Lancia Beta Coupé Hi-Fi : série spéciale rustine pour gogos anglais

Jeudi 23 mars 2017
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Voilà une petite histoire rigolote, celle d’une série spéciale cache misère, sorte d’opération suicide pour tenter de rattraper une situation déjà catastrophique, qui fit un bide en son temps mais qui lui donne le droit aujourd’hui de figurer en bonne place au Panthéon des voitures very very Boîtier Rouge, j’ai nommé la Lancia Beta Coupé Hi-Fi.

Remontons le passé, à une époque ou Lancia croyait encore pouvoir conquérir l’Angleterre avec sa Beta. Lancée en 1972, la gamme Beta s’est vite déclinée en différentes versions, berline, Trevi, coupé, HPE (sorte de break de chasse) et Monte Carlo (qui prendra le nom de Scorpion aux USA, lire aussi : Lancia Scorpion). Sur le papier, la Beta a tout pour plaire, et Lancia va donc en construire des versions à conduite à droite pour le marché anglais mais aussi japonais.

Enthousiastes, les italiens se voient déjà vendre des coupés Beta comme des petits pains à ces anglais fanatiques de voitures. En 1979, la filiale anglaise va donc commander (et se faire livrer) un sacré paquet de bagnoles, mais faute de ventes, se retrouve avec 300 exemplaires sur les bras, et finit par stocker ces coupés à l’air libre, dans un champs, en espérant trouver le client. Deux ans plus tard, pas un exemplaire n’a été vendu, et Lancia va chercher une solution pour se débarrasser de ces fameux coupés.

Pour expliquer ces méventes, il faut préciser que Lancia se tape une réputation pas très reluisante : ses voitures ont tendance à rouiller à peine sorties de l’usine. La rumeur court qu’elles sont fabriquées avec de l’acier soviétique de mauvaise qualité, résultante supposée d’un deal de Fiat avec les russes après la construction de l’usine de Togliatti (lire aussi : l’histoire de Togliatti). Si cela n’est qu’une rumeur, qui n’a jamais été confirmée, la réalité est indéniable : les Lancia sont biodégradables.

Une Hi-Fi pose dans la cour de Tickford aux côtés d’une Toyota Sunchaser (un targa fabriqué par l’anglais à 12 exemplaires sur la base d’une Celica)

Pour se sortir de cette fâcheuse situation, les génies de chez Lancia vont demander de l’aide à la toute jeune filiale d’Aston Martin, Tickford. L’idée : donner du sex appeal à ces 300 voitures avant qu’elles ne deviennent des épaves. Et sur ce coup là, Tickford ne va pas se fouler : une couleur unique dite red wine (je n’invente rien), des bandes latérales en-veux-tu-en-voilà, un spoiler avant noir, un becquet arrière encore plus gros, un toit-ouvrant, des jantes peintes en noir, des pneus Pirelli P6 (un reste de stock sans doute) et, clou du spectacle, un système-audio haute fidélité, de marque Voxson (une marque australienne) avec un égaliseur et 4 hauts parleurs ! Bim ! Sous le capot, le classique 2 litres de 119 ch.

Dénommée Hi-Fi (décidément, on a de grandes idées chez Lancia UK), cette Beta « rustine » ne séduira pas vraiment les foules. D’une part, certains modèles transformés par Tickford étaient déjà rouillés, mais surtout, les raisons de cette série limitée furent rapidement connues du public, qui n’avait pas vraiment envie d’acheter une voiture déjà vieille de 2 ans, et possiblement abîmée par une si longue attente. En outre, la réputation de Lancia n’était toujours pas plus reluisante en 1981 qu’en 1979 : même cause, mêmes effets. Le nombre réel de voitures transformées et vendues est inconnu. La vérité c’est qu’au plus 150 véhicules furent des Hi-Fi (et encore, c’est sans doute large comme estimation), et ces Beta Coupé sont désormais ultra-rares puisqu’auto-destructibles. Pourtant, il y en a un exemplaire actuellement en vente en Angleterre pour la modique somme de 2500 £ ! Vous laisserez-vous tenter ?

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12 commentaires

Quentin R.

Le 23/03/2017 à 19:07

Encore une sacrée trouvaille que tu nous as faite là!!!

Docteur Oliv

Le 23/03/2017 à 19:10

Les gens de chez Tickford ont même travaillé sur la Capri III, ceci dit tu ne mentionne pas la Volumex qui est quand même bien particulière.
PS : Je voudrais pas te mettre trop la pression mais j’attends le « Papier » avec impatience

Eddy123

Le 23/03/2017 à 20:34

Incroyable cette histoire. … félicitation…

Gerald

Le 23/03/2017 à 20:43

Aaah la Beta, une ligne splendide (sauf dans cette version Jakie, un must de mauvais goût), un moteur au top, mais pour le reste…Une finition indigente, une électricité fantaisiste, et une rouille galopante, surtout autour de la baie du pare-brise, bref à moins de tomber sur un modèle flambant, ou d’être un virtuose de la carrosserie, il vaut mieux passer son chemin.
Dommage, c’est un très beau coupé, pratique et fonctionnel, avec un Lampredi increvable et une tenue de route bluffante…Avec en plus cette sensation de rouler vraiment différent…
Ça y est je suis entrain de regretter ma Beta !

Laurent BUNNIK

Le 23/03/2017 à 21:12

En France, les Beta Turini vendues en France en 1981 / 1982 proviennent aussi d’un stock d’invendus (André Chardonnet évoque la question dans son livre) mais les équipements supplémentaires seront limités à des appendices aérodynamiques et quelques strippings. On a aussi prétendu à l’époque que celles-ci avaient aussi été stockées pendant des mois en plein air… En tout cas elles ont mieux survécu car on en trouve encore actuellement en circulation.

Cgentil

Le 24/03/2017 à 00:09

Un peu déçu pour une fois par cette remarquable histoire, pratiquement copiée mots pour mots d’un site anglais…

Paul

Le 24/03/2017 à 00:34

Difficile de trouver des informations sur cette voiture anglaise autrement qu’en Angleterre… Cela dit, si vous lisez les 4 ou 5 sites qui en parlent, vous saurez donc qu’il ne s’agit pas, loin de là, du copié-collé dont vous parlez… 😉

Franck Kegelart

Le 24/03/2017 à 00:46

Concernant l’acier de mauvaise qualité, il y a 2 autres hypothèses : la première est que les italiennes de l’époque étaient fabriquées avec de la tôle recyclée provenant de vieux navires – les Italiens étaient à l’époque les spécialistes du démantèlement de ces derniers… – et l’autre est que les conflits sociaux dans la Péninsule entraînaient le stockage à l’air libre, pendant des périodes assez longues des bobines de fil de fer ; la vérité, c’est sans doute un peu des 3…

Automotiveandlifestyle.com

Le 24/03/2017 à 07:21

Top histoire .

pipom

Le 26/03/2017 à 14:29

Et moi qui vient d’acheter un Lancia Beta Coupé 1600 de 1976 . . .

Cristian

Le 27/03/2017 à 10:16

Bravo !
Il est une voiture magnifique!

Paul

Le 12/06/2017 à 17:18

Oui, ce fut une voiture très en avance sur son temps (biodégradable…) mais je connais nombre de modèle de marques réputées outre Rhin des mêmes années qui ont triste mine…Pour le reste: une conception très rationnelle et efficace. Il suffit de lire les essais du coupé en 1984 donc bien longtemps après la mise sur le marché, la Beta restait encore dans le peloton de tête.
La fiabilité est bien là également. Comme vous l’avez sans doute deviné je roule en Beta ( coupé de 1976, d’ailleurs peu d ‘exemplaires restent encore en circulation de ces années là). En efficacité, il y avait aussi la Gamma avec un compromis confort, tenue de route encore meilleur et je sais de quoi je parle…

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