par l’achat de Ferrari par Fiat.
Voiture numéroté.

Gianni Agnelli

Le 02/11/2016 à 19:03

Uno,
… Due, Tre… Andiamo : Ma alla fine cazzo vince sempre il migliore !

Jota

Le 02/11/2016 à 21:58

Le père d’un pote agent Fiat à l’époque en avait trafiqué une simplement en augmentant la pression du fameux turbo… Si le moteur n’a pas longtemps apprécié ces modifications, la petite Uno atteignait facilement les 250, verification à l’appui en « collant » la 928 d’un de ses amis. Autre époque comme on dit…

wolfgang

Le 03/11/2016 à 12:12

ça doit valoir à peu près comme une Fiesta.
C’étaient les GTI en queue de peloton.
Sinon pourquoi pas une Civic.

Greg

Le 03/11/2016 à 20:58

A l’époque je préférais la Super 5 GT Turbo, malgré son look tapageur et son moteur antédiluvien!
Mais j’étais un gamin et je n’y entendais pas grand chose…
Toujours est-il qu’avec son moteur de feu, son châssis plutôt efficace et son freinage du genre costaud, la GT s’est taillé un joli palmarès en sport auto.
Championne du Monde en Groupe N, quand même…
Sa « meilleure ennemie », la 205 GTI, n’a pas bénéficié d’un engament sportif à la hauteur de ses indéniables qualités.
A part ces 2 « monstres », et la Golf 2 s’étant embourgeoisée, et bien il ne restait que du « second choix »:
Fiesta XR2i, Corsa SR, Autobianchi Y10, MG Metro…
Alors, cette Uno, on la met dans le second choix on dans le haut du panier?
La petite Fiat était d’un conception moderne à l’époque, contrairement à la Fiesta par exemple.
Sa présentation la distinguait des Uno de base sans en faire des tonnes: discrète et plutôt de bon goût.
L’instrumentation était complète avec toute une panoplie de jauges et de manos qu’on ne pouvait pas chez la concurrence.
Et la pièce de choix: le moteur.
Gestion électronique intégrale de l’injection ET allumage, turbo refroidi par eau: des raffinements absolument inouïs à ce niveau de prix!!!
Fiat « offrait » la même sophistication qu’une Porsche 944 Turbo, qui passait pour la meilleure sportive de son époque!
Avec son petit 1300, la Uno Turbo ie offrait des accélérations, des reprises et une vitesse de pointe du même calibre que les 2 stars françaises.
L’erreur, c’était la monte pneumatique en 175/60×13.
Peut-être qu’au moment de « tirer » le prix de revient, il n’y avait plus de marge pour l’équiper honnêtement.
La Renault souffrait de la même tare à son lancement: la surmonte en 195/55×13 n’était qu’une option… avant de s’imposer rapidement comme la seule monte valable!
Avec des liaisons au sol soignées, la Fiat se serait mieux classée!

Raf

Le 13/11/2016 à 01:10

En 1988 j’avais 20 et une Uno « Fire » 45… une auto attachante, simple et fiable!,
ma grande soeur, elle, habitait en italie et avait fait l’acquisition d’une Uno Turbo « Antiskid ». Je l’avais essayée, et me souvient attendre a chaque acceleration que l’aiguille du turbo commence a bouger pour avertir de l’arrivee du ptit coup de pied aux fesses! Et apres l’avoir conduite, j’ai eu l’etrange impression que l’embrayage de ma petite s’etait mis a patiner!!
Apres quelques mois, celle de ma frangine a fini chez Fiat: l’antiskid ne freinait que sur une roue avant !! Pas au point l’electronique a l’epoque…
Mais c’etait une voiture a sensations comme on n’en trouve plus beaucoup !

sportivement

Le 23/02/2017 à 22:09

moi j’en est posséder 5 ma 1er j’avais 24 ans
un régal et très fiable même si on pense le contraire
c’était les année on on fessait des course a tout va et je peu vous dire que niveau perf sa dépose les 205 gti en 1600 et en accélération les 1900 (fait plusieurs essais)quand au gt mon frere en avais un,je trouvais pas cela fulgurant,le turbo montait toujours en pression pour l’aider a avancer
alors que sur la uno grâce a son injection elle grimpe a 180km sans que l’aiguille du turbo montait,il fallait savoir gérer sont accélérateur bien sur
il est vrai qu’elle est plus haute sur roue que ses rivales mai elle tien quand même bien la route sinon je ne serrais pas ici pour pouvoir vous écrire
(je roulait pas en dessous de 150km a l’Époque)
si on appuyais violemment on pouvait faire 1,2,3 surplace!
beaucoup de gt turbo ou 205 on eu le même malheurs de se retrouver autour ou en haut d’un arbre pas seulement que la turbo ie…..
personne n’était pilote mai le plaisir de rouler en sportive ,pas comme maintenant qui ne jure par les hdi et autre mer….

enfin des voiture de ses époque sont très rechercher et a des prix de fou.

sportivement

Le 23/02/2017 à 22:14

et niveau vitesse elle monte bien au dessus des 200(220 exactement)

ps;je connais une personne qui possède une formula(il en reste très peu)
moi je possède une turbo ie en phase 2(de 1989)toujours un énorme plaisir de rouler avec.

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