Lancia A112 : la mini de Saab

Dimanche 9 novembre 2014
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Pour comprendre comment le très suédois Saab s’est retrouvé impliqué dans le projet Tipo 4 qui donnera naissance à 4 grandes berlines qui auront marqué les années 80 (Lancia Thema, Fiat Croma, Alfa Romeo 164 et Saab 9000), il faut rembobiner le film et bien comprendre le contexte. Avec le recul, on pourrait presque regretter que Saab et Fiat n’aient pas convolés en juste noce, laissant l’ogre GM croquer la marque scandinave pour la tuer à petit feu.

Bref, pour comprendre les liens de Fiat et Saab, il faut réfléchir autrement qu’industriellement. Si chacun connaît l’omniprésence de la famille Agnelli au capital du constructeur italien, peu savent que Saab, avant de devenir la filiale d’un yankee, appartenait elle aussi à une grande famille, les Wallenberg. Quand on a de l’argent, l’Europe est un petit terrain de jeu. Il devient facile de faire ses courses à Milan, de danser à Paris, d’étudier à Londres et de se détendre à Stockholm.

Au petit jeu du bottin mondain, les relations amicales peuvent se transformer en alliance de circonstance, en coups de main et renvois d’ascenseur. Ces petits arrangements entre amis permirent à Saab de disposer d’une gamme à moindre frais : la 99 puis la 900 ont confirmé la montée en gamme de Saab, mais la marque ne dispose plus de véhicules populaires au catalogue.

C’est donc entre gens du même monde qu’on fait ses courses. Saab distribuera dans son réseau à partir de 1978 l’A112 d’Autobianchi, une filiale de Fiat. Contairement à la Saab-Lancia 600, vendue à 2000 exemplaires entre 1980 et 1981 (lire aussi: Saab 600), l’A112 ne sera pas badgée Saab mais Lancia, et elle faisait partie du catalogue Saab comme un modèle à part entière.

Je n’ai pas réussi à savoir combien d’A112 furent vendus par le réseau Saab, mais ce qui est sûr c’est que cet accord de 1978 (A112 et Lancia Delta) donna naissance à celui de 1979, le projet Tipo 4. En 1989, lorsque la famille Wallemberg cherchait à vendre 50 % du capital, Fiat venait d’absorber Alfa Romeo et Maserati et n’avait plus les moyens. C’est GM qui sauta sur l’occasion ! La fin des sociétés automobiles familiales ? A ce jour, ne reste plus que BMW (famille Qandt) Peugeot (dans une moindre mesure, la famille venant d’être diluée avec l’entrée de l’Etat et de Dongfeng), Fiat (famille Agnelli qui subit elle aussi une dilution avec la fusion avec Chrysler) et par extension Tata (propriétaire de Tata Auto en Inde, Jaguar et Land Rover). C’en est désormais fini des accords entre amis sur un coin de table entre dessert et café dans un club prisé !

PS : je suis preneur de tout info sur les spécificités de cette A112 du grand nord, et particulièrement de photos !

PS (bis): Merci à Fred Euvrard pour la meilleure photo de l’article !

 

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1 commentaire

Jean-Louis Claes

Le 15/02/2017 à 23:52

D’accord avec toi Paul quand tu parles de l’ogre GM qui a sans pitié jeté Saab aux oubliettes. Mais de là à regretter que Fiat n’ait pas acquis Saab, c’est aller un peu vite en besogne. Puis-je te rappeler que Fiat n’a pas été plus tendre envers … Autobianchi que GM envers la marque suédoise ?

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