Mercedes-Benz Auto 2000 : le futur, c’était hier

Publié le jeudi 10 août 2017.
Mis à jour le mardi 6 août 2019.
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En 1981, j’avais 6 ans. J’en étais encore à regarder les compteurs dans la rue, par la vitres avant : « ouah, elle roule à 220 » pensais-je benoîtement ! En 1981, je ne savais même pas ce qu’était l’IAA de Francfort, pour moi, le seul salon qui existait, c’était le Mondial de l’Auto à Paris. En 1981, je comparais l’incomparable grâce au jeu d’atout (lire aussi : Top Ass, le jeu d’atout de mon enfance) et très franchement, malgré la crise pétrolière de 1979, j’étais très loin des considérations environnementales et des questions d’économies de carburant. Mon père, lui, commençait à trouver que le litre de Super s’envolait un peu trop, et Mercedes imaginait l’automobile économique du futur : l’Auto 2000. En 2000 pensais-je, j’aurai 25 ans, et je trouvais ça vachement vieux !

En 2017, j’ai 42 ans. Je me trouve finalement assez jeune, et je redécouvre certaines voitures passées hors de mon radar 36 ans plus tôt. L’Auto 2000 est moche, certes, mais elle est intéressante. Si je l’avais vue à l’époque, j’aurai sans doute aimé, parce qu’elle faisait statutaire et moderne. Et puis, si on y pense, elle inventait le concept de shooting brake à 5 portes, comme la marque à l’étoile semble le redécouvrir aujourd’hui.

L’Auto 2000 de Mercedes semble désuète aujourd’hui : elle avait pourtant tous les traits des Mercedes « modernes » des années 80 et du début des années 90. Un air de W126 mais un poil futuriste (lire aussi : Mercedes Classe S W126); un arrière bizarroïde ni break ni hayon ! Un truc bizarre quoi !

Mine de rien, 3 bagnoles furent construites. Toutes avec la même ligne, cherchant l’aérodynamisme pour réduire la consommation, mais avec des moteurs différents. La première, la plus conservatrice, s’offrait un V8 essence. Mais ce moulin pouvait, pour économiser le carburant, ne marcher que sur 4 cylindres s’il le fallait ! Avec ses 3.8 litres, il procurait « seulement » 150 ch.

La deuxième, quand à elle, passait au Diesel. Au menu, un L6 biturbo de 3.3 litres de cylindrée, et 150 chevaux aussi. Bon, rappelez-vous, les deux champions de la technologie de Rudolf à l’époque, c’était Peugeot et Mercedes, un choix logique donc, pour un 7,5 litres au 100 à 120 km/h. Pas mal, avouons le.

La troisième s’équipait d’une solution beaucoup plus novatrice : une turbine à gaz ! Difficile d’en avoir les caractéristiques techniques, malheureusement. Une solution qui ne restera pourtant pas dans les annales malgré sa compacité, et son couple impressionnant au démarrage.

In fine, l’Auto 2000 restera dans les placards, même si son design inspirera Mercedes pour les voitures qui suivront, notamment la Classe E ou la S W140 (lire aussi : Mercedes Classe S W140). La désactivation des cylindres arrivera bien chez certains constructeurs, et le concept de « shooting brake » sur base berline reviendra dans les années 2010, mais pour le reste, point de turbine, et finalement, la solution « écologique » du moment semble être l’électricité.

Pas grave, cela donne un concept rigolo, dont un seul exemplaire (équipé du moteur Diesel) subsiste au Mercedes Museum. Quand aux deux autres, que sont-ils devenus ? Mystère !

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15 commentaires

gérard morel

Le 10/08/2017 à 17:32

c’est toujours avec une grande tendresse que je lis des phrases comme « en 1981, j’avais 6 ans »….
Moi, j’avais 40 ans, et j’en aurais des choses à raconter, en matière d’automobiles , avec mes 3 millions de kms parcourus au volant de 72 voitures dont certaines emblématiques , de sport, rares,qui valent trés chères aujourd’hui..
Et je suis toujours , ou presque, intéressé par les articles de « B.R. »
continuez…
amicalement

Gérald

Le 10/08/2017 à 19:08

Par curiosité avec quelle voiture roulez vous désormais après avoir usé autant de modèles ?

gérard morel

Le 11/08/2017 à 13:52

aujourd’hui, j’ai un coupé 407 V6 HDI, deux yougtimers : une superbe XM V6 24S cuir, une R25 V6 Bacarra et une polo pour nos déplacements locaux

Gérald

Le 11/08/2017 à 15:37

Une collection de V6 français inédites et un brin chauvine ! 😉
Il manque une 605 pour parfaire le trio des grandes routières de l’époque !

gérard morel

Le 11/08/2017 à 23:37

oui, vous avez raison !!!! C’est ce que mon gendre m’a dit..Mais la 605 a moins – et aura- moins de valeur en collection..MAis j’y pense parfois, une belle 605 cuir V6 ne me déplairait pas !
Pour vous rassurer, je vais vendre le coupé , les deux portes ( lourdes) ne sont pas pratiques, je ne peux pas emmener des personnes âgées et pas souples pour se mettre à l’AR, et, même si il est plutôt confortable, ça ne vaut pas une berline..Donc, on vient d’acheter une BMW 323 i de 2000 avec 111000 kms d’origine, ça semble vrai, nous en prendrons livraison dans une semaine…
Et puis ce coupé se transforme régulièrement en arbre de Noël, le tableau de bord nous signale sans arrêt des fausses pannes…Ras le bol

Eddy123

Le 10/08/2017 à 17:54

Intéressante autonomie d’habitude. ..
Elle a des suspensions pneumatiques, non?
Ils en ont commercialisé avec des suspensions pneumatiques ou hydraulique …

Germain

Le 10/08/2017 à 19:41

On dirait une w126 top chopée avec un avant style coupé c126 et une lunette arrière de…fuego, par contre le capot articulé sur le côté me rappelle les vieilles buick des années 40 et 50, quand à la désactivation des cylindres, c’était pas nouveau, la cadillac seville de 76 avait ce système en option et c’était pas fiable

fc30

Le 10/08/2017 à 20:04

Curieux mélange, l’avant et les feux arrière sont effectivement annonciateurs des futures Mercedes, et la partie sous la ceinture de caisse est globalement classique. Par contre, le profil bizarre (la découpe du haut des portes arrières est douteuse, et d’ailleurs les vitres ont l’air fixes), la « bulle » en « carré » (beaucoup moins réussie que sur une Renault ) et les antibrouillards en plein sur la face avant cassent tout.
Bref, très baroque, mais heureusement la marque sut rapidement rectifier le tir quelques années plus tard avec la 190 qui a un style à mon sens intemporel.

Patrick

Le 10/08/2017 à 22:00

En tout cas, pas de vitres teintées ni d’essuie glace arrière, pas plus de jantes en alliage. Ça reste du Mercedes, tout en option – humour bien sûr 😉

J2M

Le 10/08/2017 à 22:40

J’avais 17 ans et je suivais, non, je dévorais tout ça avec avidité.
Mais cette grosse(r) Mercedes qui m’annonçait mon futur automobile, celui de ma force de l’âge me fit l’effet d’un coup manqué et d’une prédiction déprimante.
La bulle bricolée, le bouclier découpé par un émule du tuning de banlieue (à l’époque la victime emblématique était la R12), le poids suggéré par le dessin sans grâce, rien ne convainquait dans la vision annoncée avec une arrogance toute teutonne.
Et puis la Mercedes du futur restait, de coeur, la C111, avec ses motorisations ( Wankel) et ses trains roulants superbes. Sans parler de ses lignes de brute de paddocks.
Une note positive. Revu ici, le mastodonte prétentieux esquisse la 190 qui apparaitra quelques mois plus tard.
Ô surprise, divinement dessinée par Bruno Sacco, elle demeure attirante presque 35 ans plus tard. Elle n’a pas pris une ride. Le panzer aura engendré une ballerine.
Sauvé de justesse par son beau geste…

24heures

Le 11/08/2017 à 00:06

Au risque de répéter les commentaires précédents, j’y vois plus une R25 (avant l’heure) hyper mega trophiée qu’un shooting brake…

Choco

Le 11/08/2017 à 11:42

Pas très heureuse esthétiquement mais intéressante techniquement.
Le capot semble démesuré mais l’ouverture sur le côté est géniale.

Christophe

Le 11/08/2017 à 14:19

…les vrais break de chasse n’ont que 2 portes latérales. Mercedes utilise ce terme pour ces break classiques à 4 portes ce qui n’est pas correcte… Marketing quand tu nous tiens..

Wolfgang

Le 13/08/2017 à 23:58

Moi l’arrière me fait un peu penser à la cx.

georges

Le 14/08/2017 à 03:31

Ça n’était pas plutôt un programme r&d basse consommation, pas un projet pour un nouveau produit commercialisable ?

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