Spyker : tumultueuse histoire d’une jeune marque hollandaise

Dimanche 9 mars 2014
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La marque hollandaise Spyker n’a que 15 ans d’existence mais déjà une histoire tumultueuse qu’il convenait de brièvement raconter. Moteur !

Spyker est créée en 1999 par Victor Muller, qui a fait fortune dans la mode avec McGregor Fashion Group (http://www.mcgregor.fr), et Maarten de Bruijn, un ingénieur hollandais qui quittera la société en 2005. La marque se lance avec les C8 Spyder et C8 Laviolette, dotée de V8 d’origine Audi de 4,2 litres et 400 ch. Bon an mal an, Spyker s’impose petit à petit sur le marché difficile et concurrentiel des automobiles sportives de luxe. En 2004, pour financer sa croissance, Spyker s’introduit en bourse sur le marché d’Euronext Amsterdam.

La C8 Spyder, le premier modèle de la marque (image Wikipedia)
La C8 Spyder, le premier modèle de la marque (image Wikipedia)

Plusieurs modèles suivront, dont la C12 La Turbie en 2006, dotée d’un W12 Volkswagen de plus de 500 ch, ainsi qu’une version Zagato (la C12 Zagato). Cette année là, Spyker commet la même erreur que certains petits constructeurs avant lui (Venturi par exemple) en rachetant Midlands F1 Racing qui devient Spyker F1. Cet engagement coûte extrêmement cher, pour des résultats très faibles et l’écurie est revendue en 2007 au fondateur indien de la compagnie aérienne Kingfisher airlines, et deviendra Force India.

La fantastique C12 La Turbie et son W12
La fantastique C12 La Turbie et son W12

En décembre 2009, la marque annonce que sa production sera désormais assurée par l’entreprise CPP, à Coventry en Angleterre. Elle débutera réellement en février 2010. Entre temps, Victor Muller se met en tête de racheter Saab, qu’il tentera de relancer entre 2010 et 2012, date de sa faillite et de la revente des actifs à NEVS (lire aussi: Saab 9-5 NG), délaissant totalement la marque hollandaise qui végète.

La Saab 9-5 avec laquelle Victor Muller tenta de relancer Saab
La Saab 9-5 avec laquelle Victor Muller tenta de relancer Saab

En février 2011, le sulfureux Vladimir Antonov, propriétaire de CPP, annonce le rachat de Spyker. Mais la vente capote (sans doute parce qu’Antonov n’a plus un sou vaillant , qu’il est accusé de liens avec la mafia russe et que CPP fait faillite). En septembre 2011, c’est l’annonce d’une vente à un fond d’investissement américain, North Street Capital. Mais là encore, la vente capote.

En Août 2012, c’est le chinois Youngman, celui là même qui tenta de s’allier à Muller pour sauver Saab, qui annonce investir 10 millions d’euros pour prendre 29 % du capital et pour créer deux joint-ventures, Spyker P2P BV (dont Youngman détient 75 % et Spyker 25 %)) pour produire un SUV de luxe, sans doute dérivé du concept D12 Paris to Peking (le D8?), et Spyker Phoenix BV (dont Youngman détient 80 % et Spyker 20 %) qui produira une gamme de véhicules haut de gamme utilisant la plate-forme Phoenix développée pour Saab et dont Spyker a gardé les droits : vous suivez ?

le D8, dérivé du concept D12 Peking to Paris, que Youngman semble vouloir produire
le D8, dérivé du concept D12 Peking to Paris, que Youngman semble vouloir produire

Mais ces deux sociétés (dont rien n’est encore sorti à ce jour) ne sont pas Spyker, qui ne produit plus aujourd’hui que la C8 Aileron, et espère pouvoir produire la B6 Venator. Présentée l’année dernière en coupé ou Spyder, elle n’a pas encore de motorisation officielle (on sait juste qu’il s’agira d’un V6), et surtout la marque n’a pas d’argent pour lancer la production. A la manière du financement participatif en vogue sur le net (mymajorcompany, ullule), Spyker recherche des investisseurs grâce à des « Spyker Venator Bonds » (comprenez des obligations Spyker Venator), à 100 000 £, et présenté comme un investissement sur 4 ans. Le but est de réussir à lever 20 millions de livres (24 millions d’euros environ).

La future Spyker, la B6 Venator
La future Spyker, la B6 Venator

La B6 Venator est une jolie voiture, mais l’oeil aiguisé de journalistes ou d’internautes n’ont pas manqué de voir une parenté évidente entre la B6 et feue l’Artega GT, dessinée par Henrik Fisker. Artega a fait faillite l’année dernière. Spyker aurait-il racheté les droits et l’outillage ? Possible.

[EDIT] Mise à jour du 02/12/2014

On apprend aujourd’hui par l’intermédiaire de Reuters que Spyker déposait le bilan, à court de trésorerie et désormais SDF (sans domicile fixe) après avoir été sommé de quitter ses propres locaux pour arriérés de loyers (125 000 euros). Il semblerait que la Venator et l’appel aux contributeurs n’aient pas permis à Victor Muller de redresser la barre. Il faut dire qu’après l’épisode F1 (qui comme chacun sait coûte un bras sans rapporter un kopeck quand on a pas les moyens de ses amibtions), après avoir eu les yeux plus gros que le ventre avec Saab, et après avoir fricoté avec le trouble russe Antonov, l’avenir semblait mal engagé. Affaire à suivre

A lire: Le Figaro: Spyker dépose le bilan

http://www.spykercars.com/

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