Lancia Delta HF Intégrale : puissance nostalgique

Mardi 23 avril 2019
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La proposition d’une nouvelle Lancia Delta HF “Futurista” par Eugenio Amos en est la preuve : le style de la Delta HF dans sa version Intégrale est une réussite qui résiste parfaitement au temps qui passe. Le dessin d’origine signé Giugiaro s’accommode fort bien du “body building” au point de paraître plus réussi, ce qui est assez rare pour le souligner. Look ravageur, moteurs puissants, transmission intégrale et aura sportive font de la Lancia Delta HF Intégrale un Graal pour tout amateur d’automobiles.

Depuis 1979, Lancia occupe une place de choix sur le marché des compactes grâce à sa Delta. Engagée en sport automobile, la marque italienne n’hésite pas à décliner la Delta en une version sportive en 1983 sous le nom de Delta HF. Avec son 1 600 gavé par un turbo, elle propose 130 chevaux mais reste une traction. Dès 1985, elle gagne 10 chevaux et une décoration plus exclusive.

La Delta passe à l’intégrale

En 1986, les choses deviennent plus sérieuses : depuis un an, la Delta S4 a remplacé la 037 sur les pistes du Championnat du Monde des Rallyes et comme ses concurrentes, elle dispose d’une transmission intégrale. Lancia décide donc de reprendre cette transmission pour l’intégrer à la Delta HF qui devient alors 4WD. Son moteur passe alors à 2 litres et la puissance grimpe à 165 chevaux : de quoi satisfaire les plus sportifs. Sa ligne reste cependant assez proche de la HF Turbo. 5 298 amateurs se laissent tenter sur la seule année de production, un succès qui laisse entrevoir à Lancia le potentiel d’une version encore plus radicale.

En 1987 apparaît donc la Delta HF Intégrale. La ligne est adroitement retravaillée pour lui donner plus de muscles et la distinguer du reste de la gamme. Le 2 litres gagne encore quelques chevaux pour atteindre 185, un chiffre conséquent à cette époque, surtout pour une compacte. Cependant, une telle voiture coûte forcément plus chère, et pour l’écouler, il faut aussi gagner en compétition. Cela tombe bien car en cette année 87, la Delta survole le Championnat du Monde des Rallyes et s’empare des titres constructeur et pilote. Un doublé qui durera jusqu’en 1991 car en 1992, Lancia ne réussit qu’à glaner le titre constructeur, après 6 années de domination en Rallye.

La Delta se décline

Voilà de quoi entretenir le mythe pour trois décennies et sans doute plus encore. Du côté de la série, on hausse le ton en 1989 avec une nouvelle évolution de la Delta HF Intégrale. Le 2 litres gagne encore quelques chevaux pour passer à 200 grâce à 16 soupapes au lieu de 8, mais histoire de compliquer l’affaire, il existe des “fausses” 16v : il s’agit en fait de versions catalysées destinées aux marchés allemand et suisse qui conservent le moteur 8v et ne développe que 180 chevaux.

En 1991, la cavalerie devient encore plus folle pour une voiture de ce gabarit : la Lancia Delta HF Intégrale Evolution passe à 210 chevaux tandis que le kit carrosserie lui donne encore plus de hanches et de fesses. Malgré l’ancienneté du modèle, les ventes se maintiennent pour les Intégrales qui conservent chaque année leur lot de fidèles. Là encore, il existe deux versions, à 16 soupapes ou à 8 soupapes catalysée “Intégrale Kat” (qui plafonne toujours à 180 chevaux).

La fin d’une légende

En juin 1993, la saga Intégrale continue : avec l’Evolution 2, Lancia propose maintenant 215 chevaux. Malgré l’aura du modèle, la demande décline et l’arrivée prochaine d’une deuxième génération de Delta annonce la fin d’une légende. Pourtant, Maggiora, le carrossier qui désormais produit les Intégrale pour le compte de Lancia, propose à la maison mère une Intégrale “Viola”, une sorte d’Evo 3 plus exclusive et plus luxueuse pour prolonger la vie du modèle aux côtés de la nouvelle Delta, une proposition malheureusement déclinée : pour Fiat, les choses sont désormais claires, à Alfa Romeo le sport et à Lancia le “premium”. Fin 1994, les dernières Intégrales tombent des chaînes.

Lors des dernières années de carrière de son Intégrale, Lancia aura multiplié les séries spéciales pour maintenir l’intérêt et susciter les envies de collections des amateurs du genre. Dès la fin 1991, une série “Martini 5” produite à 400 exemplaires est lancée. En mai 1992, 15 unités de la Club Italia sont réservées à l’Italie puis, en juillet, sort la WRC Verde York. Suivront la Giallo Ferrari, Martini 6, Giallo Ginestra, Club HF, Lancia Club, Blue Lagos, WRC Verde York 2 (réservée à la France), Dealer’s collection et enfin Edizione Finale, ouf ! Chacune de ces éditions spéciales sont devenues le Graal pour les collectionneurs aujourd’hui.

De la HF 4WD à l’Evo 2 et toutes ses séries spéciales, 44 296 exemplaires trouveront preneurs (dont 3 176 en France). Il existe aussi deux exemplaires spéciaux et uniques : une version cabriolet pour Gianni Agnelli et une version blindée destinée au patron de Pirelli. Autant dire qu’il y a du choix dans la famille Intégrale pour qui chercherait la perle rare. Certes, la cote a décollé depuis bien des années et les séries spéciales sont particulièrement prisées, mais une telle voiture le mérite bien tant elle propage bonne humeur et nostalgie, en plus d’une efficacité et une explosivité bluffantes.

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1 commentaire

Troisetdeuxquatre

Le 23/04/2019 à 13:19

Comme tu le dis molto bene, Paul, c’est le Graal… hélas donc, inaccessible pour bon nombre d’entre nous, qui avons rêvé devant la HF dans notre enfance où le rallye berçait nos fantasmes de pilotes en herbe… Les côtes sont très élevées et hors d’atteinte pour beaucoup. Mais l’admiration continue et tant mieux !
En tant que rêve de gosse, elle passe pour moi devant la 911, qui pourtant est aussi une légende, encore vivante aujourd’hui, contrairement à la marque à la lance.
A se demander pourquoi Alfa-Roméo s’est vue attribuer la sportivité du groupe au détriment de Lancia, avec un palmarès pareil. Eternelle question aussi que celle-ci…

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