Irmscher Corsa A « Spider » i120, i130 et i130e : découvrable collector

Publié le vendredi 5 janvier 2018.
Mis à jour le mardi 11 décembre 2018.
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A une certaine époque, les constructeurs n’hésitaient pas à s’offrir des modèles sortant de l’ordinaire destinés à une petite frange des acheteurs désireux de rouler dans une version plus décalée que celle destinée au grand public. Alors que la souplesse industrielle n’était pas encore de mise, il fallait donc que les grands constructeurs passent par des carrossiers indépendants, mais à l’outil adapté à la production en petite série (les choses ont changé depuis). Voilà comment, pour satisfaire une niche, sans grands investissements, et pour faire aussi un peu le buzz autour de la nouvelle Corsa A, Opel décida d’extrapoler une version de petite série de son Spider Concept en externalisant chez Irmscher (et sous son blason) la Corsa Spider, en 3 versions i120, i130 et i130e.

Le Spider Concept de 1982

En 1982, Opel lançait sa petite Corsa, et pour la rendre encore plus sexy, présentait au Salon de Genève son Spider Concept : une version radicale et découvrable de la nouvelle Corsa A, censée séduire les jeunes générations. Il ne s’agissait à l’origine que d’un show-car, mais le produit était plutôt réussi, avait trouvé un certain écho sur le salon genevois, et cela avait donné des idées aux dirigeants de la marque au Blitz.

Le lancement commercial de la Corsa A eut lieu en octobre 1982, laissant aux cadres d’Opel le temps de réfléchir à l’idée, et de trouver un partenaire. Assez naturellement, ce fut vers la société Irmscher, habituée des transformations sur base Opel, qu’on se tourna : un partenaire connu, fiable, ayant les capacités de production, rien de tel pour une opération réussie. L’accord entre les deux entreprises fut trouvé rapidement, et on s’attaqua à la version « de série » durant l’année 1983.

Les voitures étaient directement prélevées sur la chaîne de production de Saragosse (lieu d’assemblage de la Corsa) pour rejoindre Remshaldem et les ateliers d’Irmscher. Là, les voitures étaient « découpées », modifiées, rigidifiées. Il ne s’agissait pas d’un « cabriolet » car la capote correspondait plus à une toile à « clipser » sur des bras articulés, le tout rangé sous un couvre capote en fibre de verre du plus belle effet. Ce couvre capote avait pour effet de « diminuer » la taille des places arrières, limitées désormais à 2 places au lieu de 3.

Irmscher proposait 3 motorisations : l’i120 disposait du 1.2 d’origine, développant 45 chevaux ; l’i130 récupérant le 1.3 Opel de 72 chevaux ; enfin, clou de la gamme, l’i130e (« e » pour injection en allemand, Einspritzer) de 83 chevaux, un 1.3 retravaillé par Irmscher. Pour le reste, les « Spider  Corsa » pouvait recevoir des options à la carte, notamment en terme d’équipements intérieurs, mais aussi des ajouts de carrosserie. La production commença en 1984, et se poursuivra jusqu’en 1987 environ.

La Corsa Sprint C produite à 50 exemplaires par Irmscher offrait son kit carrosserie à certaines Corse Spider

En 1985, les Spider pouvaient aussi recevoir le même kit carrosserie que la Corsa Sprint C produite par Irmscher (une version musclée dont 50 exemplaires verront le jour) : ces Spider sont les plus rares, avec seulement 12 kits installés. En 1987, Irmscher proposa aussi un hard-top (50 exemplaires dotés de ce toit en dur amovible furent livrés). Au total, entre 1000 et 1500 exemplaires des Irmscher i120, i130 et i130e furent produits (selon les sources).

Un bel exemplaire d’i120, refait à neuf, est à vendre actuellement en Espagne pour 8500 euros (i120 à vendre en Espagne). Je vous laisse juge quand au prix demandé : tout dépend toujours de la passion, des moyens, et de la valeur qu’on accorde à un tel véhicule. D’autres se trouvent pour beaucoup moins cher, mais demandent souvent une coûteuse restauration.

En tout cas, les Spider d’Irmscher ont ce délicieux goût de collector, d’originalité, qui feront passer ses défauts au second plan (rigidité, puissance sur les i120), et vous feront rentrer immédiatement dans la catégories des amateurs éclairés (ou des fous furieux, au choix).

Pour en savoir plus, une page en anglais ou en allemand, au choix, mais très intéressante : le site de l’Opel Corsa A

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10 commentaires

GeoffGarit

Le 05/01/2018 à 15:56

Étrange ce dernier Spider, avec logo Vauxhall mais volant à gauche. Les décorations ne sont pas du meilleur goût je trouve, aussi kitch que ces pneus à blanc, s’agissait-il d’options Irmscher ?

24heures

Le 05/01/2018 à 17:47

Tiens, une suggestion d’article en voyant la dernière photo : les tentatives (peu concluantes) d’Opel (avec la Corsa TR en 2 et 4 portes), VW (Polo Derby puis Flight) et Skoda (Fabia) pour vendre en Europe des citadines tricorps. Ces autos sont très BR…
Autre auto très BR : la Polo Arlequin…

Alexandre c.

Le 05/01/2018 à 20:47

Ah la polo arlequin vraiment BR en effet … J’ai jamais compris pourquoi volkswagen a voulu vendre des voitures multicolores !

Alexandre c.

Le 05/01/2018 à 20:50

La Corsa sprint C a de la gueule elle avait une préparation à la hauteur du plumage ?

Alexandre c.

Le 05/01/2018 à 21:25

Merci Paul il y a tellement de choses sur BR qu’on en rate !

Alexandre c.

Le 05/01/2018 à 21:27

Oups je parlais du lien

Germain

Le 06/01/2018 à 04:39

La réalisation me fait penser aux travaux de MTX sur Skoda favorit

joris dabin

Le 06/01/2018 à 17:35

L’avant me fait penser a une Méga.

Greg

Le 08/01/2018 à 15:23

Mignonne petite auto, mais je ne suis pas objectif car j’ai « un peu » pratiqué le Corsa A (et la B aussi, dans une moindre mesure…).
Objectivement, c’était des autos atroces: volant de travers, suspension sautillante, motricité défaillante et freinage très très insuffisant… et pourtant on s’attachait à ces petites bêtes.
Alors oui, un « Spider » en version i30 (le moteur de la Corsa 1.3 SR si je ne m’abuse?), je veux bien! 🙂
A considérer au même titre qu’une Streetka bien plus répandue, mais qui n’éveille pas en moi le souvenir d’une petite madeleine comme l’Opel sait le faire!

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