Lancia Thema 8.32 : Cuore Rosso

Publié le mercredi 5 mars 2014.
Mis à jour le mardi 20 août 2019.
Retour

La production automobile des années 80 recèle des perles bien cachées, souvent méconnues, et qui méritent qu’on s’y intéresse aujourd’hui. C’est le cas de la Lancia Thema 8.32 qui cache sous sa robe discrète un cœur rouge Ferrari.

La Lancia Thema est le fruit d’une coopération entre Fiat, Lancia, Alfa Romeo et Saab. La plateforme type 4 donnera naissance, outre la Thema (qui existait aussi en limousine), à la Fiat Croma, l’Alfa Romeo 164 et à la Saab 9000. On peut remarquer l’air de famille de chacun de ces modèles à l’encadrement des portes identiques (sauf sur l’Alfa Romeo, arrivée plus tard sur le projet). Présentée en 1984, la Thema est disponible en berline et en break, et proposa tout au long de sa carrière de nombreux moteurs : des 4 cylindres essence ou diesel, mais aussi deux V6 (le 2,8 PRV développant 150 ch et le 3 litres Alfa Romeo de 175 ch). Haut de gamme chez Lancia, la Thema est une honnête berline, bien dessinée, élégante, sobre et discrète.

Pourtant en 1986 est présenté un étonnant projet : la 8.32, une dénomination ésotérique pour désigner la spécificité de cette nouvelle Thema. Le 8 correspond au nombre de cylindres, et le 32 le nombre de soupapes. Car sous le capot se cache un V8 Ferrari dégonflé (celui de la 308 GTS et de la Ferrari Mondial) qui développe 215 ch, puis 205 ch pour la version catalysée. Il existe donc bien une berline Ferrari (même si elle n’eut jamais le droit de porter ce nom) qui ne soit pas une commande spéciale venue du sultanat de Brunei (lire aussi : Ferrari 456 GT Venice). D’ailleurs bien des modèles roulant encore désormais arborent un cheval cabré çà ou là (souvent l’écusson de course Ferrari jaune collé sur les flancs de l’auto).

En 1990, la 8.32 coûte 360 000 francs. A titre de comparaison, la Renault 25 V6 Turbo Baccara, à la puissance identique (205 chevaux), est vendue 270 000 F. Les deux cylindres supplémentaires et le prestige Ferrari se paient donc 90 000 F. Cet écart de prix explique peut-être le relatif échec de ce modèle : 2 370 exemplaires pour la 1ère série (1986-1988) et 1 601 exemplaires de la deuxième série (1989-1992).

Enzo Ferrari roulait en 8.32 (quand Agnelli s’offrait l’unique break « officiel »), et pour celui qui désirait rouler en Ferrari en famille, la 8.32 était un choix intéressant. Ronce de noyer, cuir Poltona Frau et alcantara, un équipement complet pour l’époque : cette Thema était et reste un vrai salon roulant.

Aujourd’hui, il est possible de trouver une Lancia Thema 8.32 à des prix raisonnables, ce qui tout à coup devient une bonne affaire pour un moteur Ferrari. Attention cependant aux coûts d’entretien, à la spécificité de certaines pièces, à la fiabilité aléatoire et surtout à la gloutonnerie du V8.

Dans le même genre, lire aussi: Opel Omega Lotus

Articles associés

7 commentaires

Eric

Le 14/04/2015 à 16:51

bonjour,

Généralement pas d’accent à Romeo 😉

Paul

Le 14/04/2015 à 17:01

Exact, généralement je ne fais pas cette faute, mais je viens de m’apercevoir qu’il y a eu quelques accents intempestifs sur Romeo dans les premiers articles… Bravo pour le coup d’oeil 😉

Eric

Le 14/04/2015 à 18:58

20 ans que je roule en Alfa ça laisse des traces ^^

Paul

Le 14/04/2015 à 19:41

ça c’est sûr 😉

mad

Le 09/06/2015 à 08:15

Ce moteur Ferrari séduira par sa sonorité envoutante mais pas d’illusion sur les performances : il est totalement bridé. Rappelons que plus de 200ch sur une traction de l’époque c’était déjà un exploit. Cette Lancia est séduisante : une mécanique incroyable, une finition somptueuse, une voiture totalement exclusive. Un vrai collector ! Mais attention, l’entretien moteur coûte un bras (distribution par exemple) et si vous roulez peu (ou pas), le prix du kilomètre deviendra rapidement astronomique et surtout pas en rapport avec la cote de la voiture… Ne pensez pas faire un bon investissement ! Mais, si la passion n’a pas de prix à vos yeux, elle est faire pour vous.

bg

Le 19/06/2015 à 16:17

Contrairement à la légende, l’entretien moteur de la 8.32 ne coûte pas « un bras », ni deux d’ailleurs. Comme sur toutes les Ferrari à V8 transversal, la distribution est assez facile à faire ( seuls les galets tendeurs sont difficiles à dénicher).

Oscar

Le 29/06/2015 à 21:27

Vous oubliez de parler de l’accessoire ultime, l’aileron escamotable depuis un des leviers du poste de conduite. J’ai eu la chnce de conduire en conduire accompagnee la thema 16V turbo maternelle il y a plus de 20 ans, que de bons souvenir, mais effaces par la 8.32 de mon oncle sur les petites routes bretonnes

Laisser un commentaire