Matra Rancho : multimarque et multifonction

Lundi 31 mars 2014
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On se construit sa culture automobile comme on peut et cela passe parfois par le cinéma. Lorsque je vit Claude Brasseur au volant de son Rancho, dans la Boum (1980), je le trouvais tout de suite séduisant (le Rancho hein!). Cette voiture ne ressemblait vraiment à rien, semblait tellement moderne, et pourtant restait accessible (on pouvait en voir facilement dans la rue). En ce début des années 80, le rallye Raid, Thierry Sabine et le Paris Dakar faisaient rêver, et le Rancho, c’était un peu d’aventure dans les rues parisiennes. Il faut bien dire qu’une fois de plus, Matra inventait des marchés, préfigurant les « crossovers » d’aujourd’hui.

L'incroyable Rancho X, cross-over avant l'heure.
L’incroyable Rancho X, cross-over avant l’heure.

Construit de 1977 à 1983 dans l’usine Matra de Romorantin, il s’appela d’abord Matra-Simca avant de devenir Matra-Talbot suite au rachat de Simca par Peugeot (lire aussi : le rachat de Chrysler Europe), mais pas de doute, il s’agit surtout d’une Matra. Philippe Guédon a l’intuition qu’il serait judicieux de compléter sa gamme jusque là dédiée aux coupés (Bagheera,puis Matra Murena) par un véhicule certes de niche mais à plus fort volume. Pressentant qu’il existait une demande pour un véhicule pratique au look de baroudeur, il lance le Rancho, inclassable à l’époque. Ce n’est pas un 4×4 pur et dur (il n’en a que le look mais reste à deux roues motrices), ce n’est pas un utilitaire (même s’il dérive de la Simca VF2), ce n’est pas vraiment une berline : c’est tout simplement le Rancho.

La Rancho n'est qu'une 3 portes, et deux roues motrices.
La Rancho n’est qu’une 3 portes, et deux roues motrices.

Le Rancho est novateur, mais n’est pourtant qu’un assemblage de pièces existantes (« le pain perdu de l’automobile » disait Philippe Guédon) : chassis et partie de carrosserie de Simca VF2, éléments de Simca 1100 Ti, moteur 1,4 litres Simca-Chrysler. Cette Matra rencontra un certain succès puisque plus de 50 000 exemplaires seront construits, en version familiale, découvrable ou commerciale.

La Simca VF2 dont est issue la Rancho: incroyable !
La Simca VF2 dont est issue la Rancho: incroyable !

Confortant sa réputation d’innovation, Matra remplacera la Rancho sur ses chaînes de Romorantin par une autre innovation inclassable à l’époque, l’Espace, commercialisées sous la marque Renault mais conçue par Matra. Sachez en tout cas qu’on peut s’offrir la voiture de Claude Brasseur à partir de 2000 euros.

Claude Brasseur et Brigitte Fossey attendant Vic dans leur Rancho.
Claude Brasseur et Brigitte Fossey attendant Vic dans leur Rancho.

Un site très bien fait sur la Rancho : Matra-Rancho

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6 commentaires

L'Ornithorynque

Le 25/01/2015 à 16:44

2 roues motrices, mais le « X » ou le « Grand Raid », je ne sais olus précisément, bénéficiait du différentiel à glissement limité, ce qu’on oublie souvent – ça m’intéressait pour … équipé la 1100. Pas de boîte 5 non plus, mais il doit être possible de la monter (1510)

Le problème du Rancho, la rouille héritée des 1100 … sinon, quel coup de fraîcheur dans la production de l’époque !

Paul

Le 25/01/2015 à 16:48

« coup de fraîcheur », c’est exactement la bonne expression pour ce Rancho 🙂

mad

Le 09/06/2015 à 08:35

On peut dire que chez Matra, ils avaient le « nez creux » ! Une entreprise visionnaire (peut-être trop…) qui proposait des concepts innovants mais totalement réalistes. Quel dommage ! Cette Rancho ferait un tabac aujourd’hui. Elle nous rappelle à quel point les années 80 seront ternes et convenues.

RobinPA

Le 08/01/2016 à 10:28

Super article comme toujours.
Cette voiture me rappelle énormément de souvenir.
Mes parents avait acheté cette voiture en 86, d’occasion, afin de pouvoir déplacer confortablement leurs 4 jeunes enfants. Elle a servi de voiture principale pendant de nombreuses années.
Après des années de services mes parents l’ont fait entièrement reprendre (notamment la rouille dévoreuse de caisse). Elle est conservée au sec et sert encore régulièrement.
Après mon permis en 99, je l’ai utilisée pendant 4 ans quotidiennement pour aller à la fac. Sa garde au sol élevée me permettait de me garer à des endroits inaccessibles aux autres bolides d’étudiants et son coffre et sa banquette arrière rabattable de dormir confortablement en cas de soirée festive à la campagne.
Je n’en garde que des bons souvenirs (ma femme aussi puisque je conduisais la Rancho quand je l’ai connue, Classe).
Si je devais investir dans une Youngtimer, je pense que je craquerais pour la Rancho.

McCloud

Le 28/08/2016 à 15:27

La Rancho c’est la métamorphose d’une petite berline terne des années 60, la 1100, en un objet-culte, fun, audacieux et plein d’autodérision, que l’on chercherait en vain dans la production actuelle française… qui manque cruellement de fantaisie. Question d’époque ?

Georges

Le 04/07/2017 à 15:04

Ado elle m’avait tapé dans l’œil cette voiture, et pas à cause comme Paul de Brigitte dans la Boum !
Elle apportait une offre à part, malgré son accès aux places arrières qui ne devait pas être si pratique, elle offrait un vrai plus.
Je me souviens des critiques pour l’absence de transmission 4×4.

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