SUPERCAR

Koenigsegg CC8S et CCR : supercars nordiques

Mercredi 20 février 2019
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La Suède n’est pas vraiment connue pour ses supercars. Si le pays a connu un temps deux constructeurs en son sein, Volvo (encore de ce monde mais désormais à capitaux chinois) et Saab (désormais disparue), leur réputation s’est souvent construite autour des thèmes de la robustesse et de la sécurité. Bien entendu, les deux marques ont aussi forgé leur image grâce au sport automobile. Mais leurs gammes n’ont jamais contenu de vraies sportives. En 1997, Jösse avait tenté de lancer l’Indigo 3000, sans succès, tandis que chacun regardait Christian von Koenigsegg avec curiosité présenter son prototype CC : il donnera pourtant naissance à une supercar qui installera Koenigsegg parmi les grands de ce monde, la CC8S et son évolution CCR.

Le premier prototype de la CC présenté en 1997

Koenigsegg, c’est avant tout une légende forgée au fil des ans, celle d’un jeune “gamin” autodidacte de 22 ans ayant (déjà) fait fortune dans l’import/export agroalimentaire et créant de toute pièce sa propre marque avec ses petites économies. La réalité est un peu différente : jeune homme bien né, Christian von Koenigsegg peut disposer de la fortune familiale (un peu) et de l’entregent de son paternel (beaucoup) qui le mettra en relation avec Baard Eker notamment, un riche entrepreneur norvégien. De même, si Koenigsegg a la vision, il n’est pas un technicien et sa principale qualité sera de bien s’entourer, débauchant chez Bugatti, Saab ou Bentley, pour développer sa voiture en 8 ans tout de même.

 

 

La CC Concept présentée en 2000.

Un prototype dénommé CC

L’entreprise, lancée en 1994, fait rouler son premier prototype, dénommé CC, en 1996 et le présente au public sur la Croisette à Cannes en 1997. Mais à l’époque, il ne s’agissait pas encore d’une voiture aussi performante qu’attendue, malgré son V8 Audi 4,2 litres. Il faudra attendre 2002 pour que le petit artisan suédois présente la version définitive, la CC8S. Lors de la présentation à Cannes de la CC, le petit monde de l’automobile reste dubitatif : le style est hésitant et les performances hypothétiques.

Christian von Koenigsegg n’a que 24 ans et sa jeunesse ne parle pas en sa faveur. A cette époque, les constructeurs de voitures de sport souffrent : Bugatti vient de faire faillite, Lamborghini se cherche des actionnaires sérieux pour remplacer Megatech et le fils Suharto, Venturi vient de se faire reprendre par des thaïlandais in extremis, Porsche tente de survivre en déclinant sa gamme vers le bas (Boxster), McLaren perd de l’argent sur chaque F1 vendue, tandis que Ferrari et Maserati survivent grâce à Fiat, Aston Martin grâce à Ford. Autant dire que l’aventure n’est pas gagnée pour le jeune suédois.

Une Koenigsegg CC8S devant un Saab Gripen, fleuron de l’aviation suédoise.

La CC8S présentée à Genève

La fin des années 90 se passe en toute discrétion pour Koenigsegg qui en profite pour développer lentement mais sûrement la CC pour aboutir à la CC8S, présentée en 2000 au Salon de Paris. La voiture de pré-série est assemblée en 2002 et doit être présentée officiellement au Salon de Genève 2003. Entre temps, elle a troqué son moteur Audi pour un V8 Ford retravaillé en interne de 4,7 litres développant 655 chevaux. La ligne a un peu évolué, s’est adaptée au goût du jour, tout en restant relativement différente de celles de ses concurrentes d’alors.

L’incendie en février 2003 du petit atelier de Margretetorp où 6 exemplaires de la CC8S avaient été assemblés (heureusement, la présence d’employés deux semaines avant le salon de Genève permet de sauver les véhicules déjà construits) écourte la vie du modèle. Du passé faisons table rase : déménagement à Ängelholm, sur une ancienne base aérienne de l’armée suédoise, et évolution de la voiture, qui devient alors CCR.

La CCR, évolution encore plus puissante de la CC8S.

La CCR explose les compteurs

La CCR diffère de la CC8S mais n’est pas un nouveau modèle : sur la même base, elle évolue légèrement stylistiquement mais surtout adopte une nouvelle version du V8 4,7 litres désormais boosté à 806 chevaux. Avec une telle cavalerie, pour un poids contenu de 1 180 kg, Koenigsegg offrait à sa clientèle un véritable dragster, capable d’atteindre les 100 km/h en 3,2 secondes et la vitesse maximum de 388 km/h. En 2004, la Bugatti Veyron n’est pas encore sortie et la suédoise s’offre le record du monde de vitesse pour une voiture de (petite) série, homologué par le Guinness Book.

Christian von Koenigsegg a réussi son pari : être pris au sérieux, trouver des clients (14 pour la CCR pourtant vendue plus d’un million d’euros entre 2004 et 2006) et pérenniser l’entreprise. Grâce à ses investisseurs (il était déjà minoritaire au sein de l’entreprise portant son nom), Koenigsegg réalisait la même performance que l’argentin Horacio Pagani : créer une marque éponyme capable de rivaliser avec les plus réputés constructeurs d’automobiles sportives. Dès lors, l’aventure était lancée et continue encore aujourd’hui avec la Regera.

Vue la faible production des CC8S et CCR (20 pour les deux modèles confondus), difficile d’établir une cote réelle, mais ne comptez pas trouver l’un de ces modèles à prix d’ami : il s’agit de voitures ultra-exclusives qui ne s’échangent que rarement. Mais qui sait, un jour peut-être l’occasion se présentera et ce jour-là, il faudra avoir un compte en banque conséquent.

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Caractéristiques techniques

SUPERCAR

Koenigsegg CCR

2003 - 2004

Motorisation

Motorisation V8 à 4 soupapes par cylindre
Cylindrée 4 700 cc
Alimentation Injection Multi-point, 2 Turbos Rotrex
Puissance 806 ch à 6 900 trs/min
Couple 920 Nm à 5 700 trs/min

Dimensions

Longueur 4 191 mm
Largeur 1 989 mm
Hauteur 1 069 mm
Poids à vide 1 180 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 6 rapports

Performance

Vitesse max 388 km/h
0-100 km/h 3,2 s
Production 14 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) nc

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