Citroën 22 V8 : la voiture mystère

Samedi 29 mars 2014
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Tout le monde connaît la Traction Avant, cette Citroën révolutionnaire qui, de 1934 à 1957, fut produite à 759 111 exemplaires, et personnalisa le haut de gamme à la française avant de se faire détrôner par la non moins mythique DS (lire aussi : Citroën DS). La Traction fut en 1934 une véritable révolution, même si elle précipita la perte de Citroën. En 7, 11 ou 15 cv, avec des 4 ou 6 cylindres (de 32 à 77 ch), en cabriolet, légère ou familiale (le monospace de l’époque), la Traction s’imposa comme LA voiture française. A force de la voir dans tous les films ou téléfilms traitant des années 30 ou 40, on finit par croire qu’on la connaît sous toutes les coutures.

La 22 V8 en version cabriolet
La 22 V8 en version cabriolet

Pourtant, il en est une (ou plutôt 20 très précisément) qui reste un mystère : la Citroën 22 V8 « Traction Avant ». Quand André Citroën lance la Traction, il a pour elle de grandes ambitions, même si les finances ne sont pas au beau fixe, et si ses débuts sont un peu trop lents. Avec elle, il veut créer une gamme dans la gamme, couvrant tous les segments du marché, de la 7cv bon marché à la 11 Familiale. En haut de cette pyramide, la 15-6 (avec un 6 cylindres), et clou du spectacle, la 22 à moteur V8.

La 22 en version "familiale"
La 22 en version « familiale »

Malheureusement, cette 22 ne verra jamais le jour : Michelin, qui a racheté l’entreprise, ne veut pas de cette berline trop ostentatoire à ses yeux, et surtout difficile à mettre au point. Son V8 est issu de l’assemblage de deux 4 cylindres de la 11cv (3,8 litres de cylindrée), avec pour objectif d’atteindre les 100 ch et de battre Ford sur le terrain de la berline la plus performante du monde. En fait, le moteur n’arrivera jamais réellement à cette puissance (90 ch a priori). En octobre 1934, la 22 est présentée au Salon de Paris, en plusieurs version (berline, familiale 6 glaces, cabriolet, et un coupé qui restera au show room Citroën de la place de l’Europe).

La 22 bien entendu se distingue des 7, 11 ou 15 par de nombreux détails de carrosserie (calandre spécifique, le chiffre 8 en son centre, double pare-chocs, entourages de phare etc). Une vingtaine d’exemplaires seront construits avant l’arrêt définitif du projet. Ces 20 voitures seront toutes vendues à une clientèle fidèle et triée sur le volet.

Le livre dédié au mystère de la 22
Le livre dédié au mystère de la 22

Aujourd’hui, la 22 reste le Graal de tout citroëniste qui se respecte. Car la 22 a bel et bien totalement disparue de la circulation, et aucun des 20 exemplaires ne semble avoir survécu. Des restes, comme un enjoliveur de phare (spécifique à la 22 donc), sont pieusement conservés comme des reliques. Cette 22 est devenue tellement mythique qu’un livre lui a été entièrement consacré, « la 22, enquête sur une mystérieuse Citroën » paru aux Editions Rétroviseur en 1994.

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2 commentaires

Marc

Le 09/03/2016 à 19:39

« la Traction Avant, de 1934 à 1957, personnalisa le haut de gamme à la française » … Non, le vrai haut de gamme français de l’époque, c’était les Delage, Delahaye, Talbot, Hotchkiss, Salmson, sans parler du très haut de gamme Bugatti.

Quentin

Le 21/11/2016 à 21:53

Vrai pour l’exclusivité, mais entre les Citroën encore trop populaires et ces voitures extrêmement élitistes et très peu diffusées, le haut de gamme français c’était surtout les Renault « Stella » (Vivastella, Primastella, Nervastella, Reinastella, Suprastella) et les Grand Sports, avec leurs 6 et 8 cylindres en ligne et leurs carrosseries bien plus luxueuses que chez la Traction.

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