Le Concours d’élégance : une tradition très française

Publié le jeudi 27 juin 2019.
Retour

Cocorico : les concours d’élégance trouvent leurs origines en France, et ce bien avant l’apparition de l’automobile. D’ailleurs, même à l’étranger, on les appelle “Concours d’elegance” (sans accent en anglais) un peu partout dans le monde. Paradoxalement, les concours d’élégance automobile ont perdu de leur superbe en France pendant quelques années, laissant le prestige et la notoriété à la Villa d’Este en Italie ou Pebble Beach aux Etats-Unis. Heureusement, le concept revient à la mode dans l’Hexagone avec notamment celui de Chantilly sous le nom d’Arts et Elégance Richard Mille.

L’élégance associée au moyen de transport hippomobile était l’apanage de la noblesse et de la haute société depuis le XVIIème siècle, mais c’est véritablement au cours du XIXème siècle que le phénomène prit de l’ampleur. Calèche, landau, cabriolet, phaeton, milord ou victoria rivalisaient d’élégance vestimentaire (masculine ou féminine) et de carrosserie, notamment dans le récent Bois de Boulogne dessiné par Haussmann (et dont Zola se fait l’écho dans sa saga des Rougon-Macquart). Petit à petit, ce “m’as-tu-vu” très mondain va devenir plus organisé, devenant de réels concours d’élégance où jury et spectateurs jugeaient l’équipage sur la toilette et la carrosserie.

L’apparition de l’automobile à la fin du siècle entraîna rapidement les mêmes conséquences. Dès 1901, à Bordeaux, un premier concours d’élégance automobile lance ce qui deviendra rapidement une mode. L’automobile restait, à cette époque, le privilège d’une riche clientèle, tandis que ces concours était l’occasion pour les marques (ou les créateurs de mode) d’exister. Tout naturellement, ces événements autant mondains que publicitaires s’organisèrent dans les nouvelles stations balnéaires.

Ce fut particulièrement entre les deux guerres que se développèrent en France les concours d’élégance. Deauville, Dinard, La Baule, Arcachon, Nice, Cannes et le jardin de Bagatelle à Paris devenaient le cadre de concours réunissant les grands couturiers comme les grands carrossiers. Cet âge d’or s’explique aussi par la technique de l’époque : les constructeurs produisaient châssis et mécaniques, tandis que les carrossiers les habillaient tels des couturiers justement. La crise de 1929 se répercutera plus tard en France, entraînant le déclin des concours d’élégance… Bizarrement, le concours d’élégance de la Villa d’Este, sur les bords du lac de Côme, fut lancé en 1929 sans connaître d’interruption jusqu’à aujourd’hui.

L’après-guerre fut moins fringuant du côté français. Certes, les années 50 virent renaître les concours d’élégances dans les stations balnéaires, mais comme des attractions estivales. Les grands carrossiers disparurent les uns après les autres et les constructeurs français se spécialisèrent, suivant en cela le Plan Pons, dans les voitures populaires, ou du moins de grande série, moins propices à des concours d’élégance. En revanche, les Etats-Unis reprirent pour eux le concept, avec Pebble Beach, lancé en 1950, ou Hillsborough en 1956.

Ce n’est qu’à la fin des années 60 que les concours d’élégance revinrent en France de façon organisée, sous l’égide du Club de l’Auto. Mais à une différence près : il ne s’agissait plus d’accueillir des voitures de l’époque, mais bien des voitures anciennes, celles qui participaient à des concours d’élégance à l’époque. Dès 1967, l’automobile ancienne fut donc célébrée à l’ancienne, et l’initiative du Club de l’Auto fit des émules, au point de voir aujourd’hui se multiplier les concours d’élégance, obligeant la FFVE à statuer sur un règlement. De grandes marques s’y intéressèrent à nouveau, comme Dior lors du Paris-Granville, ou comme Richard Mille, une marque de montres, lors du récent Chantilly Arts et Elégance, relancé par Peter Auto avec l’ambition de remettre le concours d’élégance à la française à la hauteur de Pebble Beach ou de la Villa d’Este.

Contrat rempli puisque ce concours d’élégance réussit non seulement à réunir un grand nombre de participants, mais aussi à faire venir 9 grands constructeurs avec leurs concept-cars ou leurs supercars : BMW, Aston Martin, Honda, McLaren, Bugatti, DS, Lexus, Renault et Volkswagen seront donc présents pour le plaisir des spectateurs.

Articles associés

Soyez le premier à commenter cet article

Aucun commentaire

Laisser un commentaire