Lexus LC 500h : concept car polyvalent

Jeudi 7 décembre 2017
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Cette année aura été assez sympathique du point de vue des modèles essayés. On aura pu rouler plus d’une semaine en McLaren 570GT (lire aussi : McLaren 570GT), faire partie des rares essayeurs de la Ford GT (lire aussi : Ford GT), s’offrir quelques tours de circuit en AMG GTR (lire aussi : AMG GTR), pour ne parler que des voitures de sport. Et en cette fin d’année, Lexus nous aura permis d’approcher une drôle de bestiole, la LC 500h.

Depuis sa présentation en 2016, ce grand coupé orienté GT (et non « supercar ») m’intrigue. Issue du concept LF-LC de 2012, et censée prendre la suite de la défunte SC dont la carrière s’était arrêtée en 2010, la LC 500 et sa version hybride 500h semblent venir d’une autre planète, plus sportive, plus acérée, par rapport à sa bourgeoise ascendance. La SC était un coupé cabriolet taillé pour l’Amérique, tandis que la LC semble plus proche du Grand Tourisme tel qu’on le conçoit en Europe. C’est en prenant le volant de la version hybride LC 500h que j’ai compris la filiation.

En fait, à bien y réfléchir, la LC propose deux philosophie : l’une plus sportive, dans la lignée des RC F et GS F (lire aussi : Lexus GS-F et RC-F), avec son gros V8 atmo de 5 litres et 477 chevaux (LC 500), et l’autre, plus bourgeoise et proche des caractéristiques d’une SC430, avec un V6 3.5 litres de 299 ch et un moteur électrique pour une puissance cumulée de 359 ch (LC 500h) !

Si la LC 500h se rapproche philosophiquement de sa devancière SC430, elle fait cependant table rase du passé pour le reste. Parlons d’abord du style, commun aux deux LC : si en photo ou sur les salons, j’avais eu du mal à me faire un idée, la voir en vrai, dans des conditions réelles de circulation et d’environnement, et en prendre le volant, change totalement la donne. D’un coupé aux lignes excessives presque fidèles au concept-car LF-LC dans un contexte de gala, on passe à une GT impressionnante dans la vraie vie, dont on accepte mieux le dessin. Certes, il ne plaira pas à tout le monde, mais reconnaissons l’audace du designer Tadao Mori (à partir du dessin LF-LC de Edward Lee) et des décideurs de Lexus. Voilà une voiture qui ne ressemble à aucune autre, tout en conservant la tendance actuelle des Lexus « classiques ». Et franchement, la LC 500h en jette : il suffit de voir le regard curieux des automobilistes ou passants que nous croisons sur la route, surtout dans cette couleur blanche immaculée.

Son style sera donc une histoire de goût : c’est japonisant, certes, mais c’est équilibré, et le soin du détail se voit à l’extérieur comme à l’intérieur. Et surtout, c’est impressionnant : avec une longueur de 4,76 mètres, c’est déjà un beau bébé, mais son long capot avant donne l’impression d’une taille encore plus importante. A l’intérieur aussi, on se sent comme dans un petit habitacle de grand avion, sensation étrange et étonnante.

Au volant, on sent bien évidemment qu’on est dans une voiture hors-norme, mais est-ce parce que c’est une hybride, que le moteur chante moins qu’un V8 atmo, ou les deux à la fois, l’impression de sportivité s’évanouit, et l’on aurait tendance à oublier qu’elle en a sous le capot. Douce et agréable à conduire, elle n’incite pas à l’arsouille… A tort sans doute, car une fois en mode sport, elle montre une certaine agilité malgré sa taille (due à ses roues arrières directrices sur la version essayée ?), et pousse sacrément. En fait, l’esprit nous emmène parfois là où il veut : celui-ci ayant enregistré « hybride », « moins puissante » « plus bourgeoise a priori » vous donne ces sensations là, alors qu’en réalité, la LC 500h réalise le 0 à 100 en 5 secondes là où la LC 500 à moteur V8 et disposant de 100 ch de plus l’effectue en 4,7 secondes. Avec si peu d’écart, on comprend alors que la 500h cache bien son jeu, tout en offrant une consommation annoncée de 6,4 litres aux 100 contre 11,7 litres pour la 500 !

Vous me direz, la consommation, vue le tarif des deux engins (à partir de 109 000 euros pour l’une comme pour l’autre), on s’en fiche un peu. C’est vrai, mais au delà de la consommation, il y a l’aspect fiscal de la version hybride qui pourrait faire pencher la balance en sa faveur (ne serait-ce que le malus, de 1153 euros pour la 500h à 10 000 euros pour la 500 V8). Et puis il y a aussi l’aspect psychologique : rouler dans une telle voiture en ayant l’impression de ne pas (trop) polluer, ça n’a pas de prix en ces temps de lutte contre la consommation et les émissions.

Ayant déjà goûté au V8 5 litres de 477 chevaux sur les GS-F et RC-F, ma tendance naturelle m’entraînait vers la LC 500 (que je n’ai pas encore essayé je l’avoue), mais en roulant avec la LC 500h, je me suis dit qu’on tenait là un bon compromis, avec une voiture utilisable au quotidien, tant en conduite pépère qu’en conduite sportive, tout en ayant la conscience (presque) tranquille et en dépensant moins. Finalement, la LC 500h fait bien mieux que remplacer la SC430 : elle la fait oublier grâce à son style de concept car ambulant et sa polyvalence. La LC 500 quand à elle séduira les puristes, les mélomanes, mais ils sont de moins en moins nombreux et sur ce créneau, ceux-ci iront peut-être voir ailleurs, du côté d’une sportivité reconnue et souvent allemande. La LC 500 apportera au moins une boîte automatique 10 vitesses forcément plus sportive que la CV-T 4 vitesses de la LC 500h, certes remaniée pour éviter tout patinage mais inévitablement moins efficace.

Avec son intérieur soigné, Lexus fait un sans faute avec cette LC : c’est cosy, c’est luxueux, c’est d’excellente facture, et l’on voit à vue d’oeil la qualité des matériaux et de l’assemblage. Tout ici respire le luxe et la volupté, accentuant le côté bourgeois de cette LC 500h. D’une certaine manière, la ligne extérieure presque agressive est en totale opposition avec l’intérieur douillet et accueillant, ce qui permet à notre acheteur de se sentir canaille tout en restant raisonnable et confortable. C’est un choix que la tendance confirme, Lexus vendant en majorité ses LC en version hybride justement !

Photos : l’excellent Bernard Rouffignac pour Lexus

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6 commentaires

AbuShemsy

Le 07/12/2017 à 22:57

Je n’ai jamais été un grand fan du design automobile japonais, mais là j’avoue, elle m’a mis une claque !

Greg

Le 08/12/2017 à 10:59

Très belle réalisation que ce nouveau coupé Lexus.
Je ne suis absolument pas fan du style extrêmement tarabiscoté en vigueur sur toute la gamme, mais pour ce modèle d’image, un modèle « halo », il est tout à fait justifié. Et maîtrisé.
En outre elle rappelle la très confidentielle supercar LF-A… il y’a pire comme filiation!
L’intérieur est assez extraordinaire lui aussi: bref, sur le créneau et pour qui en a les moyens, Lexus livre une proposition à considérer sérieusement au moment de dégainer le carnet de chèque!
La taille du coffre en revanche laisserait un peu à désirer: embêtant pour une Grand Tourisme…

Jota

Le 08/12/2017 à 23:01

J’ai fait «le tour» d’une il y a peu et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a un design tres soigné. Pourtant pas fan du design actuel de la gamme très surchargé mais la pour le coup ça le fait. L’intérieur fait très LFA (qui je pense est une des meilleures supercar de ces 10 dernières années).

Emmanuel

Le 09/12/2017 à 13:11

Très belle boiture mais un peu chargée visuellement quand même (cette calandre et ces pièces entourant les feux…). Mais ce qui me dérange c’est le poids. Peut on parler de coupé sport quand la balance affiche 2T?

fabrice

Le 09/12/2017 à 16:54

Cher Paul….
alors comme ca le Lamborghini Urus est « surcharge et outrancier » ? ( je partage d’ailleurs ton sentiment ) et cette Lexus ne le serait pas ?
La possibilite d’essayer le vehicule aurait elle brouille ton jugement que je tiens en haute estime ?
Sincerement, si le 3/4 avant est assez reussi, le profil de la voiture me semble extrement desequilibre , les feux arrieres ET l’arriere du pavillon evoquent sans detour ceux de l’affreuse Prius de derniere generation, les prises d’air inutiles fleurissent a qui mieux mieux, quant au tableau de bord c’est « back to the eighties ». Heureusement que les magnifiques fauteuils sauvent la partie… je doute fortement que les acheteurs potentiels hesitent longtemps entre la Lexus et les reines teutonnes presentes sur le marche ( ce fut deja le cas pour les modeles precedents, a la diffusion confidentielle ). Et puisque l’on parle de design japonais ,ou est la fluidite sexy des Supra , des Rx-7, de la Ns-x ? L’inspiration « Origami » des designers Lexus etait une bonne idee au depart mais un terrible accident s’est produit en cours…
Ce n’est que mon humble avis 😉

ps : le dossier Bmw/Rover etait excellent (tout comme le droit de reponse) !

Antoine

Le 14/12/2017 à 16:21

J’en ai croisé une noire la semaine dernière et force est d’admettre qu’elle est plus belle en réalité qu’en photo. Les quelques gimmicks superflus s’effacent finalement assez bien dans les formes. L’arrière est plus discutable mais pas désagréable non plus. Bref j’ai été séduit alors qu’à priori je ne suis pas amateur des outrances stylistiques.
L’intérieur est positivement magnifique et original à mon goût surtout dans le coloris présenté ici.
.
Paul tu ne parles pas de l’agrément de cette fameuse boîte CVT qui est très critiquée par ailleurs ?
.
En parlant de mélomanes, certes le V8 atmo de la LC500 est une curiosité de nos jours et il séduira forcément les amateurs ; mais Lexus s’est aussi fait connaître dès la LS400 comme le champion incontestable des installations hi-fi en étant l’un des (le ?) premiers à signer des partenariats avec des très grands noms : Nakamichi puis Mark Levinson.
Ce ne sont pas que des griffes commerciales apposées sur des autoradios améliorés comme beaucoup le font aujourd’hui, ce sont vraiment des systèmes musicaux de grande classe et très au-dessus du lot de ce qui se prétend haut de gamme aujourd’hui.

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