Hommell Berlinette : l’héritière d’Alpine

Mardi 11 mars 2014
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Les marques automobiles tiennent à peu de choses. A l’origine, un simple dîner entre Michel Hommell, fondateur et rédacteur en chef du magazine Echappement et PDG du groupe de presse SFEP, Gilles Dupré, et Jean Charles Rédélé (fils du fondateur d’Alpine, Jean Rédélé). On refait sans doute le monde, on parle d’automobiles (sûrement) et on se demande ce que doit être une petite sportive française. De ce dîner ressortira l’idée de réaliser un sondage auprès des lecteurs d’Echappement, qui paraîtra dans les colonnes du mensuel en avril 1991. Des milliers de réponses font ressortir l’attente d’un véhicule relativement proche de la Berlinette Alpine d’antan : légère, sans concession, forcément une propulsion à moteur central arrière.

Le succès de ce sondage en forme de concours donne des idées à Michel Hommell, qui installe en août 1991 un atelier dans les locaux de son groupe de presse pour réaliser un prototype correspondant à ce cahier des charges, avec Gilles Dupré à la baguette. D’abord, une maquette au 1/5 ème est réalisée, sur la base de dessins d’Eric de Pauw pour valider les formes générales, puis au printemps une maquette à l’échelle 1 fixe le design quasi définitif de cette berlinette.

C’est au Salon de Paris de 1992 que la Berlinette Hommell est présentée au public (semble-t-il pas tout à fait terminée mais qu’importe), et créé la sensation. Suffisamment en tout cas pour que des commandes fermes soient enregistrées, et que la décision de lancer la production en petite série soit prise par la petite équipe, Michel Hommell en tête (après tout c’est lui le patron).

Cette auto à la philosophie très Alpine (dans son acceptation des années 60/70, avant sa lente dérive vers la production de GT), est très dépouillée, débarrassée de tout élément superflu, objectivement tournée vers un seul objectif, le pilotage. Elle s’annonce à 250 000 F. En avril 1993, l’ancienne usine Bridel de Lohéac, petit village breton, fief de Michel Hommell qui y a déjà installé son Manoir de l’Automobile, est achetée pour accueillir la nouvelle marque au logo frappé de trois épis de blé.

Les trois épis de blé, un logo original
Les trois épis de blé, un logo original

A l’arrière, en position centrale, on a placé l’éprouvé moteur de la 405 Mi16, un 2 litres 16 soupapes de 155ch, sans oublier de proposer une boîte 6 vitesses (ce qui à l’époque n’est pas si courant). En 1994, au Salon de Paris, seront présentés deux nouveaux modèles, le Cabster (sorte de version cabriolet de la Berlinette), et la Barquette, sans pare-brise et forcément sans concession. Seule cette dernière entrera en production (qui sera produite à 52 exemplaires). 69 exemplaires de cette première mouture de la Berlinette Hommell seront construites, jusqu’au lancement de la seconde mouture en 1999.

barquette

En 1998, la RS est présentée. Elle garde une ligne générale relativement semblable à la Berlinette, mais de subtiles modifications en changent le faciès. Adieu les phares vitrés, et place à une calandre à 4 phares séparés. L’arrière aussi est retouché, les feux arrières de ZX passent à la trappe pour être remplacés par des doubles optiques « à la Ferrari ». Surtout, elle perd 30 kilos, et gagne du muscle avec le nouveau moteur 2 litres 16 soupapes de 167 ch de la 306 S16. Elle sera fabriquée à 67 exemplaires entre 1999 et 2001.

barquette-02

En 2001 justement apparaît la RS2, ultime évolution de la petite Hommell. De légères retouches esthétiques sont apportées (écopes arrières, nouvelles jantes), mais surtout, la puissance, grâce aux doigts de fée du préparateur Danielson passe à 195 ch. Ce sera la dernière Hommell produite (56 exemplaires), avant l’arrêt des Automobiles Hommell en 2003. Car malgré les qualités indéniables des voitures produites à Lohéac, il devient de plus en plus difficile de ne pas perdre trop d’argent dans l’histoire, et les règles d’homologation devenues plus strictes rajoutent encore des difficultés à celles déjà existantes. Michel Hommell décide d’arrêter les frais, après plus de dix ans d’existence, et malgré la présentation d’un ultime prototype d’une barquette à moteur de 206 RC. Ne restera à Lohéac que l’approvisionnement en pièce détachée, et l’usine servira désormais à la réfection des véhicules exposés au Manoir de l’Automobile.

Pourtant, un projet mené avec l’appui d’investisseur chinois est proposé à hommell sans qu’il n’y soit donné suite, scellant définitivement la disparition de la petite marque aux trois épis. Sachez qu’outre la barquette, la Berlinette connût un autre dérivé, la Vaillante Grand Défi.

Le site du groupe de presse Hommell : Magazines Hommell

Le site Passion Hommell : Passion Hommell

Le site Hommel Services qui gère les pièces détachées : Hommell Services

Je tiens à remercier Dominique Pege (DomClub, du site Passion-Hommell). Si cet article est totalement écrit par mes soins, il n’aurait pas autant de détails sans la science de ce passionné d’Hommell.

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5 commentaires

Dalmasso Franck

Le 13/04/2014 à 00:47

Bonjour, je tiens à donner une précision, car l’erreur est très souvent commise: la berlinette échappement n’a jamais eu le moteur de la 405 MI16, seul le proto de développement l’a eu. Celui ci, surnommé affectueusement « la grand mère  » , de couleur bleu de France, est facile à reconnaître puisqu’il est équipé des roues de la 605 sv 24 série 1, alors que les berlinettes échappement ont des roues de 605 sv 24 série 2.
Pour être précis : MI 16 et la grand mère : 1905 cc type XU9J4RS
306 S16 série 1 et berlinette échappement : 1998 cc type XU10J4DZ
306 S 16 série 2 et berlinette RS : 1998 cc type XU10J4RS

Paul

Le 13/04/2014 à 10:48

Exact… merci pour la précision qui a son importance.

Jipé

Le 26/06/2018 à 10:18

Autres précisions la boite 6 provenait de chez Psa. alors qu’aucune boite 6 n’existait, et le chassis tubulaire de l’usine de Psa rennes la janneais, qui n’avait jamais construit de chassis tubulaires … Les phares sous plexi proviennent de la XM, méconnaissables. Il faut aussi retenir le record de 100 000 km sur route en barquette l’hiver réalisé par le regretté philippe Couesnon, qui récidiva a ma demande sur 500 000 en 607 , ceci pour prouver la robustesse de l’auto

Le 29/05/2014 à 23:23

tiens c’est nous avec la Hommell rs jaune. Beau reportage

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