Mercedes 190 E 2.3-16 : révolution de palais

Samedi 11 août 2018
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La Mercedes 190 E (W201, lire aussi : Mercedes 190 E Azzurro) était en soi une petite révolution pour la marque à l’étoile qui descendait en gamme pour élargir son marché. Lancée en septembre 1982, elle proposait un style résolument moderne et pourtant totalement en phase avec la tendance stylistique. Avec la Baby-benz, Mercedes cherchait à rajeunir son image, à toucher une nouvelle clientèle, certes, mais aussi à récupérer une touche de sportivité qui lui manquait un peu. Robuste, sérieuse et luxueuse parfois (mais pas tout le temps), la marque de Stuttgart manquait de sex-appeal qu’une version ouvertement sportive pouvait apporter. En présentant au Salon de Francfort en 1983 la 190 E 2.3-16, Mercedes initiait le concept de la berline familiale sportive.

La 190 E s’encanaillait chez Cosworth avec la 2.3-16

A cette époque, Daimler-Benz savait construire des moteurs fiables, gros et coupleux, mais manquait d’expérience pour ce qui était d’un moteur sportif et rageur. Il y avait bien eu l’étonnante 450 SEL 6.9 dans les années 70 (lire aussi : Mercedes 450 SEL 6.9), mais la 190 E 2.3-16 relevait d’une autre philosophie. Et pour cela, Mercedes fit appel à un sorcier anglais dont la renommée commençait à être bien installée : Cosworth !

Le M102 passait chez Cosworh pour monter à 195 chevaux

Car si la 190 E 2.3-16 inaugurait une série de « Mercos » sportives incarnée dans les années 90 par la C36 AMG (lire aussi : Mercedes C36 AMG), l’heure n’était pas encore à la collaboration avec l’officine allemande. Et d’une certaine manière, faire appel aux anglais de Cosworth permettait de rester discret sur l’origine des modifications apportées au M102 développant à la base 136 chevaux.

Discrète et agressive, la 2.3-16 tranchait avec les 190 E « classique » tout en dynamisant la gamme

Chez le motoriste britannique, le M102 (un 4 cylindres) recevait une nouvelle culasse à 16 soupapes, une injection mécanique Bosch KE-Jetronic, un radiateur d’huile, et diverses modifications permettant d’obtenir une puissance intéressante pour l’époque de 185 chevaux (pour 1220 kg) autorisant un 230 km/h de pointe et le 0 à 100 en 7,5 secondes. Pour la transmission, Mercedes va opter pour une boîte manuelle et se fournir chez son compatriote Getrag : la boîte 5 vitesses a la particularité d’être inversée, avec la 1ère en bas. La 2.3-16 restait bien entendu une propulsion.

Malgré le style très massif typique de Mercedes, la 2.3-16 et ses quelques appendices aérodynamiques (jupes, spoilers, aileron sur le coffre) disposait d’un excellent CX de 0,32 ! Mais il est vrai que son style tendance « tuning » (certes discret) tranchait avec les production Mercedes d’alors, comme si travailler sur un nouveau marché permettait quelques excentricités. Mais quand on connaît les héritières 2.5 Evo, on ne peut s’empêcher de trouver la « 16s » relativement sobre. Et puis, c’était une époque, l’automobile en Allemagne dans les années 80 : c’est outre-Rhin qu’est né le tuning.

L’intérieur est très classique, noir et plastique, mais la sellerie est so 80’s

Outre ses 185 chevaux forts respectables à l’époque, la 2.3 pouvait se vanter d’une tenue de route particulièrement efficace pour une propulsion. Déjà la W201 avait pu bénéficier d’un gros travail d’ingénierie et d’un investissement conséquent, mais la « 16S » (nom officieux qui fleure bon les années 90) rajoutait encore un peu plus de sérieux pour profiter des canassons révélés par Cosworth. Rigoureuse et agile, la 2.3 s’avérait une excellente berline sportive. Désormais, dans les gammes des constructeurs, on allait trouver des berlines « 16 soupapes », « Turbo » ou tout simplement « sportive », discrète mais performante : 405 Mi16 chez Peugeot, BX 16 Soupapes chez Citroën (lire aussi : BX 16 soupapes), Renault 21 2 litres Turbo (lire aussi : R21 2 litres Turbo) et surtout, chez BMW, la concurrente la plus frontale, la M3 E30 (lire aussi : BMW M3 E30).

La 190 E à 16 soupapes et M102 2.3 reste sobre malgré une tendance légère au tuning à la mode à l’époque

C’est en septembre 1984 que commença la production des 2.3-16 de série. En mai de la même année, Mercedes avait organisé une couse de 2.3 avec tous les grands champions de F1 du moment : un événement qui restera dans les mémoires, avec un Ayrton Senna remonté comme une pendule (lire aussi : Senna c’est plus fort que toi). Malgré un tarif salé, et un intérieur austère (mais solide, avec sa sellerie écossaise), la 190 E 2.3-16 rencontrait son public. Produite jusqu’en juin 1988, elle s’écoulera à 19 487 exemplaires, et continue aujourd’hui de faire rêver les minots d’alors, faisant grimper sa cote.

En 1988, Mercedes fit évoluer le modèle en augmentant la cylindrée, devenant au passage la 190 E 2.5-16 et gagnant quelques chevaux : une histoire à venir bientôt sur Boîtier Rouge ainsi que ses dérivés rarissimes EVO 1 et EVO 2.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Motorisation

Moteur 4 cylindres en lignes, 16 soupapes
Cylindrée 2299 cm3
Alimentation Injection Bosch KE-Jetronic
Puissance 185 chevaux à 6200 tours / minutes
Couple 235 Nm à 4500 tours minutes

Transmission

Roues motrices Propulsion (autobloquant 32 %)
Boîte de vitesses Manuelle 5 (rarement automatique)

Freinage

Freins avant Disques ventilés (+ABS)
Freins arrières Disques pleins (+ ABS)

Roues / Pneus

Jantes 15 pouces
Pneumatiques 205-55 VR 15

Dimensions

Longueur 4420 mm
Largeur 1678 mm
Hauteur 1390 mm
Poids à vide 1220 kg

Performances

Vitesse maxi 230 km/h
Production 19487 exemplaires, 1984-1988

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20 commentaires

Salva

Le 11/08/2018 à 17:37

Elle avait un système hydraulique Citroën sur le train arrière il me semble…
Bof bof… Ça ne vallait pas une Quattro Ur

Philippe T.

Le 11/08/2018 à 17:53

Quand une austère berline devient un petit avion de chasse. Étant jeune à l’époque je trouvais pourtant son style un poil ringard, conjugué à l’intérieur avec son éternel volant immense. Bien entendu aujourd’hui je la considère d’un autre oeuil !

Philippe

Le 11/08/2018 à 20:44

Mercedes aurait inventé le concept de berline familiale sportive ??
Sir William doit s’en retourner dans sa tombe, la Jaguar Mk1 3.4L date de 1957 et ce fut ensuite le tour de la Mk2 de 1959 à 1968 fin de vie de la 340 !

Germain

Le 11/08/2018 à 20:56

Pour moi la 190 est l’une des Mercedes les plus intéressante de l’histoire et le nombre de beaux exemplaires encore en circulation est la preuve de leur qualité.
La 2,3 16s est la seule vraie sportive de la marque depuis la 300 SL originelle dans le sens où elle est agile et équilibrée là où les AMG qui ont suivie sont certes puissantes mais pataudes.
Perso je craquerais plutôt pour une 190E 2,6 avec le 6 cylindres en BA et full option.
Sinon j’espère un article sur le cabriolet W124.

Yoann

Le 12/08/2018 à 02:36

Je rappelle que le nom de la W201 est plutôt « 190 » que « 190 E », le « E » signifiant qu’il s’agissait d’une 190 avec un moteur essence à injection (M102 ou M103). Il y a eu des 190 « tout court » (carburateur) et des 190 D (diesel).

Bertrand

Le 12/08/2018 à 03:45

La seule Mercedes que j’aie aimé : La 190, pour le reste…suis pas fan des Mercos

Virginie

Le 12/08/2018 à 07:17

Je suis plutôt fan des nouvelles Mercedes

Jérôme

Le 12/08/2018 à 13:46

« Mercedes initiait le concept de berline familiale sportive «  ?????
Il faudrait plutôt lire : « Mercedes se mettait enfin au concept de berline familiale sportive inventé par Alfa Romeo en 1950, plus de 30 ans avant la sortie de la 190 »

Mike

Le 13/08/2018 à 19:34

Mercedes a plutôt popularisé ce concept de 《berline sportive》 pcq BMW, Peugeot, etc. ont suivi après.

Philippe

Le 13/08/2018 à 19:43

Juste lancé par Jaguar en 1957 avec un 3.4l de 160cv DIN dans la Mk1 puis Mk2 3.8! 180cv DIN environ en 1959 (210 et 220 CV SAE).
Certains pensent à l’alfa 1900 mais un ton en dessous avec 90cv des 1953. Pour les compactes vitaminées en dehors des Jaguar je ne vois pas. Juste derrière la Mercedes l’Alfa 75v6 de 188cv et la M3 de 185cv.

Jérôme

Le 15/08/2018 à 18:25

La berline familiale sportive c’est Alfa et pas Jaguar. Les Anglaises sont pleines de qualités mais ce n’est certainement pas la sportivité qui les caractérise : longues, lourdes, peu agiles et mauvaises freineuses ce sont de grosses berlines puissantes mais pas sportives.
Contrairement aux Italiennes dont le rapport poids/puissance et les qualités dynamiques caractérisent la sportivité.
D’ailleurs quand BMW a repris le concept dans les années 70, c’est Alfa qui a servi de modèle pas Jaguar

Choco

Le 13/08/2018 à 11:04

Le doux parfum des 80″s …

Mike

Le 13/08/2018 à 19:44

Un ami à ma fac en avait une… Les rapports de la boîte de vitesse étaient inversées : les vitesses impaires en bas et les vitesses paires en haut. Et le « E » signifie « Einspritzung » : injection en allemand.

Philippe

Le 14/08/2018 à 01:57

Le E des 220SE et 300SE signifiait déjà Einspritzung. Idem pour les Opel Commodore GS/E etc..

Wolfgang

Le 14/08/2018 à 00:30

Vers 1985 la 190 c’était super. Ligne bien plus moderne que les autres Mercedes et plus jolie que la w124.
C’était très attirant et ça faisait pas du tout bas de gamme.

Philippe

Le 14/08/2018 à 01:53

L’arrière était réservé aux moins de 12 ans, un coupé 2+2 avec 4 portes en quelque sorte.

Yoann

Le 18/08/2018 à 23:51

N’exagerons rien, pour avoir encore une 190 à la maison, ce n’est pas si petit que ça derrière, même pour les versions « 4 places » !

Gougoul

Le 25/08/2018 à 17:42

J ai appris le drift avec cette voiture… cultissime… la tenue de route est vraiment legere en regard de la puissance…

Hillarant

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