Zastava 45/55 GV : la drôle d’histoire des Yugo américaines

Vendredi 14 mars 2014
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Les marques automobiles françaises n’ont jamais réussi à percer sur le marché américain, au prétexte d’habitudes de consommation différentes, de normes de sécurité drastiques, et de nombreuses excuses qui n’empêchèrent jamais d’autre marques européennes de réussir, comme les marques allemandes ou suédoises qui visèrent une clientèle bourgeoise soucieuse de se démarquer.

D’autres marques plus surprenantes réussirent à exister sur ce marché, même si ce fut sur une période restreinte. C’est le cas de la marque serbe Zastava qui réussit le tour de force de vendre 141 000 exemplaires de sa Yugo GV en 8 ans d’importation aux Etats-Unis entre 1985 et 1992, avec une année record en 1987 (47 000 ventes cette année là).

La Yugo GV (pour « Great Value ») est la version américanisée de la Yugo 45. Le Constructeur, yougoslave à l’époque, Zastava a créé la marque Yugo pour l’exportation, et cherche à développer ses marchés à l’export. A bien regarder la Yugo 45, il est difficile de se l’imaginer reine de la route au pays des « big blocks », des longues limousines et des 4×4 surdimensionnés. L’insouciance permet sans doute de soulever des montagnes, et la GV réussit somme toute à s’imposer malgré son image de « pays de l’Est » pourtant pénalisante en cette époque ou là Guerre Froide est encore d’actualité.

D’abord importée par YugoCars Inc, puis par International Automobile Importers (fondé par Malcolm Bricklin pour distribuer les Bertone X1/9), la Yugo GV reçoit de nombreuses modifications pour satisfaire aux normes US, et est fabriquée en Serbie sur une ligne de production qui lui est spécifique. Pour s’assurer de la qualité de fabrication, les ouvriers travaillant sur cette ligne était bien mieux payés que le reste des ouvriers de l’usine.

L’une des raisons du succès de Yugo aux Etats-Unis fut sans doute son prix (moins de 4000 $). Son exotisme y fut aussi pour beaucoup, notamment en version cabriolet. Enfin, à cette époque débarquaient en force les japonais qui surent imposer l’idée de voiture plus petites et plus économes. Cependant, l’engouement du début retomba comme un soufflet, et Zastava arrêta l’aventure américaine en 1992 (elle ne vendit cette année là que 1412 exemplaires). La situation politique en ex-Yougoslavie n’arrangeait rien non plus aux affaires de Zastava.

La chute de Yugo aux Etats-Unis fut aussi le résultat d’une fiabilité toute relative, et d’une image de marque de plus en plus mauvaise. Enfin, il faut bien le dire, la Yugo GV était largement dépassée en 1990. C’était la fin de l’aventure Yugo.

Lire aussi: Yugo Florida

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5 commentaires

Mr Coisne

Le 19/11/2014 à 20:30

Bonjour. Je voudrais avoir des renseignements supplémentaires la Yugo.
Car il y en a une a vendre,,
Ou pourrais je trouver des pièces détachées, il paraît que c’est quasiment la même chose que la Fiat Panda !

J’espère avoir des renseignements supplémentaires

Paul

Le 19/11/2014 à 23:24

Je ne suis pas assez spécialiste pour vous répondre. Zastava et Fiat ont entretenu des relations pendant longtemps, à tel point que Zastava est désormais une filiale de Fiat. De là à dire que les pièces détachées de la Yugo soit faciles à trouver… Mais au prix de l’investissement, le risque peut se prendre non ?

Paul

Le 19/11/2014 à 23:25

En revanche, non, ce n’est pas la même chose qu’une Panda 😉

Renaud

Le 03/01/2016 à 19:12

Elle a eu son petit moment de gloire au cinéma, on l’apercoit dans « Die Hard 3: une journée en enfer » !

Fabrice

Le 11/04/2017 à 18:04

Excellent article (comme toujours) sur cette étonnante aventure américaine. J’habitais à New York en 1987 et il n’était pas rare de voir une Yugo. Ce qui m’avait marqué c’était un autocollant sur la vitre arrière avec cette inscription:  » Yugos didn’t bomb Pearl Harbour ». Marketing offensif mais génial, non?

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