Lotus Europa S et SE : Elise « de luxe » et soeur de Speedster

Publié le dimanche 29 avril 2018.
Mis à jour le vendredi 5 avril 2019.
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En 2006, Lotus est en pleine bourre… Les Elise (lire aussi : Lotus Elise) et Exige se vendent plutôt pas mal, renouant avec le succès grâce au précepte « light is right » de Colin Chapman remis au goût du jour. Adieu Esprit (lire aussi : Lotus Esprit), adieu la traction fatale et la M100 (lire aussi : Elan M100), retour aux sources (merci Romano Artioli) inspirées de la Seven d’antan (lire aussi : Lotus Seven). Pourtant, grâce à son contrat avec General Motors pour la fabrication du Speedster (lire aussi : Opel Speedster), Lotus, déjà propriété du malais Proton, réfléchit à un nouvel embourgeoisement : ce sera la Lotus Europa, deuxième du nom.

La Speedster, dérivée de l’Elise, c’était certes moins vendue que prévu. Un peu plus large, un peu plus longue, un peu plus bourgeoise, et pénalisée par des logos Opel ou Vauxhall, elle s’est avérée moins performante et moins désirable qu’une Elise plus radicale. Cependant, à Hethel, on pense qu’à défaut de refaire une Esprit disparue en 2004, on peut proposer un produit moins sportif, plus « contemplatif », sur la même base. C’est aussi l’occasion de rentabiliser les investissements consentis par GM avec la Speedster.

De fait, l’Europa nouvelle mouture, clin d’oeil à l’Europa des années 70 (mais sans le moteur de Renault 16), récupère le châssis et les trains roulant de la Speedster, mais s’offre une carrosserie plus Lotus, un sorte d’Elise allongée pas dénuée de charme (j’avoue d’ailleurs un faible pour cette ligne assez réussie avec peu de moyen et sentant parfois le bricolage). Malgré un côté bourgeois face aux radicales Elise/Exige, elle conserve un poids sous la tonne, à 995 kg.

Sous le capot (enfin, façon de parler, puisque le moteur est en position centrale arrière), on retrouve un moteur GM, et non les Toyota habituels des Elise. Au programme, un 2 litres Ecotec GM turbo, développant 200 chevaux tout juste, largement de quoi satisfaire les instincts sportifs de conducteurs du dimanche, avec un rapport poids/puissance pas si ridicule ! La prise de poids, outre la base plus lourde du Speedster, vient aussi d’un équipement presque décent par rapport à l’Elise, mais ce sera un peu son talon d’Achille : le cul entre deux chaises, pas assez sportives d’un côté, pas assez luxueuse de l’autre, pas évident de marquer sa différence.

En plus, la belle est relativement chère, sans apporter le glamour, la fureur, ou l’image de marque de certaines de ses concurrentes parfois germaniques, mais aussi internes. D’ailleurs, les ventes s’annoncent très décevantes assez rapidement. En 2008, Lotus se décide à réagir en proposant, en complément de la version Europa S de base, une version SE plus puissante, avec 225 chevaux à la clé (en gros, elle calque ses erreurs et ses évolutions sur celles de l’Opel Speedster)… Cela ne suffira pas !

L’Europa SE, destinée à relancer la carrière de l’Europa, avec ses 225 ch : elle se limitera à 48 exemplaires !

A l’origine pourtant, Proton, propriétaire de Lotus, a des ambitions pour cette nouvelle voiture. Elle devait être produite en Malaisie, et non à Hethel. Elle devait en outre offrir une version « locale » connue sous le nom de Lekir, un peu comme l’Elan M100 en Corée du Sud (lire aussi : Kia Elan). Mais il faudra vite se rendre à l’évidence : son moteur ne répondant pas aux normes USA/Canada, il fallait faire une croix sur un marché essentiel. Sa mévente en Europe était inévitable, malgré la version SE, et le marché sud-asiatique inexistant. Il y aura bien, en 2010, un prototype Lekir, mais le sort de l’Europa était déjà scellé.

La Proton Lekir, dérivée de l’Europa restée au stade de prototype

Avec seulement 456 exemplaires produits de fin 2006 à 2010, dont 48 exemplaires en version SE, l’Europa était un échec. On l’enterra donc sans tambour ni trompette, mais elle représente aujourd’hui une opportunité d’une Lotus moins chère, relativement rare, plutôt performante même en version S, et encore plus en version SE, qui vous démarquera des propriétaires de Speedster déjà plutôt originaux. Alors ? Tentés ?

 

 

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5 commentaires

Choco

Le 29/04/2018 à 15:21

Yeah Paul est rentré de vacances !

Paul

Le 29/04/2018 à 17:12

j’en avais besoin, crois moi !

Choco

Le 30/04/2018 à 10:34

J’espère qu’elles ont été bonnes 🙂
Pour en revenir à cette Lotus, un peu symbole des errements de la marque, je dois avouer que j’ai un faible pour ces modèles.

Clarus

Le 29/04/2018 à 21:36

C est bien de parler de cette rareté !
Il y a une petite faute : «La Speedster, dérivée de l’Elise, c’était certes moins vendue que prévu » (s’était)
Certains disent que Lotus avait proposé le modèle à GM, qui l’aurait refusé. Lotus A donc repris à son compte ce qui devient donc l’europa.
 

Gds

Le 30/04/2018 à 10:58

Carrément oublié ce modèle, faut dire qu’elle passait inapercu dans mon regard…

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