McLaren M6 GT : première GT signée Bruce

Vendredi 2 juin 2017
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Pour la jeune génération, il semble évident que McLaren soit aussi bien une écurie de F1 qu’un constructeur de supercars, mais le nom de Bruce McLaren ne lui dit pas grand chose. Pour un quadra comme moi, le nom du fondateur résonne comme un lointain souvenir, tandis que les débuts de McLaren en tant que constructeur avec la fabuleuse F1 me semblent presque hier (lire aussi : McLaren F1). Mais dans les années 60, Bruce McLaren avait déjà l’ambition de vendre des voitures, et pas seulement de les faire courir. Pour cela, il créa la M6 GT, première McLaren de route. Malheureusement, la mort du jeune Bruce mettra un terme au projet dont voici l’histoire.

Bruce McLaren, surdoué de l’automobile

Bruce était un jeune homme talentueux, difficile de le nier. Vainqueur de son premier grand prix à 22 ans, créateur de sa propre écurie à 26, rien ne résistait à l’intrépide pilote néo-zélandais. Il fallait être sacrément culotté, même dans les années 60, pour obtenir autant en si peu de temps. En 1967 et 1969, il se paie même le luxe de remporter la CanAm lui mêm, à bord de ses propres voitures, la M6A puis la M6B (en 1968, Denny Hulme remporte la palme à bord d’une M6A, puis en 1970, tandis que Peter Revson gagne en 1971 avec une M6F)  !

La M6B, version client de la M6A, servira de base à la future M6 GT

Cette M6 (A puis B) était la voiture idéale pour franchir un nouveau cap : s’attaquer à l’endurance et au fameux Groupe 4, histoire d’aller taquiner Porsche, Ferrari ou Ford. C’était en tout cas l’ambition du jeune Bruce, décidé à griller toutes les étapes et à s’imposer dans toutes les disciplines. En 1966 déjà, Bruce avait rempoté l’épreuve mancelle, mais avec une Ford GT40 (lire aussi : Ford-Ferrari, duel au Mans). Cette fois-ci, Bruce voulait gagner les 24 heures avec sa propre voiture.

La M6 GT, qui ne sera produite qu’à 3 exemplaires

Dès 1969, Bruce et son partenaire « industriel » Trojan (qui fabrique déjà les M6B « clients ») vont plancher sur une version « endurance » de la M6. Mais le changement de réglementation imposant 50 exemplaires produits pour l’homologation va obliger McLaren à revoir ses plans. A défaut de gagner Le Mans, pourquoi ne pas gagner ses lettres de noblesse en devenant un vrai constructeur, à l’instar de Ferrari justement ? Là où d’autres auraient baissé les bras, l’ami Bruce y voit un nouveau challenge.

McLaren et Trojan vont donc changer leur fusil d’épaule en concevant la M6 GT, version routière destinée à la production du duo M6A/M6B. Au menu, le V8 Chevrolet de 5.7 litres développant 375 chevaux, un carénage plus adapté à la route en polyester, un châssis en aluminium, et un poids contenu à 725 kilos : voilà une fiche technique alléchante.

Bruce McLaren dans la seule M6 GT fabriqée dans ses propres ateliers

Un premier prototype va être construit dans les ateliers de McLaren. Cette première voiture sera ensuite la voiture personnelle de Bruce McLaren. Deux autres vont suivre, fabriquées, elles, chez Trojan. L’aventure semble prendre une excellente tournure. Pourtant, rien ne se passera comme prévu, non pas à cause de la voiture elle-même, excellente, mais à cause d’un drame, un vrai drame.

Bruce McLaren est certes un patron d’écurie, et bientôt le patron d’un véritable constructeur, mais sa passion reste la course, la vitesse, la piste. Il n’est pas du genre à rester dans son bureau : les odeurs d’huile, d’essence ou de freins lui manqueraient trop. Les sensations aussi !

Le 2 juin 1970, Bruce est à Goodwood, histoire de tester la nouvelle M8D. Dans la ligne droite de Lavant, juste avant le virage de Woodcote, le capot arrière de la McLaren se détache et s’envole… La voiture, déséquilibrée, devient folle, et Bruce ne peut éviter l’accident. La M8D vient percuter de plein fouet une baraque destinée aux commissaires de course, et le jeune patron-pilote meurt sur le coup, à 32 ans !

La brusque mort de Bruce McLaren est un choc pour l’ensemble du petit monde de la course automobile. Pour l’entreprise, ce sera la fin du projet M6 GT ! D’abord reporté, il sera ensuite définitivement enterré. Dès lors, l’écurie McLaren se concentrera sur la course, et particulièrement la Formule 1, devenant grâce à Ron Dennis la machine à gagner que l’on connaît aujourd’hui. Il faudra attendre 1994 et la sortie officielle de la F1 pour revoir une McLaren sur route ouverte. Puis, à sa retraite en 1998, il faudra à nouveau patienter jusqu’en 2011 pour voir une nouvelle voiture siglée du boomerang, la MP4-12C. Aujourd’hui, l’aventure continue.

Image: DR, McLaren Automotive

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4 commentaires

Jean Baptiste CARON

Le 02/06/2017 à 12:49

et voila on croit tout savoir et encore une découverte!

Greg

Le 02/06/2017 à 13:01

Une si belle auto ne pouvait rester sans descendance et connut donc la « gloire » (?) d’être répliquée par Manta Cars: on pouvait en voir un exemplaire dans la série Le Juge et le Pilote.
Dans le monde réel, il y’a aussi une « vraie » M6 GT qui tourne en Classic Endurance Racing, elle est propulsée par un splendide V8 Chevy Edelbrock.
A vue de nez, et compte tenu des éléments en carbone qui garnissent l’habitacle, elle ne fait sans doute pas partie des 3 exemplaires originaux!
Mais une petite re-fabrication aurait été faite bien après le décès de Bruce, faudrait que je me replonge dans mes magazines…
Et merci qui?
Merci Paul!

Choco

Le 02/06/2017 à 13:07

J’étais persuadé qu’il était anglais Bruce …
Bagnole au dessin incroyable pour moi.

MAxime

Le 08/06/2017 à 15:59

A ma connaissance, il y eu plus de M6 GT. Vu qu’il semblerait qu’il s’en est construit 10 aprés la mort de Bruce MC LAren.
J’en ai pour preuve que quand j’etais gosse il y avait des rasso à Montlhery et que j’en ai vu 4 dans la même journée.
Je pense que les 3 dont vous parlez, ne sont que les seules homologuées sur la route.

Il y eu les repliques MAnta Montage utilisée notamment dans « le Juge et le pilote » (replique de M6 gt de chez Manta appelée Coyote) mais on voyait bien la diffèrence…..

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