IES America et Super America : les 2CV du bout du monde !

Publié le jeudi 15 janvier 2015.
Mis à jour le vendredi 5 juillet 2019.
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En ce début d’année 1980, la décision est prise : Citroën va quitter l’Argentine. Pour limiter la casse, la marque française a trouvé un sauveur en la personne d’Eduardo Sal-Lari, le PDG de la société Daher Boge qui fournissait Citroën en amortisseurs (qui prend le contrôle total de la société en 1982). Officiellement, Citroën quitte le marché car les conditions de stabilité politique et économique ne sont pas réunies. Officieusement, il y a deux autres raisons.

Super America 01

La première est la plus simple : Citroën n’a jamais réussi à percer, avec 223 442 exemplaires vendus en 20 ans (essentiellement des 2CV/3CV, mais aussi des Mehari et l’Ami8). La seconde est plus « politique » : Citroën, passée sous la coupe de Peugeot en 1974, n’est plus vraiment désirable en Argentine alors que Peugeot et Fiat s’allient pour former la SEVEL où la répartition des rôles est claire, à Fiat les populaires (avec la 124 et la 125), à Peugeot le haut de gamme (avec la 504 dite Yeyo).

3CV 02

C’est donc un peu contrainte et forcée que Citroën se retire du marché argentin, donnant la possibilité à Eduardo Sal-Lari de devenir constructeur automobile. Il créé la société IES (tout simplement Industrias Eduardo Sal-Lari) pour produire l’IES 3CV et l’IES Carga (une 2CV fourgonnette). La production de l’Ami8 est en revanche stoppée en 1982 !

Super America 04

Dès 1984, Sal-Lari élargit sa gamme et réintègre la Méhari à son catalogue, sous le nom de Safari. Elle n’y restera que jusqu’en 1986, car en 1987, c’est la révolution chez IES : la marque Argentine sort son propre modèle, la Gringa, un petit véhicule de plage et utilitaire sur la base de la Mehari.

Safari 01

Entre temps, IES a décidé de moderniser ses 3CV et Carga, qui sont restylées une première fois en 1985 (devenant America) puis en 1987 (devenant alors Super America). Ces deux restylages tentent de moderniser le profil de la 2CV, rajoutant du carré sur du rond de façon étonnante. Les America et Super America reçoivent en outre une calandre en plastique noire sensée moderniser la face de la voiture.

Gringa 01

L’aventure IES ne passera pas la décennie. Les ventes sont anecdotiques (entre 10 et 20 000 exemplaires au total entre 1982 et 1990), et les Gringa et Gringo (sa version 3 et 5 portes) engloutissent les derniers deniers de l’entreprise qui ferme ses portes en 1990. Reste aujourd’hui qu’en Argentine, les annonces pour des America ou Super America sont encore fréquentes.

Super America 03

J’imagine qu’importer et immatriculer une telle voiture relève d’un défi de fou furieux, mais qui sait, parfois l’envie de rouler différent et d’épater la galerie soulève des montagnes. Voici donc un lien vers quelques petites annonces argentines. Bonne chasse !

Quelques petites annonces: http://www.olx.com.ar/q/citroen-super-america/c-378c-378

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10 commentaires

seb

Le 15/01/2015 à 18:14

Superbe je ne connaissais pas pourtant fan De Citroën a bientôt

Deuchevausix

Le 21/01/2015 à 16:59

Quelques précisions. Les phares carrés proviennent de la R6 (également fabriquée localement).
La Super America est plus qu’un restylage, c’est une refonte du modèle. Par exemple elle a un chassis poutre, la suspension fut revue (roues indépendantes avec triangles, amortisseurs et ressort à lames transversal,…) le résultat fut largement critiqué.

La raison de cette modernisation est sans doute liée à l’âge de la voiture.
Mais certaines sources affirment que Citroën aurait décidé de couper les ponts avec IES (on parle même de 2cv « pirates »).
C’est possible, mais n’ayant pas de sources digne de foi, je préfère utiliser le conditionnel.

Sinon super article 🙂

Paul

Le 21/01/2015 à 17:03

Merci pour ces précisions très intéressantes: en effet, c’est difficile d’avoir des infos fiables sur IES. J’ai entendu parlé de cette affaire de « lâchage » de Citroën, et comme toi n’ayant pas plus d’infos, j’ai laissé tombé… Si quelqu’un en sait plus ?

Deuchevausix

Le 21/01/2015 à 17:43

Le « lâchage » de Citroën comme tu le dit, à surtout été évoqué dans un magazine de 2cv « deuche & méhari mag » de 2011 (un article sur une America et une Super America rapatriées en France).

Cela dit, il faudrais que je fouille dans mon stock de Planète 2cv (entres autres), il me semble qu’il y’a eu plusieurs articles sur les 2cv d’Amérique Latine (Argentine, Chili,… A l’époque F.Sabatès se renseignait directement chez Citroën.

Je vais fouiller tout ca et je te tiendrais au jus.

Franck

Le 26/05/2015 à 07:45

Malgré avoir épluchés bon nombre d’articles sur les 2cv, je ne connaissais pas non plus, bravo boitier rouge!

Eddy123

Le 24/08/2015 à 12:12

De memoire Citroen ferme ses activités en Argentine fin 70 pour cause de crise économique et vend ses actifs (usine et stock de pièces ) a un idustriel (fournisseur de pieces mécaniques jutement) debut des années 80 (83 je crois) à monsieur Eduardo Sal-Lari.
La société nouvelle se nomme donc Industrie Eduardo Sal-Lari IES.
Il continuera a produire les 3cv, un dérivé camionnette original un peu comme celle en France plus une Mehari en fibre de verre appelait Safari.
Plus tard il modernisera la 3cv en America puis super America, et tantera sens succès la Gringa debut des années 90.
Une belle histoire… il ont fait vivre la 2cv de façon originale un peu comme l,evolution des especes).
LA 3CV etait déjà mieux que notre 2cv car elle été plus puissant, a haillon et les vitres arrière s’entrouverts.

Pierre Marissal

Le 15/04/2017 à 05:52

Bonjour. je vis en Argentine et Je possède une 2cv AZAM Argentine de 1969, 425 cm3 et 18 hp, et les vitres arrière s’ouvrent avec un compas 😉
Ici on ne doit pas prononcer le nom d’IES devant un deuchiste : c’est une saloperie, avec un chassis de merde et un suspension immonde.

Gonzalo

Le 08/06/2017 à 03:42

Hola a todos! Soy argentino y gran fan de lls Citroen. Tuve varios 3cv y Meharis y hoy tengo un 3cv furgón. Tuve un Super America del año 1988.
Además de la suspensión, tenía la palanca de cambios al piso. Para lograr esto, el motor estaba elevado con respecto al chasis. Otra gran diferencia era el encendido electrónico, eficiente, pero muy caro de reparar. En síntesis: el Super America no era para nada un Citroen..
Saludos!

Carlos

Le 06/05/2018 à 20:14

L’ouverture des importations par la dictature militaire sonne le glas pour Citroën Argentina ( fabricant ). Quant aux raisons ‘’officieuses’’, la première n’est pas consistent: et Oui !.. Citroën avait plus que percée en Argentine, elle avait même une bonne part du marché de petites voitures et une excellente réputation quant à la qualité de fabrication.
Le marché argentin de l’époque, bon an mal an, était de 200 a 300.000 voitures; alors avec une production moyenne de 25.000 unités/an, Citroën avait ≈ 10% du marché total de voitures; pas négligeable pour un constructeur qui n’avait qu’un seul segment à proposer.
Tant que l’importations étaient totalement libres, Citroën comme tant d’autres industriels locaux n’avaient d’autre solution que d’importer, l’industrie nationale était détruite.
Quant à IES, ils ont fabriqué un IES 3CV ( idem Citroën ), l’ América qui se contentait d’un lifting face avant tel qu’on le voit, tout le reste était égal à un 3CV (2CV6). Le Super América était déjà autre chose, si bien d’aspect extérieur n’a pas changé, en réalité, son chasis c’est un chasis poutre unique centrale seul la mécanique 602 cc subsiste de Citroën,

Pierre

Le 11/11/2019 à 08:43

Actuellement, on en croise extrêmement rarement en Argentine mais c’est la voiture du père de Mafalda, le fameux personnage de bande dessinée.

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