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Lamborghini Miura Roadster : unique et légendaire

Publié le mardi 16 avril 2019.
Mis à jour le vendredi 6 septembre 2019.
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La rivalité entre Ferruccio Lamborghini et Enzo Ferrari est désormais légendaire. Outré d’être “snobé” par le constructeur de Maranello, le producteur de tracteurs de Sant’agata près de Bologne décide de faire mieux et lance sa propre marque. Après des débuts prometteurs, il frappe un grand coup en 1966 avec la Miura, chef d’oeuvre dessiné par Gandini alors chez Bertone. Elle n’aura pourtant jamais de version targa ou cabriolet. Jamais ? Pas tout à fait puisqu’en janvier 1968, au salon de Bruxelles, Bertone présente une Miura Roadster qui restera unique.

Lorsque la Miura est présentée au public, c’est la sidération : la ligne est unique et la puissance évocatrice tandis qu’elle inaugure le moteur en position centrale arrière, une hérésie pour Enzo Ferrari. Il voit cependant tout de suite le danger et réagit illico. En 1968, la 365 GTB/4 officieusement surnommée Daytona tente de défendre le concept de moteur à l’avant : “les chevaux sont faits pour tirer la charrette, pas pour la pousser” ose-t-il. Il se laisse pourtant déjà convaincre à la même époque par l’intermédiaire de son autre marque, Dino, mais il laisse encore croire à l’époque à deux philosophies différentes.

La Lamborghini Miura Roadster en 1968.

Bertone décapsule la Miura

Est-ce pour maintenir l’intérêt pour la Miura ou pour allumer un contre-feu ? Toujours est-il qu’en janvier 1968, Bertone présente au salon de Bruxelles une Miura dans une version Roadster. Une chose est sûre en tout cas : Lamborghini n’a jamais pensé proposer à sa clientèle une version découvrable ou targa de sa “supercar”. La Miura Roadster n’est qu’un show-car, ne possédant ni vitres, ni toit. Elle est en outre largement modifiée par rapport à une Miura normale : c’est tout l’arrière qui change subtilement, laissant le moteur V12 de 350 chevaux apparent, offrant deux prises d’air un légèrement modifiées au niveau du pilier B et récupérant des feux et un spoiler arrière différents.

Malgré cela, la Miura est immédiatement identifiable et ce roadster connaît un succès immédiat. Celui-ci est encore plus grand à Genève un peu plus tard, mais dès le départ, les problèmes de rigidité ont empêché l’idée d’une quelconque industrialisation. La Miura Roadster retourne donc à la réserve dès la fin de l’année, après avoir fait le show un peu partout en Europe.

La Miura Roadster dans sa configuration Zn75 ILZRO

Une nouvelle vie pour le Roadster

En 1969, l’histoire de la Miura Roadster va prendre un nouveau tournant. L’organisation américaine ILZRO (International Lead Zinc Organisation) décide de racheter le prototype pour en faire un démonstrateur des applications du plomb (lead) et du zinc. En collaboration avec Bertone et Lamborghini, la voiture est transformée, recevant du plomb, du zinc ou un alliage des deux, partout où cela était possible jusqu’aux carburateurs, au prix d’une sévère prise de poids.

 

Renommée Zn75, la voiture perd sa teinte originale bleue pour une peinture verte et un intérieur en cuir marron remplace l’originale sellerie blanche. Dès lors, la Miura Roadster va parcourir le monde pour vanter les matériaux dont elle est désormais dotée. Après une dizaine d’années d’exhibition, elle est cédée à l’un des cadres d’ILZRO puis subit le parcours classique d’un véhicule de collection, passant de mains en mains jusqu’aux années 2000 où un propriétaire passionné décide de remettre la voiture dans son état d’origine.

En 2008, la Miura Roadster retrouve sa combinaison d’origine.

Retour à l’origine

Le chantier est titanesque, car il faut la remettre dans son état d’origine et la débarrasser de ses ajouts plomb/zinc. Elle retrouve notamment sa couleur d’origine légèrement pailletée, tout comme sa sellerie blanche et sa moquette rouge. En tout 300 000 dollars sont dépensés tandis que tous les ajouts ILZRO sont conservés pour une éventuelle remise. La voiture est alors présentée à Peeble Beach en 2008.

Présentée sur le stand de Kindston à Rétromobile en 2019, elle a aujourd’hui trouvé un nouveau propriétaire passionné et fortuné. Il existe aussi une Miura SVJ Spider réalisé à l’initiative de l’importateur suisse de Lamborghini et présentée au salon de Genève 1981, mais seule la Miura Roadster peut se targuer d’une production “officielle”.

Caractéristiques techniques

CLASSIC

Lamborghini Miura

1966 - 1973

Motorisation

Motorisation V12 à 60°
Cylindrée 3 929 cc
Alimentation 4 carburateurs triple corps Weber
Puissance 350 ch à 7 000 trs/min
Couple 38,5 Mkg à 5 000 trs/min

Dimensions

Longueur 4 370 mm
Largeur 1 760 mm
Hauteur 1 050 mm
Poids à vide 985 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 5 rapports

Performance

Vitesse max 280 km/h
0-100 km/h 6,7 s
Production 764 ex (tous modèles confondus)

Tarif

Cote 2018 (LVA) à partir de 900 000 euros

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