Hillman Imp Zagato: farfadet en tenue de soirée

Vendredi 9 juin 2017
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La Carrozzeria Zagato est en plein essor dans les années 60. Après avoir habillé les plus grandes marques italiennes, l’officine de Milan part à l’assaut de la Grande-Bretagne. Après avoir rhabillé l’Aston Martin DB4 et la Bristol 406, Zagato embrasse l’idée de fabriquer une petite voiture « abordable » afin de faire rentrer des sous dans les caisses.

La Hillman Imp, une petite voiture pas follichonne

Ils se penchent alors sur l’Hillman Imp, la petite dernière du groupe Rootes, commercialisée en 1963. Histoire d’échapper à la taxation sur les véhicules importés, une société (British Zagato Ltd) est créée à Kingston-upon-Thames, dans la région de Londres. Le programme des italiens est alors soutenu par Lord Rootes himself : 2 voitures sont achetées chez un concessionnaire de la région d’Oxford par Peter Thomas (directeur de British Zagato Ltd) qui les emmènera à Milan par la route avec l’aide de sa femme ! Ces deux voitures rejoignent là-bas une troisième, achetée d’occasion dans une concession anglaise.

Une fois chez Zagato, les Imp sont complètement déshabillées, seuls restent le plancher et les éléments mécaniques. Elle est alors recouverte d’une carrosserie en aluminium, dans la plus pure tradition Zagato de l’époque. La placide Imp en ressort complètement métamorphosée, avec un profil qui n’est pas sans rappeler la Lancia Fulvia.

La métamorphose est frappante une fois l’Imp passée chez Zagato

Les trois voitures seront réalisées en un mois, afin d’être présentées au Salon de Londres 1964. D’ailleurs, cette fabrication précipitée se ressentira, le dessin, signé Ercole Spada (qui a déjà signé, entre autres, l’Aston Martin DB4 GT Zagato, l’Alfa Giulietta SZ, excusez du peu !), est dénaturé par quelques coups de marteau non rectifiés avant la présentation.

Hélas, trois fois hélas, le projet ne rejoindra jamais les chaines d’assemblage. Le contexte économique est alors plutôt morose pour le groupe Rootes. Chrysler vient de rejoindre le capital du groupe au début de l’année 1964, afin de consolider ses actifs en Europe, après la pris le contrôle de Simca (entre 1958 et 1963) et l’entrée au capital de Barreiros en 1963. Mais l’infortune du groupe ne s’arrête pas là. L’Imp, qui devait relancer la marque en tant que concurrente de la Mini sur un segment en pleine explosion souffre de soucis de jeunesse. L’utilisation de fonte d’aluminium et non de fonte d’acier (une première pour une voiture de grande série) pose quelques soucis. Mais surtout, La production de la voiture est devenue un véritable bourbier logistique et qualitatif.

L’Imp Zagato au Gloucester Motor Show 2016 (photos Pierre Sumy)

Une partie de la production du groupe a quitté l’usine de Ryton pour s’installer à Lynwood, à proximité de Glasgow. Une Imp doit ainsi faire une navette de 1000 km aller-retour (via un jeu de trains savamment orchestré) pour être assemblée, faisant exploser les coûts de production. Cette décision, a priori insensée, a été prise sous la pression du gouvernement britannique, qui cherche à fournir des emplois dans des zones où le chômage est prédominant. Hélas, ce nouveau personnel, sans aucune expérience dans la construction automobile (mais avec certain penchant pour la grève), entraîne de gros problèmes de fiabilité.

Lord Rootes décède en décembre 1964. Son fils, un peu dépassé par les événements, laisse 3 membres de Chrysler rejoindre le directoire du groupe, scellant par la même le destin de l’Imp Zagato, estimée trop chère et dont l’engagement avec le carrossier italien ne relevait que du gentleman agreement avec feu Lord Rootes.

De nos jours, les trois prototypes ont survécu aux mains d’amateurs éclairés (ou illuminés, faites votre choix). L’un d’eux est en cours de restauration, ayant été abandonné pendant quelques années, la carrosserie en aluminium a réagi avec le châssis en acier. Les plus chanceux peuvent croiser assez régulièrement la « Zimp » blanche dans le Gloucestershire, comme quoi la campagne du sud de l’Angleterre cache autre chose que des beaux paysages.

Texte : Pierre Sumy

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8 commentaires

philippe

Le 09/06/2017 à 10:56

Voilà une auto qu’elle est belle et de moi inconnue !
Je connaissais la TVR Tina mais pas celle-ci.
Agréable mais l’ADN de Zagato n’est que suggéré, même pas de double bombage du pavillon.
Avec un moteur AR on se serait attendu à une sorte d’Abarth.
Elle a un tout petit peu de Fulvia Zagato ou d’Alfa 2600 SZ si l’on veut …

Pierre

Le 09/06/2017 à 18:21

Le double bossage n’était pas encore systématique à l’époque, et il ne faut pas oublié que les 3 voitures ont été produites en un mois, difficile donc de se permettre des formes compliquées, telles le double bossage…

YO

Le 09/06/2017 à 13:49

Bel article sur une auto que je ne connaissais pas. Il y a néanmoins une petite coquille : Zagato était en plein essor dans les années 60 et non 80

Pierre

Le 09/06/2017 à 15:52

Effectivement, dès la première ligne, c’est pas bon, surtout quand on parle des années 60 tout le reste de l’article, Mea Culpa

Paul

Le 09/06/2017 à 15:55

Ouf, corrigé 😉

ROMINET

Le 16/06/2017 à 15:41

La rouge a les paupières de phares mobiles, pas la blanche

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