Grand Garage de la rue Forest : le vrai berceau d’Alpine

Publié le samedi 12 mars 2016.
Mis à jour le mercredi 10 juillet 2019.
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J’ai quitté Paris en 2006, pris d’une envie d’air frais et de grand large, et alors que Jean Rédélé, fondateur d’Alpine, était encore de ce monde. Depuis, il nous a quitté (2007), et je me suis aperçu que, peut-être, je l’avais déjà croisé. A cette époque, et depuis le début de ma vie professionnelle (ou presque), j’habitais dans le bas de la rue Caulaincourt, et je promenais mon chien selon deux itinéraires : le dimanche, je profitais de la vie de la rue Lepic et de la rue des Abesses, prenant parfois un verre de blanc avec Michou, ou croisant Didier Bourdon et son cocker, que mon épagneul adorait (amour non réciproque) ; mais les autres jours, je préférais le calme de la rue Forest, de la rue Caron et du passage de Clichy. Nous faisions tous les deux le tour d’un grand parking, dont l’entrée ne payait pas de mine rue Forest mais dont on devinait la taille monumentale en faisant le trajet évoqué plus haut. En passant par derrière, notamment rue Caron, on s’apercevait bien qu’il s’agissait d’un bâtiment gigantesque, édifié à des époques sans doute plus fastes ! Mon chien aimait en tout cas pisser à l’entrée, après m’être acheté des cigarettes au tabac tenu par des chinois quelques mètres avant… Un rituel pour nous deux : si j’avais su !

Jean Rédélé jeune !
Jean Rédélé jeune !

Ce n’est que plus tard que j’ai su quelle légende se cachait derrière ces murs, sur lesquels pissait avec joie mon cabot : rien de moins que les origines d’Alpine, l’une de mes marques fétiches avec Venturi, et que j’avais vu tristement mourir en 1995 avec la dernière A610 (lire aussi : Alpine A610). Il fallut que je sois en province pour m’y intéresser, à cette grande bâtisse, et à me rendre compte qu’il s’agissait du vaisseau amiral de « l’empire Escoffier », du nom de jeune fille de Madame Rédélé, créé par son père Charles. Et surtout que ces murs avaient vu naître Alpine plus sûrement que Dieppe ! J’avais toujours trouvé rigolo qu’une marque rappelant les montagnes (pour des raisons sportives) soit installée au bord de la mer. Mais la savoir vraiment née sur les contrefort de la Butte Montmartre, montagne parisienne s’il en est, voilà qui donnait du sel (marin?) à l’histoire.

L'entrée du Parking Rédélé aujourd'hui
L’entrée du Parking Rédélé aujourd’hui

Les passionnés d’Alpine ne découvriront pas cette information avec surprise, mais les simples amateurs, eux, se poseront la question : « bah, quid de Dieppe » ? En fait, si Jean Rédélé était bien concessionnaire Renault à Dieppe dès 1946 en tant que gérant des Grands Garages de Normandie, ce n’est pas là qu’Alpine est vraiment née ! L’usine n’y sera construite que plus tard, au tout début des années 60. En 1955, l’histoire d’Alpine s’écrit, elle, rue Forest, dans le 18ème arrondissement de Paris !

Jean Rédélé quelques années plus tard, devant une A110 fabriquée, elle, à Dieppe !
Jean Rédélé quelques années plus tard, devant une A110 fabriquée, elle, à Dieppe !

Jean Rédélé n’est pas un ingénieur, ou un génial mécanicien autodidacte, mais un commercial (il a fait HEC) doublé d’un passionné de pilotage automobile. Il pilote tant qu’il peut, et dès le début des années 50, rêve de créer sa propre voiture . En 1953, il rencontre le desginer italien Michelotti et, sur la base d’une 4CV, créé la Rédélé Spéciale. Avec cette première voiture, il se voit même conquérir l’Amérique (lire aussi : The Marquis). Entre temps, en 1952, il épouse Michelle Escoffier. Pour un amateur d’automobile, c’est un beau parti : Michelle n’est pas moins que la fille de Charles Escoffier, l’un des plus gros concessionnaires Renault de Paris (autant dire de France). Sa concession est située rue Forest, dans le 18ème arrondissement. Mais l’empire de la belle famille s’étend et s’étendra à d’autres lieux automobiles : les Grands Garages Souterrains à Levallois, les établissements Escobrié à Melun (concessions Renault), ou Escoroute à Paris. La fortune est bien présente de ce côté-là, et la taille (à défaut de splendeur) du vaisseau amiral de la rue Forest en atteste.

L'Hippodrome construit en 1899 (en haut) deviendra ensuite un cinéma, et prendra une façade art déco en 1930 (en bas). Il faisait face à l'imposant Grand Garage Escoffier lors de la création d'Alpine
L’Hippodrome construit en 1899 (en haut) deviendra ensuite un cinéma, et prendra une façade art déco en 1930 (en bas). Il faisait face à l’imposant Grand Garage Escoffier lors de la création d’Alpine
Gaumont Palace 01
A gauche, la rue Forest et le Grand Garage, à droite la rue Caulaincourt qui traverse le cimetière Montmartre ou repose aujourd’hui Jean Rédélé

On imagine ce que cela devait être de garer, d’acheter, ou de faire réparer sa voiture chez Escoffier. Du haut des étages du garage, on apercevait tout Paris, la Butte toute proche, mais aussi le formidable Gaumont Palace situé juste en face, lui aussi majestueux avec ses airs Art Déco qui remplacèrent l’ancienne façade Art Nouveau en 1930. Ironie du sort, le majestueux cinéma (qui fermera ses portes en 1973) avait été construit en 1899 en tant… qu’hippodrome couvert, coincé entre la rue Forest, la rue Caulaincourt et le cimetière de Montmartre. Une époque révolue, car si le Grand Garage existe toujours (sous le nom de Parking Rédélé), le « Palace » a été depuis remplacé par un Castorama et un hôtel Ibis/Mercure dans le plus pur mauvais style des années 70.

Le prototype du Coach dessiné par Louis Gessalin, qui séduisit Charles Escoffier et donna naissance à l'A106
Le prototype du Coach dessiné par Louis Gessalin, qui séduisit Charles Escoffier et donna naissance à l’A106

Après la tentative avortée avec la « The Marquis », l’idée d’une nouvelle marque de sport est restée ancrée dans la tête de Jean Rédélé, mais aussi dans celles de Charles Escoffier et de son fils Gérard. En fait, Gérard, qui pilote lui aussi à ses heures perdues, vient un jour faire élargir les ailes de sa Renault 4CV à St Maur chez Chappe et Gessalin, devenus spécialistes de la fibre de verre. Il découvre alors dans les locaux des Etablissements CG un coach bien séduisant réalisé par Louis Gessalin. Il en parle à son père qui deale alors avec CG, tandis que Louis est en Algérie pour son service militaire, pour la fabrication de 25 exemplaires qu’Escoffier s’engage à vendre. Jean Rédélé se joint à l’affaire familiale naissante, et c’est lui qui aura l’idée du nom d’Alpine. La société des Automobiles Alpine naît donc en 1955, et Rédélé, grand commercial, en devient le gérant. Basée sur le châssis et la mécanique de la 4CV, l’Alpine A106 (ce sera son nom) est tout d’abord réalisé à 3 exemplaires : les carrosseries à Saint Maur tandis que les blocs moteurs sont assemblés rue Forest.

Les 3 A106 peintes en bleu/blanc/rouge lors de la présentation à Renault en 1955 !
Les 3 A106 peintes en bleu/blanc/rouge lors de la présentation à Renault en 1955 !

Il faut, pour pouvoir lancer la production, obtenir l’aval de Renault. L’avantage, c’est que Rédélé connaît bien la marque (il est son concessionnaire à Dieppe, et a été l’un de ses pilotes officiels), tout comme son beau-père (et peut-être même surtout lui). Mais Rédélé a l’idée géniale de présenter les 3 exemplaires en bleu, blanc et rouge, emportant la décision de la RNUR par entregent et par patriotisme. C’est sans doute ce qui manquait à Chappe et Gessalin pour arriver à ce résultat aussi rapidement. Alpine était donc bien née, et jusqu’à la construction de l’usine de Dieppe en 1960, les A106 étaient fabriquées entre Paris, Saint Maur puis Brie Comte Robert chez CG ! Comme quoi. Malgré des relations parfois conflictuelles avec Rédélé et Alpine, CG restera un partenaire de la marque jusqu’en 1966, réalisant notamment les carrosseries des A108, et même certaines A110, dont l’A110 GT4 (lire aussi : Alpine A110 GT4).

A partir de 1960, c'est à Dieppe que seront assemblées les Alpines (ici des A110 en 1976)
A partir de 1960, c’est à Dieppe que seront assemblées les Alpines (ici des A110 en 1976)

Avec l’avènement de l’usine de Dieppe, le garage de la rue Forest ne sera plus jamais le lieu d’assemblage d’une Alpine, ni même le siège social qui lui aussi déménagera à Dieppe. En revanche, il est toujours resté dans la famille Rédélé-Escoffier. Aujourd’hui, il existe toujours, et abrite à son dernier étage la collection d’Alpine de la famille Rédélé (non ouverte au public). Le toit du Garage et ses rampes d’accès aux étages serviront souvent à des tournages ou à des lancements de modèles pour de grandes marques automobiles. Régulièrement, Renaud Roubadi, grand maître de Petites Observations Automobiles (http://petites-observations-automobile.com/) y emmène en ballade ses petits observateurs tandis que bientôt, le tout-Paris branché viendra profiter des lieux…

Si à Dieppe on assemblera bientôt à nouveau des Alpines, on construit aussi des Bolloré Bluecar: drôle d'alliance !
Si à Dieppe on assemblera bientôt à nouveau des Alpines, on construit aussi des Bolloré Bluecar: drôle d’alliance !

En effet, Laurent de Gourcuff (qui gère déjà le Zig Zag au sous-sols de l’ancien Garage Marbeuf, lire aussi : Garage Marbeuf) a réussi à convaincre Jean-Charles Rédélé, fils de Jean et petit-fils de Charles Escoffier d’y organiser soirées et restaurant éphémère sur le dernier plateau et la terrasse de l’ancien Grand Garage ! Enfin, si vous désirez offrir un écrin à votre ancienne, ou tout simplement vous garer dans un quartier où les places sont rares, alors vous avez l’adresse désormais (http://ww.parking-redele.fr). Vous prendrez sûrement le temps, ensuite, de traverser la rue caulaincourt, de tourner à droite avenue Rachel, et d’entrer au cimetière Montmartre pour rendre un dernier hommage à Jean Rédélé qui y est enterré.

Parking Rédélé: 11, rue Forest, 75018 Paris

[EDIT: mon ami Adrien, du site ABC Moteur, y a garé sa voiture par hasard… voici son reportage photo, ça donne envie: La magie des Parkings]

Crédit iconographique: DR et Petites Observations Automobiles (Photo de couverture)

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16 commentaires

Morrissette

Le 12/03/2016 à 21:34

Pour Paul et Adrien, il y a encore de nombreuses surprises au dernier étage … 🙂

Adrien

Le 12/03/2016 à 22:11

Ah tu me donnes envie d’y retourner !

Paul

Le 12/03/2016 à 22:31

avec une autre idée derrière la tête … 😉

Paul

Le 12/03/2016 à 22:32

Plus pour longtemps… la fiesta pendra bientôt la place de la collection Rédélé, qui jusqu’à là trônait au dernier étage… place aux branchés désormais 😉

Jean tlemane

Le 13/03/2016 à 09:00

En 1998, mes parents cherchent à remplacer leur vaillante Audi 80 1,8s (4 vitres électriques la classe!) de 1987 qui affiche l’honorable kilométrage de 265000 km mais surtout qui représente un accident de parcours dans l’histoire 100% Renault de notre famille! (Je vous laisse imaginer le cortège de r11, r12 r19 et de Méganes lors dès rassemblement familiaux et nous qui passions limite pour des bourgeois avec notre teutonne).
Il se trouve que le meilleur ami de mon frère depuis le collège est directeur d’une concession Renault non loin de la Place de Clichy.
Et mes parents, à la fibre écologique naissante, sont bien décidés à goûter à ce drôle de breuvage écologique appelé GPL que propose Renault sur sa Mégane (entre autre).
Par le plus parfait des hasards, je viens de faire le grand saut hors du cocon familial pour poser mes 2 meubles et demi dans un studio, ex loge de gardien à côté de La Fourche, et donc pas très loin de de la rue Forrest.
Étant le consultant automobile attitré de la famille, je suis chargé de définir le modèle qui correspondra le mieux aux besoins, aux traditions et au budget familial.
Ma proposition se portera sur une Mégane (!) 1,6 rxt gpl du vert clair « Hollywood chewing-gum déjà maché » qui fit fureur chez la régie en cette fin des années 90.
les amitiés fraternelles nous conduisent naturellement à la porte de la concession Renault de la rue Forrest, et l’affaire est conclue en 3 rdv, après une gentille remise et et quelques accessoires.
A la signature du bon de commande, Le « père directeur concessionnaire », nous raconte l’histoire de cette concession et nous propose d’aller faire un tour au dernier étage, ce qui nous a permis d’avoir une visite privée de la collection d’Alpine. Je garde le souvenir des alpines du Mans et surtout de la vue imprenable sur Paris et notamment sur Montmartre (à l’époque et comme aujourd’hui d’ailleurs, j’ai 2 passions : l’automobile et l’architecture Jusqu’aux années 30), ce fut une journée vraiment extraordinaire dont je n’ai aucune trace sur pellicule car le moment n’avait pas été préparé.
Nous y sommes retourné quelques mois plus tard pour prendre possession de la 1 ère voiture munie d’une direction assistée de la famille. La Mégane remplira sa tâche de façon honorable jusqu’en 2005 où elle sera remplacée par une Prius (pas très Renault tout ca) et finira entre les mains de mon frère qui la négligera jusqu’à la faire mourrir en 2008 alors qu’elle avait atteint le kilométrage de notre vaillante 80.

Paul

Le 13/03/2016 à 12:14

voilà une belle anecdote !!! J’aurai bien aimé visiter ce dernier étage !

Jean tlemane

Le 13/03/2016 à 16:41

Merci Paul,
Je viens de me relire…. Et maintenant je comprends l’importance d’un secrétaire de rédaction! Désolé!

Paul

Le 13/03/2016 à 16:45

Rassure toi, j’ai les mêmes problèmes ahahah

Bref Plunkett

Le 13/03/2016 à 09:36

Quelques photos de la collection (in)visible du dernier étage : http://www.pixauto.net/2013/collection-alpine/les-mythiques-alpine.php/

Direct Auto a fait un reportage récemment mais impossible de remettre la main dessus.

Utopiaboy

Le 13/03/2016 à 18:05

Incroyable ! Quelle coïncidence.
Ayant à peine ouvert cet article, la photo de ce parking me parle tout d’un coup. Moi qui suis bien éloigné de Paris, j’ai eu l’occasion une seule fois de monter en voiture à la capitale, pour y stationner justement rue Forest, et rejoindre mes collègues logeant au Terrass’Hôtel non loin. Ayant trouvé une place dans les tout premiers étages, je ne me suis guère aventuré plus loin. N’ayant pas fait le rapprochement entre le nom du parking et le fameux fondateur de la marque Dieppoise, j’étais loin de m’imaginer ce qui stationnait quelques mètres plus haut !!
Merci pour cet article étonnant.

Paul

Le 13/03/2016 à 18:18

de rien, c’est gratos… ou presque 😉

VicVega

Le 14/03/2016 à 12:44

J’ai eu l’occasion de m’y garer il y a deux mois totalement par hasard… et les dessins d’Alpines ornant les murs à chaque étages me faisaient penser que ce batiment avait compté dans l’histoire de la marque. Ah et puis j’étais loin de soupçonner le Casto de la place Clichy avait pour predecesseurs des batiments d’un tout autre standing… merci pour cette tranche d’histoire en tout cas !

Christian

Le 15/03/2016 à 09:24

Intrigué par cette histoire d’hippodrome couvert en plein Paris, j’ai fait une recherche rapide et j’ai trouvé ceci :

 » Il convient immédiatement de préciser qu’un hippodrome n’était pas, alors, un champ de courses mais une sorte de cirque où se donnaient des spectacles équestres. »

http://mapage.noos.fr/hubert.demory/hippodromes.htm

Il me semblait utile de le préciser

Paul

Le 15/03/2016 à 09:30

Exact, j’aurai du le préciser… Surtout qu’assez rapidement l’hippodrome (spectacles équestres comme tu le dis) est devenu cirque tout court sous le nom de Bastock (même s’il gardait sur sa devanture le terme hippodrome)… (cf. 1ère photo) !

Greg

Le 15/03/2016 à 10:47

Merci pour cette très bon sujet, qui éclaire sous un angle moins connu les débuts d’Alpine en tant que constructeur!
Rédélé, reprenant la concession paternelle, avait à cœur de démontrer la supériorité de la 4CV sur la Peugeot 203 et pour lui, cela passait par les compétitions routières.
Le nom Alpine aurait été choisi en référence à la Coupe des Alpes où le Rédélé Spéciale s’était montré si brillante.
Cette Rédélé Spéciale n’était autre qu’une 4CV habillée d’une carrosserie « aérodynamique », faite main chez Alemano, sur un dessin de Michelotti.
La voiture marchait fort, enfin cela tenait sans doute plus au talent des Rédélé et Pons qu’aux qualités intrinsèques de l’auto qui n’était pas vraiment plus légère qu’une 1063…
Toujours est-il que la demande était-là, mais le mode de production ô combien artisanal de la Rédélé Special semblait peu compatible avec une production en -petite- série, d’où la mise à contribution de Chappe et Gessalin.
Là encore, « l’Histoire » dit que Rédélé leur aurait demandé ni plus ni moins que de tirer un moulage du coach Alemano et de le reproduire en polyester.
Gessalin aurait alors pris l’initiative toute personnelle de redessiner l’auto, notamment avec ces phares proéminents qui donnent à l’A106 une allure d’escargot éberlué (c’est amical, je l’aime aussi).
Le modèle suivant, l’A108, a pour sa part gagné le surnom de Berlinette Tour de France, mais il est vrai que ce vocable est plutôt associé aux Ferrari 250 de nos jours.
Enfin, l’avant dernière photo ne montre pas l’assemblage des Alpine à Dieppe: elles étaient construites à la chaîne comme il se doit pour toute voiture de série.
Ici, il s’agit du département compétition 😉

Paul

Le 15/03/2016 à 11:27

Oui merci pour ces précisions… En faisant plusieurs travaux de recherche sur le sujet depuis un an, je me suis rendu compte du « flou » entourant la naissance des premières Alpine… Les rapports entre Rédélé et Chappe et Gessalin semblent avoir été régulièrement dans l’amour/haine… malgré une collaboration de près de 10 ans !

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