Ford Capri : la Mustang européenne !

Vendredi 22 janvier 2016
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La Ford Capri est une voiture piège pour un blogueur comme moi : impossible de ne pas en parler, mais impossible aussi de ne pas faire d’erreurs, tant elle utilisera de moteurs différents, sur 3 générations, plusieurs continents, et tout au long d’une carrière qui ne se terminera qu’en 1986, presque 17 ans après son lancement. Aussi n’attendez pas de moi une liste exhaustive des machines qui trouveront place sous son capot.

La Capri mk1, avec son look de petite Mustang
La Capri mk1, avec son look de petite Mustang

C’est en juin 1965 que sort… à non, je me trompe de Capri, celui-là étant fini et bien fini, et chanté par Hervé Vilard. Mais si aujourd’hui vous demandez à quelqu’un ce qu’évoque pour lui le nom de Capri, il y a de fortes chances qu’il vous fredonne l’entêtant refrain de ce succès des sixties ou qu’il vous parle de cette belle île italienne de la baie de Naples. Il vous faudra beaucoup de chance pour tomber sur quelqu’un capable de citer spontanément ce modèle Ford, la Mustang européenne !

Capri 01

Il faut bien l’avouer : ce modèle, malgré son succès considérable pour un coupé (1 158 990 exemplaires pour la Mk1 entre 69 et 74, 403 612 exemplaires pour la Mk2 entre 74 et 78, et 324 045 exemplaires pour la Mk3 entre 79 et 86), n’a pas réussi à marquer définitivement les esprits pour supplanter Hervé Vilard ! Détail amusant, c’est à partir de 1965, année de lancement de « Capri c’est fini » qu’est lancé le projet Colt.

Capri 10

L’idée est simple : créer une Mustang européenne, rien que cela. Comme pour la Pony car américaines, il s’agit d’offrir une ligne racée et sportive, avec 4 places, utilisant au maximum tous les éléments mécaniques existant (pour faire baisser les coûts), mais adaptée au style et aux contraintes de l’Europe. C’est donc dans la banque d’organes de Ford Europe qu’on piochera pour créer cette Capri, dont le nom sonne beaucoup plus européen que Colt d’ailleurs. La plate-forme utilisée sera celle de la Cortina (propulsion donc), tandis qu’on trouvera sous le capot pléthore de moteurs tout au long de sa carrière provenant soit de Ford UK (L4 Kent, V4 et V6 Essex), soit de Ford Allemagne (V4 Taunus, L4 Pinto, V6 Cologne). Le projet est définitivement validé en juillet 66, tandis que le nom Capri est adopté en novembre de la même année.

La Capri sera aussi vendue sous la marque Mercury aux Etats-Unis !
La Capri sera aussi vendue sous la marque Mercury aux Etats-Unis !

C’est en janvier 1969 qu’est présentée puis lancée la Ford Capri, au Salon de l’auto de Bruxelles. D’entrée de jeu, il s’agit d’une voiture mondiale, puisque fabriquée en Europe, en Australie, en Afrique du Sud. Elle sera vendue aussi aux USA et au Canada, mais sous la marque Mercury, de 1970 à 1977 : toutes les voitures seront importées d’Allemagne, avant d’être remplacée en 1978 par un clone de la Mustang III. La production australienne sera courte, de 1970 à 1972, à 15 122 exemplaires, avant de se revenir à l’importation. Même période et même durée en Afrique du Sud, avec une production relativement faible, mais une particularité : 500 exemplaires de la Capri Perana, dotée d’un V8 Windsor de 5 litres (302ci) d’environ 220 ch, fabriqués par Basil Green Motors et destinés à la compétition !

Capri 02

Mais revenons à nos moutons ! En ce début des années 1970, l’heure n’est pas encore aux GTI, et les coupés « d’inspiration » sportive sont à la mode en Europe. L’offre extrêmement large de la Capri, en terme de finition comme de motorisation (de 50 à 138 ch, du 4 cylindres au V6) permet de toucher une vaste clientèle ! A cette époque, on s’achetait un look, une image, peu importait au fond que les petits V4 1,3 litre ne soient pas aussi performants que les gros V6 3 litres ! L’essentiel, c’était d’en jeter !

La Capri Mk2 devient plus banale !
La Capri Mk2 devient plus banale !

En 1974, place à la Capri Mk2. Censé rajeunir le modèle, et lui apporter un aspect plus pratique (un hayon), ce restyling fait perdre à la Capri son look américain, le faisant rentrer dans le rang ! Dès lors, le charme opère moins : jusque là, l’impression visuelle de puissance faisait illusion, permettant de se passer de chevaux. Avec ce nouveau dessin, il n’y avait plus ni plumage, ni ramage, dommage ! Cependant, la Capri restait dans la mouvance stylistique des coupés européens concurrent, Renault 15 et 17, ou Opel Manta B.

Capri 08

Fort heureusement, la 3ème génération de Capri rectifiera le tir en 1978. Très honnêtement, c’est ma préférée. Bien sûr, son dessin n’est plus du tout américain (cela dit, vue les productions américaines de l’époque comme la Mustang III, ce n’est pas plus mal), mais il gagne en agressivité (notamment grâce à ses doubles optiques et son capot retombant dessus). Encore aujourd’hui, il pourrait paraître dans le coup, surtout dans les versions haut de gamme et/ou sportives de la Capri. Car à partir de 1981, elle reçoit un V6 2,8 litres à injection développant 160 ch : enfin des canassons sous le capot diront certains ! De quoi enfin frimer !

La Mk3 récupère de la sportivité à partir de 1978
La Mk3 récupère de la sportivité à partir de 1978

Des canassons oui, mais trop tard ! Au début des années 1980, la mode a changé, et l’acheteur s’oriente désormais vers les petites GTI qui cartonnent en Europe. Tickford aura beau proposer une version haute performance portée à 205 ch (lire aussi : Tickford Capri Turbo), plus rien ne pourra empêcher le déclin de la Capri. D’ailleurs, elle sera retirée du marché français dès 1984, et les derniers exemplaires sortiront des chaînes en 1986 (certains modèles seront encore vendus en 1987, lire aussi: Capri 280 Brooklands).

La version "haute performance" de Tickford !
La version « haute performance » de Tickford !

Voilà pour l’histoire, rapidement résumée, de cette Ford Capri qui ne retrouvera un successeur dans la gamme européenne qu’en 1992 avec la Ford Probe (lire aussi : Ford Probe). Qu’en dire aujourd’hui ? Quelle que soit sa version ou sa génération (Mk1, 2 ou 3), elle distille un parfum de nostalgie assez enivrant ! Bien sûr, les Mk1 ou Mk3 sont plus intéressantes, mais la Mk2 ne manque pas de charme. Bien sûr, les gros moteurs sont plus tentants, mais les petits sont assez rigolos pour peu qu’on ne recherche pas la performance (et puis, c’est un bon moyen d’apprendre la mécanique sur des moteurs robustes). Mais quel que soit le modèle choisi, vous plongerez dans une autre époque, changerez d’état d’esprit, et retrouverez le plaisir de la route pépère, comme dans les années 70 ou les nationales étaient encore des axes routiers de premier ordre !

Les dernières Capri 2.8i sont assez séduisantes en bon état !
Les dernières Capri 2.8i sont assez séduisantes en bon état !

Bon, avec le temps, la rouille, les mauvais traitements, les swapps ou le tuning ont fait des ravages dans les rangs de cette fausse américaine, mais si vous en trouvez un bel exemplaire, posez-vous la question. Aujourd’hui, la Capri reste une oubliée de la collection, mais qui sait si demain, elle n’en deviendra pas l’une des stars. Et si ce n’est pas le cas, peu importe : l’essentiel en automobile n’est-il pas de voyager, sur la route comme dans le temps ?

Lire aussi: Ford Capri SA30

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6 commentaires

Greg

Le 22/01/2016 à 13:41

Même neuves, quand j’étais gamin, je n’ai jamais aimé « les » Capri, leur préférant définitivement la Manta B.
Et puis, sans doute sous l’influence de Peter Auto qui organise Le Mans Classic et le Tour Auto, on a vu réapparaître de méchantes Capri avec des numéros sur les portières.
Des RS 3100, 3400, des Groupe 2 (pas encore les Zakspeed de Groupe IV) qui tournent plus vite que certains protos au Mans Classic et qui tournent littéralement autour de leurs concurrentes en V de V.
Après les avoir vues -et entendues!-, je ne les considère plus de la même façon…
Mais… toujours pas envie d’une Capri de série.

Paul

Le 22/01/2016 à 13:44

Je parlerai plus tard des versions « sportives » type RS3100 😉

Jean

Le 22/01/2016 à 20:48

Voilà une autre auto que j’adore, surtout les MkIII qui se font malheureusement trop rares chez nous de nos jours! Quant à considérer la Probe son successeur, commercialement parlant peut-être mais sans le charme et à mon sens pas une » vraie » Ford.
Et indossociables de ce modèle sont les modèles de compétition qui furent de très valables concurrentes aux BMW CSL.

Paul

Le 22/01/2016 à 21:12

Rassure toi, je parlerai des versions plus sportives un peu plus tard… l’idée était déjà de brosser le portrait des versions classiques 😉

Tranchard philippe

Le 26/01/2016 à 01:46

a cette époque, en France il y avait des 204 R12 aussi peu équipées qu’une Dacia
sandéro de base . La capri était magnifique intérieur ou extérieur et coutait si ma mémoire est bonne ……………….. 11500 Francs en modele de base

wolfgang

Le 26/01/2016 à 10:50

Les Ford de ces années là, bof, jamais accroché. Celles d’après sont mieux je trouve.
A choisir j’irais plutôt vers une Matra ou même une Simca toute simple.

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