Lancia Fulvia Sport : le coupé signé Zagato

Lundi 10 juillet 2017
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L’Italie est un pays magique pour tout amateur d’automobiles originales, de séries spéciales et de carrosseries spécifiques, particulièrement dans les années 60, époque où l’on dérivait à tour de bras sur la base de sages berlines. Après avoir lancé la berline Fulvia en 1963, Lancia présentait ainsi sa déclinaison coupé début 1965, puis, à la fin de cette même année, un autre modèle sur base Fulvia, la fameuse Sport Zagato.

L’époque était aux balbutiements du marketing et de la rationalisation de la production. Si un secteur semblait prometteur, on pouvait se permettre de tenter l’aventure, notamment grâce à des partenaires extérieurs capables de produire en plus petite série, laissant les grosses usines des marques automobiles gérer la production de masse. Dès lors, et jusqu’aux années 90, les « carrossiers » comme on les appelait tentèrent à chaque modèle de proposer leur vision du marché, espérant remporter un contrat juteux de fabrication.

Malgré l’élégance du coupé Fulvia, il lui manquait ce semblant de sportivité qui pouvait faire la différence (et bénéficier à l’ensemble de la gamme). C’est ainsi que Zagato se penchait sur un dérivé « Sport », plus râblé, strict deux places, à hayon et grand coffre, à l’aérodynamique étudié, et surtout plus légère.

La ligne est pour le moins étrange, comme souvent avec Zagato. Ercole Spada, alors designer chez le carrossier milanais, avait tenté de rendre plus agressive cette version sport, avec une calandre « pointue » entourant des phares carrés un capot bombé et un arrière plongeant. Il faut l’avouer, ce n’est pas de prime abord un prix de beauté, mais en restant un peu plus longtemps devant les images, elle finit par prendre tout son sens, exprimant la puissance beaucoup plus que les Fulvia Coupés.

En 1965, la vraie nouveauté de la Fulvia Sport, c’était surtout l’utilisation d’aluminium pour la carrosserie, permettant d’alléger sensiblement la voiture par rapport au coupé (915 contre 950 kg). Moins haute, plus aérodynamique, elle gagnait en performance tout en utilisant le même V4 1216 cm3 de 80 chevaux. Seuls 202 exemplaires seront produits dans cette configuration, le moteur évoluant dès février 1967, passant à 1,3 litres et 87 chevaux. A partir de la 710ème Sport produite, adieu le « tout alu », la carrosserie revenant à l’acier (seuls les portes et capot moteur restant en alu).

En novembre 1968, le moteur devenait 1.3S, et gagnait quelques chevaux, passant à 90 canassons. Trois petits bourrins bienvenus car bientôt, la Sport allait encore prendre de l’embonpoint. L’aluminium coûte cher, même réduit à la portion congrue. En septembre 1970 est lancée la seconde série qui passe au « tout acier » (et qui se distingue par l’ajout d’une petite banquette arrière, transformant la Sport en 2+2 théorique). Il faut dire que la Sport coûtait un bras avec son aluminium.

En 1971, sans doute pour compenser la prise de poids, la Sport recevait le 1600 qui équipait le coupé HF, disposant enfin d’une vraie cavalerie avec 115 chevaux. Cependant, c’était le dernier coup d’esbroufe, la Sport s’éclipsant en 1972. Au total, 202 modèles en 1.2, 1518 en 1.3, et 1898 en 1.3S, la première série se vendit en tout à 3618 exemplaires. Avec 2600 modèles en 1.3S, et 800 en 1.6, la seconde série s’écoula à 3400 exemplaires, pour un total d’un peu plus de 7000 Sport. Difficile de parler d’un réel succès.

En 1968, Zagato tenta le coup de proposer une version Spider, dont il fit réaliser un exemplaire. Le refus catégorique de Lancia fut sans appel : la Sport avait déjà du mal à se vendre, pas besoin de s’encombrer d’un dérivé à la production forcément confidentielle. Cela ne découragea pas Zagato, qui tenta de la faire produire en Espagne. Mais la menace de la perte du contrat Lancia l’en dissuada. Il n’y aura donc jamais de Fulvia Sport Spider. Dommage ? Pas sûr, car une fois débarrassée de son toit, la Sport perdait son équilibre.

Reste une bagnole assez attachante, par sa ligne étrange certes, mais aussi par sa tenue de route (celle de la berline était déjà pas mal hein!) et sa relative rareté. Bon, elle vous coûtera un certain prix (deux fois plus qu’un coupé dont l’élégance pourrait vous faire de l’oeil), mais il s’agit d’une vraie Lancia, d’une référence des tractions de l’époque. Et puis elle est signée Zagato !

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10 commentaires

Greg

Le 10/07/2017 à 16:11

Dire qu’il y’en a une qui « traînait », il y’a quelques années, sur le parking de l’Inter Hôtel de Millau!
Elle m’a fait de l’œil, celle là!
Si mes souvenirs sont bons, elle disposait le la banquette arrière propre aux caisses tout acier.
Italie + tout acier + Millau = mauvais karma!

L’une des concurrentes de l’époque n’était autre que l’Alfa Roméo Giulia qui eu droit, elle aussi, à sa variante Zagato, la Junior!
Admirez le paradoxe: coupé Bertone et carrosserie Zagato…

De nos jours, je regrette encore que Fiat n’ait pas donné suite à l’exquise proposition d’une Fiat 500 Coupé Zagato (Google est votre ami 😉 )qui reprenait peu ou prou les mêmes recettes: toit abaissé, custode fuyant vers le ciel dans un ample mouvement.
Sans doute que l’équation économique était impossible à résoudre.

Germain

Le 10/07/2017 à 22:15

Cette fulvia sport, j’en ai croisé une il y a moins de deux semaines sur le cour de Vincennes en direction du périph, quand on la voit en vrai elle est plus jolie qu’en photo

J2M

Le 10/07/2017 à 23:14

Revigorante lecture, en parallèle de celle du spécial salon de l’AJ. Une Lancia avec son V4 à la sonorité et au brio inimitables, en parallèles, me dis-je, des alignements de trois et de quatres cylindres diesels, hybridés, downsizés et turbotés.
Charme et fantaisie, pourquoi avez-vous déserté ce qui nous passionne ?

Voos

Le 11/07/2017 à 09:02

J’en ai une (série 2)…et je l’adore8

Franck Kegelart

Le 12/07/2017 à 00:47

Bonsoir Paul, en sais-tu plus sur cette tentative de fabrication du Spider en Espagne ? Tout renseignement serait le bienvenu pour moi ! Merci d’avance.

Paul

Le 12/07/2017 à 00:52

pour en savoir plus, tu peux aller sur Gazoline, mais il faut payer pour avoir l’intégralité… comme je me refuse à cela surtout pour ne pas être tenté de pomper, je n’en sais pas plus, pour l’instant, je te file le lien: http://gazoline.net/article2.php?id_article=1514 A toi de voir si cela vaut le coup !

François-Xavier

Le 12/07/2017 à 10:48

L’avant est, certes, un peu torturé, mais sa ligne de trois-quart arrière est vraiment une réussite. Et l’ouverture partielle du coffre destinée à ventiler l’habitacle (corrigez-moi si je me trompe) lui donne un supplément de charme !

Antoine

Le 12/07/2017 à 12:35

La Fulvia Zagato est tout de même bien plus sage et commerciale que sa soeur Flavia Zagato avec ses vitres qui remontaient sur le toit.
Le gain de poids revendiqué au début avec la carrosserie aluminium était finalement assez faible en regard du surcoût. Ensuite l’évolution caisse acier et ouvrants en alu était la même que celle des coupés Rallyes et HF « standard ».
La Zagato avait surtout une vitesse de pointe supérieure car elle utilisait un rapport de pont plus long… qui du coup faisait perdre un peu en accélération.
Finalement elle n’a jamais eu de vélléités sportives mais se voulait originale et un peu plus luxueuse (vitres électriques notamment…).
Comparée à l’Alfa Zagato Junior, elle s’est effectivement beaucoup plus vendue et souffre du même syndrome de comparaison esthétique qu’avec sa version de série plutôt plus réussie.
La lunette arrière peut effectivement être entrouverte en roulant pour ventiler le (tout) petit habitacle.
Zagato devait avoir un très bon contrat avec Lancia pour que Fiat n’ait pas mis fin dès 1970 à la production de ce coûteux dérivé. Les Fulvia / Flavia étaient des épines dans le pied de Fiat car très onéreuses à fabriquer, chers à la vente et pas assez rentables.
Il suffit de voir la différence entre les 2 séries de Fulvia pour comprendre la notion de réduction de coûts de production à la façon Fiat…
Des autos pleines de charme, à la technologie raffinée, construites avec soin et à la conduite suprenante… même en berline : le chant du V4 et le train avant sont magiques.

Gérald

Le 12/07/2017 à 22:32

De mémoire, les phares plutôt oblongues que carrés 😉 sont empruntés à notre renault 12 nationale.

Thierry ZUNINO

Le 14/11/2018 à 13:48

Pour avoir eu un très bel exemplaire de Fulvia Zagato série « 1 1/2 » de 1971, toutes ont reçu une banquette arrière (certainement jamais « une stricte 2 places »)

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