La Renault 8 Gordini de Francis : l’école du pilotage

Publié le vendredi 5 avril 2019.
Mis à jour le dimanche 14 juillet 2019.
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La Renault 8 n’avait rien de super sexy, a priori. Carrée, dessinée à la règle, l’avant ressemblant à l’arrière, la Renault 8 proposait une solution très classique au-dessus de la R4, avec un moteur à l’arrière (le tout nouveau “Cléon-fonte”) poursuivant en cela la tradition initiée avec la 4CV puis la Dauphine qu’elle remplace. Pourtant, deux ans après son lancement, la Régie proposait à une clientèle plus sportive une version affûtée par Gordini. Cette voiture, qu’elle soit en 1100 cc (77 ch) ou 1300 (88 ch) aura fait rêver plus d’un gamin de l’époque, dont Francis.

“J’avais 20 ans et une grand-mère généreuse, à l’occasion de mon anniversaire, m’a offert un chèque de dix mille francs qui allait me permettre d’acheter ma première voiture. Il restait à choisir le modèle. J’hésitais entre une NSU TTS, une Austin Mini Cooper S et bien entendu la Renault 8 Gordini 1300. En définitive après une longue et difficile réflexion mon choix s’est porté sur cette dernière que j’ai achetée onze mille francs”.

Le choix du sport

Francis précise son choix :

“A l’époque elle semblait la meilleure voiture à mes yeux, notamment à cause de la coupe Gordini organisée par la revue Moteurs qui me fascinait. Voir un essaim de Gordini en travers (et quelques fois sur le toit) dans le virage du Nouveau Monde sur le circuit de Rouen était un spectacle inoubliable”.

Voici donc Francis propriétaire d’une 8 Gordini : “elle m’a laissé des souvenirs formidables à une époque bénie pour l’automobile : pas de limitations de vitesse, pas de parcmètres, une essence pas chère, une grande fraternité avec les autres gordinistes. Après mon achat j’ai fait des économies pour m’offrir quelques accessoires : des jantes (Deltamics puis Gotti) un échappement (Devil puis Mignotet) et un volant (Motolita).

De l’asphalte au rallye

Posséder une Gordini, c’était en quelque sorte accéder au sport automobile à moindre frais. Avec un peu de culot et d’envie, on pouvait même se retrouver au coeur des événements comme le raconte Francis :

“Mon meilleur souvenir en Gordini le rallye de Monte Carlo 1969. Jean-Francois Piot et son coéquipier Jean Todt participaient à ce magnifique rallye au volant d’une Ford Escort Twincam et m’ont engagé en qualité d’ouvreur avec Jean-Claude Lefevre. Pour remplir cette mission nous disposions également d’une autre Escort qui malheureusement a rendu l’âme après quelques dizaines de kilomètres. Il fallut donc se rabattre sur ma fidèle Gordini.

Encore aujourd’hui, cinquante ans plus tard, je rêve des moments passés dans les spéciales enneigées du Monte Carlo et plus particulièrement dans le Moulinon-Antraigues ou le Col du Turini. Les murs de neige et le brouillard rendaient la conduite dantesque. Jean-François Piot et Jean Todt ont gagné leur catégorie (groupe 2) et ont fini quatrième au général derrière deux Porsche 911 S (Waldegard et Larrousse) et une Alpine A110 (Vinatier, qui avait d’ailleurs effectué les essais de la R8 Gord’ avant son lancement).

Francis conclut son histoire avec la “8” :

J’ai parcouru environ 60 000 kilomètres avec ma GORDINI sans le moindre incident mécanique. C’est une voiture qui m’a procuré beaucoup de plaisir et que je regrette énormément. Lorsque le moment est venu de m’en séparer en 1970 mon choix s’est évidemment porté sur une Alpine, avec le même moteur, mais j’ai changé de couleur pour jeter mon dévolu sur le jaune. Un choix de connaisseur.

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