Fisker : le fiasco électrique

Publié le mercredi 5 mars 2014.
Mis à jour le mardi 20 août 2019.
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Henrik Fisker est danois, et on le connaît d’abord pour ses talents de designer. On lui doit la BMW Z8, l’Aston Martin V8 ou la DB9, ce qui n’est pas rien. Avec un tel pedigree, on peut déjà mourir tranquille. Mais pas ce bon Henrik qui se lance dans la construction automobile. Avant d’en arriver à l’électrique, Fisker est d’abord passé par la case « coachbuilder », installé sur la côte ouest des Etats Unis. En 2005, il lance la Latigo, basée sur une BMW M6, et la Tramonto, basée elle sur une Mercedes SL55 AMG. Initialement prévues pour être produites à 150 exemplaires, on ne sait pas combien furent réellement produites (sûrement une poignée d’exemplaires).

La Latigo (en haut) et la Tramonto (en bas)

Fisker est un homme prolixe, dessine l’Artega GT, et participe au design de la Tesla S. Converti à l’électrique, il transforme sa société en Fisker Automotive et propose une voiture électrique, la Karma, en 2008. Cette berline à la ligne spectaculaire a séduit jusqu’à Leonardo diCaprio et reçu succès d’estime. Un modèle plus petit, l’Atlantic, était même prévu. Mais outre le coût (100 000 dollars minimum), la concurrence sérieuse de Tesla, Fisker joue aussi de malchance. Son fournisseur de batterie A123 Systems fait faillite et le laisse dans l’impossibilité de se retourner (c’est du moins la version officielle). Sans batterie, la production stoppe et Fisker doit se mettre sous la protection de la loi américaine sur les faillite. Fisker est aussi étranglé par sa dette, notamment auprès du trésor américain, qui l’a largement subventionné (comme tous les constructeurs américains) lors de la crise des subprimes.

La Karma (en haut) et l’Atlantic (en bas)

En février 2014, Fisker est racheté par l’entreprise chinoise Wanxiang qui (tiens tiens) a racheté A123 Systems. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. L’inénarrable Bob Lutz (ancien patron de Chrysler), créé avec un associé VL Automotive, et lance la Destino, qui n’est autre que la Karma munie d’un moteur thermique, un V8 de Corvette… Pour la modique somme de 100 000 dollars (en plus du coût de la Karma d’origine).

Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme.

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1 commentaire

Paul

Le 05/03/2014 à 00:26

Je précise que la Karma n’est pas une 100% électrique contrairement à la Tesla S, avec un moteur 2 litres turbo de 260 ch, et deux moteurs électriques de 204 ch au total.

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