Maserati-Opac Spyder : né des amours d’une Shamal et d’un Spyder

Publié le lundi 3 juillet 2017.
Mis à jour le vendredi 21 décembre 2018.
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Si vous me permettez un mauvais jeu de mot, c’est une histoire assez opaque que je vais vous raconter : celle du Spyder Maserati Opac, présenté en deux temps en 1992 à au Salon de Turin, puis en 1994, toujours à Turin, avec une nouvelle configuration « hard top ». Voici son histoire grâce aux éléments que j’ai pu glaner de ci de là.

D’abord, parlons d’Opac : il ne s’agit pas ici du nom de la voiture (qui elle s’appelle bien Spyder), mais de son concepteur, l’Officina Prototipi Automobili Carrozzeria, une société née officiellement à Turin en 1986, mais dont les origines remontent aux années 70 avec la société Ocra Srl (Officina Costruziore Riparazione AutoVenture). Son activité ? Un peu de tout, prototypage automobile, production de carrosseries, réalisation de capotes et de mécanismes pour cabriolets mais aussi … pour bateaux !

la première version avait des feux arrière d’Audi 80 et une capote souple

En 1984, Maserati, la célèbre marque automobile alors sous le contrôle d’Alejandro de Tomaso, lance une version cabriolet de sa Biturbo, le Spyder (avec un y, attention, lire aussi : Maserati Spyder). La voiture est fabriquée chez Zagato à Milan. Contrairement à ce que l’on voit écrit un peu partout sur le net, Opac ne va pas fabriquer les châssis du Spyder, mais les mécanismes et les capotes (logique non?).

En 1991, malgré le restylage bienvenu par Gandini, le Spyder est en fin de vie. Forte de son expérience du prototypage, Opac se dit qu’il y a un coup à jouer en proposant sa propre vision d’un futur modèle. Sous une ligne acérée inédite, et plutôt réussie, Opac va marier deux modèles Maserati : le Spyder pour le châssis (comme son numéro de série le prouve), et la Shamal pour la mécanique (lire aussi : Maserati Shamal).

Sous le capot avant, on trouve donc le V8 3.2 qui développe 325 chevaux. Avouez que cela devient sympathique ! La première version du Spyder Opac, présenté en 1992, optait pour une capote en toile, ce qui en faisait une 2+2. On raconte que de Tomaso fit tout pour empêcher la présentation du prototype. A cette époque, il était en pleine négociation pour la revente à Fiat des 51 % qu’elle ne possédait pas dans Maserati. L’heure était au gonflage des chiffres, et surtout pas celle des nouveaux modèles. Il fallait faire durer l’existant (la Biturbo devenait Ghibli, lire aussi : Maserati Ghibli) tandis que la remplaçante de la Quattroporte se profilait (lire aussi : Maserati Quattroporte IV), mais ne surtout pas faire croire que de trop nombreux projets étaient dans les tuyaux.

Malgré cela, le Spyder d’Opac est tout de même dévoilé. Devant le succès d’estime, on songe à une petite série, et ce malgré l’opposition d’Alejandro de Tomaso. Deux ans passeront pourtant avant de revoir le modèle, toujours au salon de Turin. Repeint en bordeaux (au lieu du rouge), il a perdu ses phares arrières d’Audi 80 pour récupérer des feux ronds de Ferrari. Adieu capote souple, place à un hard-top simple à enlever, et surtout 2 vraies places à l’arrière. Grâce à des ajouts de carrosserie, on pouvait aussi transformer la bête en 2+2 (avec une petite banquette rajoutée) ou en une stricte deux places.

Le numéro de série est le même que la première version, un modèle Spyder de 1991 fabriqué à Milan chez Zagato puis transformé deux fois pas Opac. Ce modèle unique était en vente il y a peu de temps, pour un prix variant selon les années entre 85 et 95 000 euros. Il est donc tout à fait possible de s’offrir ce petit bijou, avatar non désiré de la série Biturbo.

Certains sites internets mentionnent des commandes (j’ai même lu le chiffre exorbitant de 23 exemplaires produits), ce qui semble hautement improbable puisque seul ce fameux prototype est visible sur les images, vendus en 1994 avec un numéro de châssis de 1991. Mais on ne sait jamais. Opac a continué (et continue toujours) son activité de prototypage, bossant sur des petites séries dont j’ai souvent parlé sur Boîtier Rouge : la Ferrari 456 Venice (lire aussi : 456 Venice), la Lancia Hyena (lire aussi : Hyena), les Alfa RZ et SZ (lire aussi : Alfa Romeo SZ), l’Aston Martin DB7 Zagato, l’Autech Gavia (lire aussi : Autech Stelvio et Gavia) ou bien la Jensen SV8 (lire aussi : Jensen SV8). Vous l’aurez compris, les p’tits gars de chez Opac s’entendaient bien avec ceux de Zagato !

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Photos : DR, MyCarQuest.com

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