Lexus GS 300 (S140) : la suite logique

Publié le lundi 27 janvier 2020.
Mis à jour le mardi 28 janvier 2020.
Retour

Après avoir bousculé le monde de l’industrie “premium” (un terme qui n’existait pourtant pas à l’époque) avec la LS400, Lexus passait à la seconde phase de son plan avec le berline GS. Si la LS concurrençait la Série 7 de BMW ou la Classe S de Mercedes, la GS, elle, devait s’attaquer aux Série 5 et Classe E, un cran en dessous, mais aux volumes de ventes plus importants : une voiture stratégique, donc, qui remplira discrètement, mais sûrement, sa tâche aux États-Unis sans que la mayonnaise ne prenne en Europe.


Depuis 1989 et le lancement de la LS400, Lexus applique les recettes du luxe à l’international pour contrecarrer les allemandes, BMW et Mercedes (déjà quasi hégémoniques), ou bien encore Jaguar. Si sur l’archipel, ces voitures haut de gamme conservent le label Toyota (Celsior pour la LS400, Soarer pour la SC300/400, et Camry pour l’ES200/300), ailleurs, elles récupèrent le blason oval au L central avec pour cible principale le marché américain, réputé plus ouvert et pragmatique que le marché européen.


Lexus élargit sa gamme

La LS400, vaisseau amiral de la marque, s’inspirait ouvertement de Mercedes, sorte de Classe S W126 modernisée. Pour sa petite soeur, Lexus opte pour un compromis : un designer italien, Giorgetto Giugiaro, mais un style un peu anglais. Le génial styliste n’alla pas chercher bien loin l’inspiration : récupérant son concept-car Kensington, refusé par Jaguar, il va le “remodeler” pour accoucher d’une GS (Aristo chez Toyota) très consensuelle et tout en rondeur (d’aucuns diront même mollesse). C’est là d’ailleurs le génie de Lexus en ce début des années 90 : ne pas brusquer la clientèle, récupérer tous les codes du premium, et avancer sans fanfares en jouant surtout sur l’excellence de ses produits malgré l’évidente absence d’âme. Une démarche parfaitement adaptée à l’Amérique pragmatique de ces années-là, beaucoup moins à l’Europe.


La nouvelle voiture est présentée en octobre 1991 (sous le nom de Toyota Aristo) avant de débouler à l’exportation en 1993 dans ses versions Lexus (la marque était aussi diffusée au Japon, mais dans un réseau spécifique). Au Japon, elle dispose d’une offre moteur plus large : 6 cylindres en ligne atmosphérique de 3 litres et 227 chevaux, ou bien biturbo (et 275 chevaux, voire même une version V8 de 4 litres et 249 chevaux (moteur que l’on retrouve sur la LS400 et la SC400). À l’export, seul le 3 litres atmo est proposé. En octobre 1991, l’ES, une Camry traction (la GS est une propulsion), est restylée pour compléter la gamme et offrir un large choix à chaque niveau de gamme. En moins de 4 ans, la marque Lexus propose 4 modèles à la clientèle internationale avec un point commun : une fiabilité et une qualité de fabrication de très haut niveau.


Qualité, fiabilité et discrétion… trop peut-être ?

À l’intérieur, la GS joue la carte du luxe à l’anglaise, la chaleur en moins, avec force cuir et ronce de noyer. Elle embarque aussi la technologie de l’époque : sièges électriques, système audio performant (avec chargeur 12 CD), contrôle de traction ou airbags. Un véritable salon roulant ! Malgré ses qualités, la Lexus GS300 n’arrivera pas à décoller. Si en Europe, Lexus fait de la figuration depuis son lancement, aux États-Unis, les Japonais espèrent percer autant qu’avec la LS400. Pourtant, rien n’y fait : la GS300 S140 n’arrive pas à dépasser les 20 000 ventes annuelles (son record sera de 19 164 exemplaires en 1993, première année de commercialisation).


Une carrière très discrète

On peut expliquer cet insuccès de plusieurs manières : une concurrence européenne renouvelée depuis le lancement de la LS400, un succès toujours bien présent pour sa soeur aînée finalement plus attrayante au pays des grandes voitures (et plus valorisante car plus connue du grand public), un tarif sans cesse révisé à la hausse à cause d’un taux de change défavorable et sûrement un design certes réussi, mais trop fade, sans personnalité. Mais là où d’autres auraient abandonné, Lexus a persévéré. Dès 1997, un nouveau modèle prend la relève (S160) avec un look à nouveau typé Mercedes, cible désignée. En 2005, la S190 apporte encore plus de maturité et s’impose dans la gamme. En 2011, la L10 affirme un peu plus son style pour aboutir, en 2015, avec la sortie d’un restylage agressif et d’une version délirante, à la GS-F.


Aujourd’hui, la GS de première génération est à redécouvrir : fiabilité, puissance, luxe et style so 90’s, autant d’arguments, d’autant qu’elle ne coûte pas vraiment cher. Mais encore faut-il en trouver une : il faudra élargir sa recherche à l’Europe entière. On trouve plus facilement des LS400 ou bien des GS S190, mais ce petit “je ne sais quoi” de Giugiaro me plaît bien avec la S140. Quoi qu’il en soit, elle fait partie de ces voitures qui, même 25 ans après, restent compétitives alors pourquoi s’en priver ?

Articles associés

Soyez le premier à commenter cet article

Aucun commentaire

Laisser un commentaire