Ford Capri 280 « Brooklands » : l’ultime Capri (après, c’est fini)

Mardi 13 décembre 2016
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Il y a des invitations qu’on ne peut vraiment pas refuser. Aussi quand Ford m’a proposé un road trip vers Dagenham, dans la banlieue de Londres, pour aller visiter les trésors du Ford Heritage, j’ai tout de suite dit oui. On a pas souvent l’occasion de voir l’une des 125 voitures maintenues en état de marche là-bas, encore moins de les conduire. C’est pourtant ce qu’on nous proposait à cette occasion : partir au volant d’un des modèles de la gamme Ford Performance (Mustang GT Ecoboost ou V8, Focus RS, Focus ST, ou bien Mondeo ST Line SW) à la découverte des sportives européennes de la marque depuis les années 70 (et bien d’autres raretés présentes à Dagenham). Vu le nombre de voitures que l’on a pu prendre en main, ou bien découvrir comme passager (difficile de confier le volant d’une Ford RS200, lire aussi : Ford RS200), je vais vous parler des voitures une à une, en commençant par mon coup de cœur : la Ford Capri 280 « Brooklands ».

L’ultime Capri 280 produite, immatriculée D194UVW, dort au chaud au Ford Heritage

Beaucoup auraient jeté leur dévolu sur la Sierra Cosworth blanche disponible elle aussi à la conduite, mais moi, c’est cette ultime Capri qui me faisait de l’oeil (lire aussi : Ford Capri). Eric, du journal l’Equipe, a la même intuition que moi : oui cette voiture a l’air particulièrement intéressante. Comme toutes les voitures du Ford Heritage, elle est comme neuve, avec sa peinture spécifique « Brooklands Green » à liseré rouge (unique couleur disponible), ses jantes en alliage de 15 pouces (au dessin identique aux Capri 2.8i, mais plus grandes de 2 pouces), et sa moquette épaisse. Les sièges sont en cuir noir, avec surpiqûres rouges, mais l’intérieur trahit l’âge de la voiture. On est loin de l’équipement d’une auto d’aujourd’hui, on y trouve le strict nécessaire, avec tout de même un autoradio K7 d’époque (mais qui semble neuf lui aussi).

Mais l’important n’est pas vraiment là. Le vrai plaisir, c’est de se trouver dans une voiture comme on en fait plus beaucoup : un gros coupé, au long capot moteur, pas sportif malgré son différentiel à glissement limité (spécificité de cette série 280), mais puissant, au V6 toujours disponible même à bas régime, et au son particulièrement envoûtant. A l’époque, avoir 160 ch sous le capot, c’était pas rien. Il s’agit du V6 Cologne à injection de 2792 cm3 qui équipe aussi les Capri 2.8i …

Bref, nous partons dans la banlieue de Londres avec la belle Capri 280. Quel plaisir ! Bien sûr, devant nous la RS200 attire bien plus les regards, mais notre monture n’est pas en reste. La ligne n’a pas vieilli et la 280 en impose dans la circulation. Même à basse vitesse, elle donne du plaisir, malgré une première difficile à passer (il me faut quelques instants pour me ré-adapter à passer les vitesses avec la main gauche sans doute). Un peu plus tard, j’ai pu la pousser un peu plus vite dans la ligne droite de l’usine : quel plaisir, quelle rondeur du Cologne atmo, quel son !

La 280 est l’ultime série de la Capri : une sorte de baroud d’honneur destiné uniquement au marché anglais (bien que fabriquée à Cologne) sortie en 1986. La dernière Capri 280 produite (le 19 décembre 1986) est entre mes mains, immatriculée D194UVW ! D’autres Capri 280 seront immatriculées plus tard, jusqu’en 1989, mais celle-ci, c’est bien la dernière fabriquée. Déjà que les Brooklands 280 sont rares (1038 exemplaires), alors imaginez ce que cela peut faire d’avoir cette ultime Capri comme voiture de test.

A l’origine, Ford voulait réaliser une série limitée à 500 exemplaires, appelée Capri 500, et dotée d’une version Turbo de l’Essex (200 et 230 ch) réalisée par Turbo Technics (comme la Capri Turbo), mais finalement, les têtes pensantes restèrent réalistes, de peur de se retrouver avec des exemplaires sur les bras sans doute. Pourtant, quelques exemplaires de la 280 recevront ce moteurs Turbo particulier (environ 130 exemplaires). A l’époque, une 280 « atmo » se vendait 12 000 £. Aujourd’hui, elles n’ont pas vraiment de prix, les amateurs se les vendant de gré à gré sans passer d’annonces. Ce qui est sûr c’est que cette version 280 est la plus recherchée des Capri, et les 280 Turbo les plus recherchées des 280. Et cette ultime 280 que j’ai pu conduire sans doute l’une des plus « neuves » aujourd’hui.

Bref, un modèle à redécouvrir, plus rare qu’une 2.8i, plus sobre qu’une Capri Turbo ou qu’une Tickford Capri (lire aussi : Tickford Capri Turbo), mais uniquement disponible en conduite à droite (RHD). Mais est-ce vraiment un problème ? Sachez qu’une autre Capri dite « SA30 » verra le jour plus tard, en Australie, mais qui n’a vraiment rien à voir (lire aussi : Ford Capri SA30).

 

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10 commentaires

Lord Jim

Le 13/12/2016 à 12:48

Veinard ☺

Ehw_

Le 13/12/2016 à 14:23

C’est typiquement l’auto que j’ai appris a aimer avec l’âge.

mais par contre je peux me tromper mais Il me semble que c’est un Koln 2.8, la version K-jetronic.
il ressemble comme 2 goutes d’eau au moteur d’xr4 et autres tvr 80’s
Il me semble d’ailleurs que les kits Turbo Technics n’était dispo que pour les Koln.

mais il me semble aussi que vous aviez a faire a de vrai pro, donc je doute de mon expertise pour le coup.

Paul

Le 13/12/2016 à 14:31

et bah non, tu vois, c’est toi qui a raison… c’est bien un Cologne de 2792 cm3 apparemment… dont acte et mea culpa !

Ehw_

Le 13/12/2016 à 15:57

c’est qu’ils n’ont rien fait pour simplifier les choses a cette époque…

McCloud

Le 13/12/2016 à 17:14

Jolies voitures que ces Capri (reprise par Ford du nom donné à une Lincoln des années 50 : https://en.wikipedia.org/wiki/Lincoln_Capri ), qui s’inscrivait dans une gamme Ford (Escort, Taunus, Granada) marquée en ce début des années 70 par une nette influence américaine. L’icône ensuite s’est trouvée restylée « à l’anglaise » sans perdre de son charme.

On la voit ici lancée à la poursuite d’une Jaguar S-Type dans les rues de Londres, John Wayne au volant (Brannigan, 1975 https://www.youtube.com/watch?v=UpOEGh7_BdY ). Elle a tenu le rôle alloué outre-Atlantique aux Mustang dans de nombreuses séries britanniques de l’époque (The Original Sweeney, The Professionnals, The Persuaders…).

Il a existé une version décapotable confidentielle (30 exemplaires) de la Capri MkI, proposée par le carrossier Crayford : http://www.fordcapri.co.uk/mk1/specials/crayford.htm

Charly

Le 15/12/2016 à 00:21

Sympa la vidéo, mais mauvaise pub pour Ford : meme avec John Wayne au volant elle se fait semer par une vieille Jag. Capri c’est fini…
Pour moi LA Capri, c’est la 2600 RS : une sacrée gueule et de vrais succes en compétition.

Philippe

Le 13/12/2016 à 18:13

Quel chanceux. La Capri (même plus modeste) est toujours sur ma short-list, c’est dire qu’elle plait !

Paul

Le 13/12/2016 à 18:25

J’avoue, je suis chanceux oui 😉

mOX

Le 13/12/2016 à 20:43

Jusqu’à présent je trouvais cet ersatz d’américaine à peu prêt aussi chic qu’une R12. Cette version avec son petit côté Reliant Scimitar me ferait presque changer d’avis… Enfin, pas pour la R12 hein !

SRDT

Le 13/12/2016 à 23:23

Ce vase d’expansion semble emprunté à la 504 diesel, en achetant des Indenor Ford devait avoir récupéré la fabrication de certaines pièces ou alors ils avaient fait fabriquer une tripotée de vases avec leur logo dessus et il a fallu les écouler.

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