Maserati Biturbo berline 4 portes : une généalogie compliquée

Lundi 20 octobre 2014
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J’avais été fort impressionné lorsqu’en 1993, en vacances en famille, une Maserati à 4 portes avait doublé en trombe la 405 paternelle (lire aussi: la 405 de mon père) sur une petite route de Toscane. Je connaissais la Biturbo bien sûr, mais je n’avais encore jamais vu de mes yeux l’un de ses dérivés 4 portes. Je fis preuve ensuite de beaucoup d’attention pendant le séjour pour repérer ces belles discrètes, très proches physiquement de leurs sœurs à deux portes, et surtout à chaque coup totalement différente de la précédente, les unes très luxueuses, les autres relativement « banales » quand on n’y prête pas attention, parfois même sales ou cabossées (ah, les charmes de l’Italie!).

Tout commence avec la 425, version 4 portes « sedan » de la Biturbo

Je suis revenu de ce séjour charmé par ce modèle, et totalement perdu dans sa gamme qui, dans la tradition « Biturbo » , se devait d’être tout sauf simple ! Désireux de vous parler de ce modèle plus en détail, je me suis replongé dans sa généalogie et j’en ai désormais mal à la tête ! Autant vous dire tout de suite, elle est pléthorique !

La 420, dans sa version Si

Mais commençons par le commencement. Lorsqu’Alejandro de Tomaso lance la Biturbo, il a dans la tête une adversaire précise : la BMW Série 3. Rompant alors avec le passé de Maserati, il s’engouffre sur ce créneau, au grand regret de beaucoup de maseratiste, mais sauvant du même coup la marque au trident. Pour rivaliser avec BMW, il fallait donc à coup sûr une berline 4 portes, afin de proposer aux familles les joies du sport automobile sur route ouverte. C’est ainsi qu’en 1983 apparaît la première Biturbo 4 portes.

Tout commence donc avec la 425, une berline qui se range, dans la gamme, en dessous de la Quattroporte III (lire aussi: Quattroporte III). Elle est plus compacte mais aussi plus sportive dans la philosophie. Elle dispose d’un V6 2,5 litres (ce qui explique son nom, mais n’allez pas croire que tout sera toujours aussi simple) de 196 chevaux, ce qui en fait une berline très performante à l’époque. Elle sera fabriquée jusqu’en 1989 (devenant 425i en 1987 grâce à l’injection) à 2372 exemplaires.

En 1985, apparaît la 420, identique à la 425 mais dotée d’un V6 2 litres de 185 chevaux répondant à la législation italienne surtaxant le moteur de cylindrée supérieure. Elle ne sera produite que deux ans, mais sera vendu à 2810 exemplaires, avant de laisser sa place à la 420i, dotée de l’injection, fin 86 et produite jusqu’en 1988 à 1124 exemplaires.

La 430 « 1ère génération »

En 1986 apparut aussi la 420S, un dérivé de la 420 encore plus sportif, avec le V6 2 litres porté à 210 chevaux, puis à 220 chevaux avec le passage à l’injection (420 Si). En tout, 254 exemplaires seront construits jusqu’en 1988. Vous suivez toujours ? Mais attendez, ce n’est pas fini puisque la gamme va continuer d’évoluer.

La 422, l’un des innombrables avatars de la Biturbo « sedan »

En 1987 est lancé le sommet de la gamme, le must du must, la 430, qui recevait le V6 2,8 litres qui venait d’être lancé sur la gamme deux portes (la 228, c’est pourtant simple), poussé à 250 chevaux (225 chevaux selon les marchés). Elle remplacera définitivement les 425i à partir de 1989. Elle deviendra la 430 4v, en recevant 4 soupapes par cylindres, et le restylage de 1991 (plus sportif, inspiré de la Shamal), et en voyant sa puissance monter à 278 chevaux ! Elle terminera sa carrière en 1994 après 972 exemplaires fabriqués (dont 291 restylées par Marcello Gandini post 91).

La 4.24v, restylée par Gandini

Mais ce n’est pas tout ! Vous ne croyiez pas si bien vous en tirer : en 1988 sera lancé la 422 pour remplacer la 420. Elle bénéficiait d’un premier restylage de Gandini, et du V6 2 litres de 220 ch, et sera fabriquée jusqu’en 1990 à 978 exemplaires. Vint ensuite la plus rare des Biturbos 4 portes, en la personne de la 4.18v, lancée en 1990. Très proche de la 422, elle était réservée au marché italien, avec un V6 à 3 soupapes par cylindre de 2 litres développant 220 chevaux. Elle sera fabriquée jusqu’en 1994 à 77 exemplaires seulement : si vous tombez sur l’une d’elle, sachez qu’il s’agit d’un collector.

la face avant de la 430 « Gandini » : les optiques sont repris de la Shamal (comme sur la 4.24v)

La même année sortait la 4.24v, produite jusqu’en 1991, et dotée du nouveau V6 à 4 soupapes par cylindres de 2 litres portée à 245 chevaux. Elle sera remplacée fin 91 par une deuxième série, bénéficiant elle aussi du restylage de Gandini. 874 exemplaires de ces deux versions (384 pour la première, 490 pour la seconde) seront produits jusqu’en 1993.

L’intérieur reste aussi kitsch qu’une Biturbo 2 portes, et donc trop de la balle

En 1994, il ne restait plus donc que la 430 4v, qui sera remplacée par la Quattroporte IV (lire aussi : Quattroporte IV), après un total de 6651 exemplaires. Bien loin des BMW E21 ou E30, adversaires désignées, mais pas si mal pour cette berline discrète, compacte, caractérielle parfois, au design intérieur un peu kitsch et pourtant si attachante.

Vous en trouverez à tous les prix, et dans tous les états, mais peut-être tomberez vous sur une bonne affaire, sachant qu’elle a les charmes et les inconvénients de ses sœurs à 2 portes. Mais si l’Italie chante à vos oreilles, si vous avez besoin de place, et si vous disposez d’un solide budget entretien, pourquoi ne pas vous laisser tenter ?

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2 commentaires

fabrice

Le 21/12/2015 à 14:12

interrieur kitsch ! je dirais plutot luxueux : un peu anglais ce qui est rare pour une italienne. Meme si perso je préfère une XJ6

Paul

Le 21/12/2015 à 14:51

Le luxe n’implique pas forcément le bon goût… et puis moi j’aime assez ce côté flamboyant des Biturbos des 80’s ! 😉

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