Ford Falcon Econoline E-Series: le premier d’une longue lignée

Publié le vendredi 15 avril 2016.
Mis à jour le mercredi 10 juillet 2019.
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Il faut parfois avouer son ignorance… et c’est en cherchant totalement autre chose que je suis tombé sur cette drôle de machine au look assez extraordinaire fabriquée par Ford dans les années 60, l’Econoline. Rien que le nom sent bon une époque, celle des publicités de la collection de Paris Match des années 50 et 60 de mon oncle que je feuillette régulièrement, celle des tables en Formica, des Frigidaires, des Transistor Brandt et des télés noir & blanc. Un monde révolu de croissance et de consommation qui n’en oublie pas d’être pratique et économique pour la ménagère en particulier et pour le foyer en général.

La Ford Falcon qui sert de base à l'Econoline: une compacte pour les américains !
La Ford Falcon qui sert de base à l’Econoline: une compacte pour les américains !

Alors qu’en 1960 sort la Falcon, une voiture qui, selon les standards américains se veut de taille moyenne pour la classe moyenne, Ford décide d’en dériver une version plus utilitaire, pas seulement : l’Econoline, en vente à partir de septembre 1960. En l’espèce, l’Econoline se décline en 3 versions : Van, Station Bus et Pick Up. Avec ce nouveau produit, Ford espère concurrencer Volkswagen et son Typ 2, le fameux Combi, dans la catégorie des utilitaires et minibus compacts.

Econoline 05

Cette catégorie, jusque là délaissée car jugée négligeable pas les constructeurs américain, a pris de plus en plus d’importance au fur et à mesure que le Volkswagen Combi prenait son essor outre-atlantique. A la fin des années 50, Ford ne peut plus ignorer un marché de cet ampleur, et laisser seul le constructeur allemand sur ce créneau.

Econoline 07

Assez rapidement, l’Econoline trouva son public, malgré un design plutôt surprenant pour des américains, très « à l’européenne » avec son moteur sur l’essieu avant sous les places avant, et cette face avant sans capot moteur. Heureusement, le Combi de VW avait préparé le terrain pendant près de 10 ans. Une fois le marché mûr, Ford s’y engouffrait, copiant le concept sans vergogne (sauf le moteur à l’arrière, qui resta l’apanage de VW).

Club 03

Cependant, on est américain ou on ne l’est pas. Avec l’Econoline, on ne trouve que des L6 sous… les pieds. A son lancement, il recevait un 144ci de 74 ch (1961) qui passa à 79 ch l’année suivante (1962-1964) pour remplacer le 170ci de 79 ch (1961) qui lui passait à 85 ch (1962-1965) puis à 89 ch (1966-1967). En 1965, un gros 240ci vint aussi prendre place sous le plancher, développant (1965-1967). Voilà pour les moteurs, tous accompagnés d’une boîte automatique ou manuelle 3 vitesses.

Bus Station 01

Côté carrosserie, il faut noter un nombre extraordinaires de variantes tout au long de sa carrière, comme il est courant avec les utilitaires, cependant, une version a particulièrement attiré mon attention : la Station Bus qui deviendra à partir de 1963 la Falcon Club Wagon, quasiment présentée au public comme une version « familiale » (Monospace n’est pas encore un mot utilisé à l’époque) de la berline Falcon. Mine de rien, les Station Bus/Club Wagon représenteront près d’1/5ème de la production de l’Econoline (94 560 exemplaires). Bien sûr, la modularité au sens où on l’entend n’était pas encore là, mais les Club Wagon étaient bel et bien vantés comme des « voitures à vivre » si vous me permettez l’anachronisme et le plagiat d’une célèbre marque française.

Club 06

Notez aussi qu’il existait un dérivé Mercury, appelé lui-aussi Econoline, mais produit à Oakville dans l’Ontario (et non à Lorain, dans l’Ohio), et distribué uniquement au Canada entre 1962 et 1965. Contrairement aux Etats-Unis, l’Econoline ne rencontra pas un immense succès dans le grand nord, avec à peine 1300 véhicules produits la dernière année de production.

Club 05

Entre ses dérivés utilitaires, tôlés, vitrés ou pick-up, et ses dérivés civils, ce sont 544 144 exemplaires qui seront vendus entre 1961 et 1967, inaugurant la lignée des E-Series encore présente aujourd’hui avec le succès que l’on sait (il arriva qu’elles furent sur une année les voitures les plus vendues de Ford). La deuxième génération de E-Series eut cependant un lancement difficile en 1968 à la suite de grèves lancées par le tout puissant syndicat de l’automobile United Auto Workers !

Club 04
On remarquera l’intérieur de ce Falcon Club Wagon aménagé « camping car »

Quand on voit aujourd’hui combien le Combi est à la mode (conduisant à la hausse des prix et à une certaine rareté), je me dis qu’il serait beaucoup plus « Boîtier Rouge » de s’offrir ce bout d’American Way of Life pour un road trip au travers de l’Europe, voire pourquoi pas des Etats-Unis. En tout cas, le passant risque bien de se retourner en voyant passer cette drôle de bête inconnue au bataillon dans nos contrées ! Alors, tentés ?

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7 commentaires

YO

Le 15/04/2016 à 19:33

Merci pour l’historique ! Je ne connaissais ce véhicule qu’à travers les films et feuilletons US

poum

Le 15/04/2016 à 20:05

Ouarf! on dirait le van à scooby doo!

Greg

Le 18/04/2016 à 11:54

Ah oui, carrément!!!
L’origine de la Mystery Machine enfin dévoilée, merci Boitier Rouge!

Henry

Le 15/04/2016 à 21:53

Je le trouve magnifique!

Lionel

Le 15/04/2016 à 23:13

Étrangement je lorgne plutôt sur la version russe qui me fait sourire, le uaz 452 qui a lui aussi eux droit à plein de version différentes mais de ce que j’ai pu voir, il est toujours en 4×4….https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQvyzeQC8ZgqdM1CH-VUfxNBe25roXLiOq9mjYY8Q4wDBdwG9jf

Greg

Le 18/04/2016 à 12:08

Marrant, la manière dont les américains réinterprètent à leur sauce certains succès européens!
Leur vision du VW Type 2, imaginez aussi une Estafette ou un J7 avec un gros 6 cylindres…
J’ai connu le Ford E Series de 3ème génération -il abandonne le style monovolume et loge son moteur sous un capot avant- lors d’une colo au Canada, youpi!
On disposait donc en guise de minibus de location, d’un Ford Club Wagon XLT avec peinture gris métal (et autocollants Budget sur les flancs), moquette épaisse et larges banquettes en skaï, la clim, la boitoto (levier au volant!) et… un moteur V8.
Sacrés américains.
A comparer avec ce qu’on avait en France: le Renault Trafic minibus que tout le monde a fréquenté au moins une fois dans sa vie, je vous fais pas le dessin…

Combe

Le 21/06/2017 à 12:20

Merci Paul pour cet article à propos de ce véhicule que je connais et dont j’apprécies le physique atypique.

Dans le genre sympa rigolo et pas classique, je vous propose le Chevrolet Greenbrier créé sur la structure technique peu banale de la Corvair. Quand les américains se défoncent. Hein !
Véhicule exotique imaginé pour contrer l’Econoline et le combi. Je le trouve fantastique….!

Jetez un oeil sur cette pub comparative de l’époque entre les deux rivaux américains. Cela vaut le détour.

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