FNM Onça : une Alfa Romeo brésilienne au look de Ford Mustang

Publié le lundi 11 décembre 2017.
Mis à jour le vendredi 9 novembre 2018.
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Non, il ne s’agit pas d’une Ford Mustang customisée par un fanatique d’Alfa Romeo : la ligne est trompeuse, notamment au niveau de l’aile arrière, mais ce modèle n’a absolument rien à voir avec la Pony car américaine, et sa filiation avec la marque au trèfle n’est pas usurpée malgré la généalogie compliquée de cette voiture produite au Brésil sous le nom de FNM Onça.

Je vous avais déjà parlé de FNM, société soutenue par l’état brésilien obligée dans les années 50 de changer de partenaire dans la production de camions, passant d’Isotta-Fraschini en faillite à Alfa Romeo (lire aussi : Alfa Romeo FNM 2300). Des poids lourds aux voitures, il n’y avait qu’un pas que FMN franchira au début des années 60 en lançant sa FNM JK 2000 (dite TiMB, pour Turismo Internazionale Modello Brazil), devenue par la suite FNM 2150, une Alfa 2000 produite sous licence et conservant sa calandre typiquement italienne ainsi que son logo mythique.

La clientèle brésilienne aisée était assez friande de coupés, notamment américains, et la FNM (Fàbrica Nacional de Motores) tenta dans un premier temps de convaincre Alfa Romeo de développer une version coupé 4 places de la 2000, sans succès. Elle s’adressa donc à un célèbre carrossier brésilien, Genaro « Rino » Malzoni, qui sévissait jusqu’alors sur des bases DKW (lire aussi : DKW GT Malzoni), afin qu’il travaille sur une version spécifique au marché brésilien. En 1964, Malzoni présenta un premier projet sous le nom de Onça (Jaguar en portugais), projet retoqué par la FNM qui demandait alors une nouvelle copie.

La même année, la Ford Mustang envahissait l’Amérique, son style moderne séduisant la clientèle et influençant les designers. C’est donc avec ce modèle en tête que Malzoni se remit au charbon pour proposer une nouvelle Onça en 1965. Toujours basée sur la FNM 2000 (et donc sur l’Alfa Romeo 2000), elle était plus petite qu’une Mustang, mais son profil s’en rapprochait grandement. A l’avant, la calandre gardait son style italien, tout comme le logo Alfa.

 

Alors que chez FNM, séduit par la proposition, on commençait à s’affairer pour une mise en production de ce nouveau coupé équipé du 2 litres de la 2000 développant 115 chevaux, en Italie, on voyait les choses autrement. Ayant eu vent des projets brésiliens, la direction d’Alfa Romeo voulut dans un premier temps mettre son veto net et définitif. Mais plutôt que de se fâcher avec son allié brésilien, Alfa Romeo la joua plutôt fine.

Sans interdire formellement la sortie de l’Onça, Alfa Romeo préféra demander à tester la voiture avant de donner son autorisation. Un exemplaire fut alors expédié en Europe afin de laisser aux ingénieurs et décideurs de la firme milanaise la possibilité de se faire une idée précise du projet, pour une éventuelle validation. Validation qui, vous vous en doutez bien, ne viendra jamais. Une facile habile de dire non en faisant semblant de laisser sa chance au produit.

Au total, au Brésil, on aura fabriqué 5 exemplaires de ce coupé Onça mort-né. Ce fut la mort dans l’âme que FNM rendit les armes, remisant son projet. De toute façon, la FNM 2000 se vendait mal, et bientôt les ennuis financiers arrivèrent, obligeant la firme brésilienne à chercher de l’aide en Italie auprès de son partenaire qui, en 1968, prenait le contrôle de la société.

Dans les années 70, après avoir lancé la berline 2300, Alfa tentera elle-aussi de lancer son coupé, la Furia, qui se vendit au compte-goutte et dont je vous reparlerai. Reste aujourd’hui 3 exemplaires connus encore roulant de l’étrange Onça (une rouge, deux blanches), une voiture pourtant semble-t-il assez performante (du moins pour l’époque).

Si vous êtes fanatique d’Alfa Romeo et que vous voulez vous offrir une Onça, il vous faudra convaincre l’un des 3 propriétaires connus. Il semblerait qu’un exemplaire gris argent aurait été aperçu aux alentours de Rio de Janeiro. Quand à la 5ème voiture, une blanche, elle fut détruite dans un accident. La chasse au trésor est ouverte !

Images: Quadro Rodas, DR

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15 commentaires

Philippe

Le 11/12/2017 à 21:25

Merci Paul de nous rappeler l’existence éphémère de l’Onça.
Pourquoi écrire dix fois FNM dans le désordre 🙂 ?
C’était la panne d’électricité ?
Par contre je n’avais jamais entendu parler de la Furia – je viens de la gogoliser, j’attnds l’article avec impatience.

Paul

Le 11/12/2017 à 21:26

parce qu’écrit dans le train, puis sans électricité… donc grrr… je corrige ahaha

MacGivre

Le 12/12/2017 à 14:28

« Une facile habile »
–> Façon ?

24heures

Le 11/12/2017 à 22:18

Eh beh c’est pas beau…

François-Xavier

Le 12/12/2017 à 08:51

On lit souvent, ça et là, que les voitures actuelles se ressemblent toutes. Cette FNM démontre, une fois de plus, que le phénomène ne date pas d’hier !

F-X

troisetdeuxquatre

Le 12/12/2017 à 09:06

Mais où vas-tu chercher tout ça Paul ?!!!!!
Dingue cette caisse ! Magnifique en plus… non ? Bah si, car malgré son derrière Mustanguisé (je sais le néologisme n’est pas des plus jolis…) l’avant est joli, le tout équilibré et la silhouette élégante. J’aime !!!
Mais voilà, Paul, tu nous déterres des pépites, pour nous annoncer que même fortuné, c’est-à-dire en gros habitant d’Europe de l’Ouest quoi (!!!), on ne pourra pas en croiser en terre gauloise et a fortiori s’en offrir une, pour la bonne raison d’une rareté exquise certes, mais tellement frustrante.
Basta, tu nous fais rêver et ça, c’est l’essence de BR. Merci.

Ruddy

Le 12/12/2017 à 10:13

Très intéressante. Autres temps, autres mœurs, de nos jours, ça aurait valu à FNM un procès de la part de Ford.

Voiture idéale si on est à la fois attiré par les italiennes et les américaines ! 🙂

fabrice

Le 12/12/2017 à 11:23

🙂 🙂 🙂 Sur le cul , une fois de plus !! Incroyable Paul , d’avoir deniche ce « truc ».
Elle a juste un leger probleme de proportion ( le cul semble un peu haut perche , effectivement ) , qui semble etre gomme par la version « surbaissee » ( le modele blanc avec les jantes alliage ).
Merci de prouver a chaque fois que Jean Gabin disait vrai : « Je sais que ne sais rien ».

L abbé Nedictine

Le 17/12/2017 à 22:49

Rendons à Socrate ce qui appartient à Socrate…. « Tout ce que je sais c est que j’en ne sais rien…. »…. NON ce n est pas du Jean Gabin….mais du philosophe grec Socrate (- 400 av JC )

Troisetdeuxquatre

Le 18/12/2017 à 09:28

Citation reprise un peu avant Gabin par un certain Isaac Newton, si je ne m’abuse…

Céladon

Le 12/12/2017 à 12:44

Seigneur, que la calandre , elle est moche.

J2M

Le 12/12/2017 à 13:50

Savoir si c’est Roméo qui a monté le Mustang ou l’inverse pour en arriver là, revient à poser une vraie question. Affirmer que c’était par une nuit (australe) sans lune, c’est émettre une (quasi) certitude.

molodoï

Le 14/12/2017 à 17:59

Wolfgang

Le 17/12/2017 à 21:48

Je vous laisse chercher les exemplaires restants, je ne suis pas intéressé par cette … chose.
En tout cas bravo d’avoir déniché ce machin, j’en n’avais jamais entendu parler.

Pierre

Le 17/10/2019 à 23:04

Les italiens ont toujours eu des rapports delicats avec les pays chez qui il » licensiaient » leurs marques…
Il serait interesant un jour de creuser les rapports ambigus entre fiat et sa filiale polonaise..

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