Maserati 3200 GT: le trait d’union !

Dimanche 7 février 2016
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La Maserati 3200 GT est une voiture charnière pour la marque au Trident. Née sous l’ère Ferrari, prémice du renouveau de Maserati, elle n’en est pas moins liée au passé, et particulièrement à la Biturbo si décriée. En exagérant un peu (mais je ne suis pas si loin de la vérité), la 3200 GT n’est rien de moins qu’une Maserati Shamal évoluée (pour son V8, lire aussi : Maserati Shamal), sur un châssis proche de celui de la Quattroporte IV (lire aussi : Maserati Quattroporte IV) à l’empattement plus long (oui oui!) permettant à ce coupé Grand Tourisme d’offrir 4 vraies places !

3200 GT 02

Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire, mais Maserati, après une période flamboyante mais désargentée dans l’escarcelle d’Alejandro de Tomaso, passe sous pavillon Ferrari au début des années 90. Dans la corbeille de la mariée, des modèles descendant de la controversée Biturbo : la Shamal et la Quattroporte donc, mais aussi la Ghibli (que personnellement j’adore : Maserati Ghibli II). L’arrivée de Ferrari va changer la donne.

3200 GT 05

La Biturbo était un modèle qui d’une certaine manière avait sauvé la marque de Modène après l’ère Citroën. Malgré un certain nombre de qualités, le coupé (puis berline, lire aussi : Maserati 430) du trident n’a jamais réussi à gagner le cœur des bien pensants : journalistes, nostalgiques, ou autre. La faute à une nouvelle stratégie (concurrencer d’une certaine manière la BMW Série 3, E21 puis E30), à un look moins spectaculaire qu’avant, à des problèmes de finition, de fiabilité et à une conduite parfois délicate (notamment sur le mouillé). Pourtant, ceux qui y ont goûté (un peu plus longtemps que quelques minutes en essai) en sont souvent tombés amoureux.

3200 GT 06

Il faudra attendre les rejetons de la lignée du début des années 90 (Ghibli et Quattroporte) pour arriver à des voitures plus homogènes et moins compliquées d’entretien ou de conduite. Surtout lorsque Ferrari offre à la Quattroporte des versions Evoluzione revues et corrigées sur des milliers de points. Pour passer à autre chose, tout en maintenant Maserati dans une logique complémentaire des Ferrari, la 3200 GT sera une arme parfaite. Fidèle à ses ancêtres Biturbo, elle se pare d’une carrosserie totalement nouvelle signée Giugiaro, et hausse la qualité à un niveau jusqu’alors jamais atteint. Adieu les lignes d’Andreani, retravaillée par Gandini, place à la modernité !

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Il suffit parfois d’une nouvelle robe pour changer une femme. C’est la même chose avec les voitures, et la 3200 GT en est l’exemple type : le moteur V8 compact issu de la Shamal (qui date de 1989) n’a rien d’un Ferrari, ni le châssis… Mais par la magie d’une nouvelle image, d’une nouvelle ligne, et notamment ses feux arrière « boomerang » (qui disparaîtront ensuite pour s’adapter à la législation américaine avec la 4200 GT), et surtout parce que Ferrari veille désormais sur la marque, les observateurs vont en chanter les louanges, eux qui pourtant n’hésitaient jamais à taper sur la Biturbo.

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Si les Biturbo « originelles » étaient dotées de V6, le V8 parue sur la Shamal est dans la même logique : compacité, rendement, et utilisation de deux turbos. Développant 325 ch en 1989, puis 335 ch dans les années 90 sur la berline, il passe sur la 3200 GT à 370 ch ! De quoi offrir de sacrés sensations sans pour autant marcher sur les plates bandes de Ferrari. Voiture de transition, la 3200 GT sera la pierre angulaire de la nouvelle expansion de Maserati : en 2002, elle deviendra Coupé (ou 4200 GT), puis sera remplacée par la Gran Turismo. A ses côtés, une nouvelle génération de Quattroporte (la V, puis la VI), et enfin une nouvelle Ghibli (la III) accompliront le rêve d’Alejandro de Tomaso : offrir une alternative luxueuse et sportive « à l’italienne » aux premiums allemands !

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La 3200 GT sera produite à 4795 exemplaires entre 1998 et 2002, soit une nette augmentation par rapport au rythme de production du début des années 90. Une version Assetto Corsa plus « épurée » sera même produite à 259 exemplaires seulement ! Aujourd’hui, la 3200 GT est entre deux eaux. Collector mais pas encore collectionnée, encore chère, mais relativement abordable étant données les performances, plus pure (et belle, mais c’est subjectif) que ses descendantes 4200 et Gran Turismo, elle permet de s’offrir une voiture moderne mais historique, parfait trait d’union entre la période de Tomaso et la période Ferrari, valorisante, et performante… Bref, une affaire sur laquelle il faudrait se pencher prochainement avant que certains s’aperçoivent tout à coup de sa valeur réelle ou fantasmée !

 

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12 commentaires

Olivier

Le 07/02/2016 à 16:42

Cette superbe voiture représente le renouveau de Maserati, grâce à Ferrari et donc, Fiat ! Comme quoi, quand on veut, on peu ! Lancia n’a pas eu cette chance…

Paul

Le 07/02/2016 à 16:51

et bientôt Alfa aussi !

wolfgang

Le 08/02/2016 à 10:04

Ferrari n’appartient plus à Fiat.
Alfa n’a pas attendu Ferrari ou Fiat pour faire de super moteurs. Entre un V6 de 406 et un V6 Alfa Arese, je vous jure qu’il y a un monde… La plupart et même en petite cylindrées étaient encore il y a peu des voitures très attachantes et qui donnaient du bonheur dès le moteur en marche.

Le pb de ce coupé Maserati, c’est qu’il est arrivé en même temps que beaucoup d’autres coupés hauts de gamme et qu’ils se ressemblent tous pas mal : Jag xke, Aston DB7… tous des grands coupés à l’américaine et plutôt à la sauce biodesign. Et comme pour les autres, on a l’impression que c’est du rebadgeage : une Aston au moteur Jag, une Jag au moteur V8 (Jag ou Ford, le mystère demeure, en tout cas les V8 n’étaient pas du tout dans la tradition de la marque hormis sur Daimler), une Maserati/Ferrari… ce genre d’alliances fait bricolage pour une marque de luxe et n’est pas tellement valorisant. En fait des 3 je pense que c’est cette Maserati qui fait le moins rebadgeage.

Greg

Le 08/02/2016 à 12:13

Les Big Three de Detroit ont racheté quand ils l’ont pu la plupart des constructeurs européens de luxe.
Ford a regroupé dans un pôle du nom de PAG son propre haut de gamme, Lincoln, avec Jaguar acquis de longue date et les dernières acquisitions Aston Martin et Volvo.
Ce qui nous a valu:
-une Jaguar S Type dérivée de la Lincoln LS.
-une Jaguar X Type cousine de la Mondeo
-une Aston Martin DB7 qui est un projet mort-né de Jaguar « F Type » (codifié X100) basé sur le vieux coupé XJ-S.
La DB7 hérite aussi d’un 6 cylindres Jaguar, tant qu’à faire, puis reçoit ensuite un V12 conçu par Cosworth, autre possession de Ford, et assemblé à Cologne, en Allemagne!
Mais le V8 Jaguar « AJ8 » est bien un moteur Jaguar, voulu et conçu à 100% par Jaguar en remplacement à la fois des 6 cylindres AJ6/AJ16 et du V12.
Ce V8 équipe à la fois la limousine XJ8 « X308 » (dérivée de la XJ6 « X300 » qui dérive elle même de la vénérable XJ40…) et le nouveau coupé XK8 qui remplace enfin la XJS… en reprenant très largement son architecture.
Une version simplifiée du V8 Jaguar, toujours produite en Grande Bretagne, propulse la Lincoln LS qui prête son soubassement à la Jaguar S Type… échange de bons procédés.
Dans l’affaire, ce sont donc les Jaguar qui ont le mieux conservé leur « héritage » et leur ADN, X Type mise à part 😉

wolfgang

Le 08/02/2016 à 15:33

Il y a un point que j’aimerais éclaircire, et tu as peut-être la réponse.

Le V12 6 litres d’Aston est-il dérivé du V12 6 L de Jag ou pas ?

Greg

Le 09/02/2016 à 08:23

Et non, le V12 apparu sur la DB7 Vantage ne dérive pas du moteur Jaguar mais du V6 Ford Duratec!
Cette famille de moteurs est conçue de façon modulaire, (comme chez VW Audi).
C’est à Cosworth qu’est revenue la tâche de faire un V12 à partir du V6 Duratec de la Mondeo.
Les V12, destinés exclusivement à Aston Martin, sont assemblés chez Ford, à Cologne…

Olivier

Le 08/02/2016 à 21:31

Je maintien, FCA (Fiat Chrysler Automobile). détient toujours 90% de Ferrari ! Pour le reste, je suis assez d’accord, même si je pense que c’est Jaguar qui a gardé le plus son ADN !

Greg

Le 08/02/2016 à 11:43

Voiture extrêmement profitable pour Maserati.
De Tomaso voulait faire « du volume » et était délibérément descendu en gamme: une Bora n’avait rien à envier à une Ferrari BB, ni une Ghibli à une 365 GTC.
Les nouvelles Biturbo se comparaient aux… BMW 323 puis 325.
Difficile par la suite d’établir les modèles dérivés parmi l’élite des supercars… le déficit d’image était trop grand.
Pour la 3200 GT changement d’approche, on repositionne le nouveau modèle dans le créneau des GT de luxe.
Le groupe ne s’est pas privé de communiquer sur la reprise en main du Trident par Ferrari, qui apportait ainsi une sorte de caution morale; enfin je ne sais pas très bien ce que ça pouvait inspirer de sérieux aux acheteurs, mais par une sorte d’effet placebo la psychothérapie a bien fonctionné.
La 3200 Gt fut très bien accueillie par la presse, qui lui reprochait un accélérateur -électronique- franchement brutal mais louait son tempérament de feu.
Quand la 4200 est arrivée, avec cette fois-ci un moteur vraiment fabriqué par Ferrari (et une transmission transaxle avec boite-pont), Maserati a convié d’anciens propriétaires de 3200 Gt aux présentations de la nouvelle.
La vraie raison en était surprenante.
Le but n’était pas tant de convaincre les fidèles de signer pour la nouvelle, que de conquérir de nouveaux clients.
En leur montrant que, oui, les Maserati 3200 GT affichaient souvent de forts kilométrages. Et que non, elles ne tombaient pas en ruine.
Faire oublier ce que l’on croyait savoir des Maserati: fiabilité calamiteuse, fragilité d’ensemble, et décote vertigineuse.
Faire savoir que ça, c’était AVANT.
Dorénavant, débourser plusieurs dizaines de milliers d’euros dans une Maserati n’était plus une dépense à fonds perdus.
Et c’est toujours vrai, l’achat d’une 3200 GT n’est pas une folie déraisonnable…

Fabrizio

Le 04/04/2016 à 23:50

Je pensais que la 3200 GT était aussi une transaxle moi…Ah bon !?

Pièces Auto

Le 09/02/2016 à 11:10

Il n’y a pas beaucoup de marques qui ont été capables de renaître comme Maserati, surtout de cette manière, avec ce super modèle ! Elle fait moins sophistiquée mais inspire plus confiance… Par contre au niveau de l’entretien, ça doit pas être tout rose…

wolfgang

Le 10/02/2016 à 09:26

Je possède une Jag.
Pour l’entretien aucun pb, on a toutes les pièces hors réseau pour que dalle. Enfin pas plus cher que pour Renault… de toute façon, les pièces sont vite indisponibles en concession. Je pense qu’ils doivent vendre les stocks à des boites spécialisées assez rapidement.
Maserati, je sais pas, mais depuis que c’est Ferrari, j’imagine que ça doit pas être cadeau.

Docteur Oliv

Le 13/07/2017 à 20:12

Où trouver les adresses Pièces JAG ?

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