Guillaume de Beaufort : « On se retrouve tout à coup dans un autre temps »

Mardi 10 juillet 2018
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Rencontre avec Guillaume de Beaufort, directeur général Aston Martin France, à l’occasion de l’édition 2018 du Mans Classic.

 

Vous venez de courir le Mans Classic. C’était un rêve de gosse ?

Absolument. Pour se lancer dans une course pareille, il faut être un passionné. J’avais déjà eu l’occasion de piloter sur le Mans Classic en 2012, en plateau 6. Cette année nous étions en plateau 2, une toute autre histoire. On se retrouve tout à coup dans un autre temps, c’est fascinant. Nous avons tenu à faire les choses vraiment à l’ancienne, c’est-à-dire conduire la voiture depuis Paris jusqu’au Mans, courir les 24h et la ramener, comme le faisaient les pilotes d’antan. C’est toute cette aventure qui en fait une expérience géniale.

Justement, parlez-nous de la voiture…

C’est une DB PANHARD HBR5 de 1956. Une voiture légère, à peine 500 kg, avec une coque en fibre. Elle est loin d’être la plus rapide de son époque : les pointes atteignent 165 km/h. Quand un ami m’a proposé d’être le 3e pilote de l’équipe, je ne la connaissais pas du tout, et j’ai été très agréablement surpris. C’est une voiture qui n’a pas d’inertie ; elle change complètement votre manière de piloter. Vous vous sentez très petit quand vous voyez d’autres voitures. Je me rappelle avoir doublé une énorme Cadillac en me disant que si elle restait collée derrière moi, j’allais avoir de gros problèmes… Elle était beaucoup plus lourde et plus puissante. Pourtant, je ne l’ai jamais revue… La DB se défend beaucoup mieux qu’elle en a l’air, elle se faufile tout en souplesse.

Quelles sensations avez-vous éprouvées durant la course ?

Pour être franc, quand je me suis installé dans le baquet et que j’ai réalisé que la voiture n’avait ni arceau, ni ceinture de sécurité, je ne faisais pas le fier. Je me suis cramponné au volant, et j’ai trouvé progressivement de bonnes sensations. Bien sûr, quand vous voyez deux Jaguar Type D fondre sur vous à 230 km/h, vous avez plutôt intérêt à vous ranger sur le côté. Vous ne pouvez pas lutter, elles sont impressionnantes ! Au-delà des voitures, ce que j’ai trouvé incroyable, c’est que les pilotes jouent le jeu à fond. Il n’y a pas de doute : ils sont vraiment là pour gagner ! Avec notre partenaire, l’école de commerce ISC Paris, nous y allions avant tout pour partager un bon moment. Sur 75 voitures, nous avons fini 35e au général, ce qui est déjà top.

Quels souvenirs garderez-vous ?

Je retiendrai à coup sûr cette ambiance, ou plutôt ces ambiances. Car nous roulons 24h, jour et nuit se succèdent, l’atmosphère change, les gens aussi. Vous avez vraiment l’impression de vous retrouver dans les années 1950. Et puis vous êtes entouré de milliers de passionnés. Mais je retiendrai aussi cette angoisse qui vous noue le ventre. On voit des voitures perdre des roues, votre mécanicien resserre les vôtres dès qu’il le peut, et on ne peut s’empêcher de se sentir vulnérable à 165 km/h dans les lignes droites sans ceinture. On est obligé de penser aux conditions dans lesquelles roulaient les pilotes des années 1950. C’était vraiment la roulette russe ! Je tenais à participer avec cet événement avec l’ISC Paris, et garderai de supers souvenirs. J’ai réalisé un rêve. De là à recommencer, j’ai des doutes…

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