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Mercedes CLK-GTR : la course sur route ouverte

Vendredi 25 janvier 2019
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Qui n’a jamais rêvé d’une voiture de course autorisée à rouler sur route ouverte ? Pour ceux qui disposaient d’un très solide portefeuille en cette fin des années 90, il était possible de s’offrir de tels joujous, chez Porsche par exemple avec la 911 GT1 puis rapidement chez Mercedes, avec la fabuleuse et très rare CLK-GTR.

Alors que Mercedes avait renoncé à toute participation sportive après les tragiques accidents du Mans 1955, les années 80 puis les années 90 virent la marque à l’étoile revenir lentement mais sûrement vers le sport, aiguillonnée notamment par le trublion AMG qui deviendra un partenaire à partir du début des années 90, donnant naissance à des modèles communs (comme la C36 AMG ou la C43 AMG) puis à des partenariats plus poussés (comme cette CLK-GTR) et enfin à un rachat définitif en 1999.

Mercedes revient au sport

Bref, dans les années 90, Mercedes n’avait plus envie de laisser toute la lumière à Porsche sur les pistes d’endurance, ni de laisser Ferrari seule sur les circuits de Formule 1. Dès 1994, la marque revenait donc en F1 avec Sauber puis avec McLaren en 1995. Ce partenariat avec le constructeur britannique donnera aussi naissance à une supercar fabriquée en Angleterre en 2003, la Mercedes SLR, héritière spirituelle de la 300 SL W198 des années 50. Du côté de l’endurance, Mercedes-Benz décida de s’opposer à Porsche ou à McLaren dans la catégorie GT1 en lançant une CLK-GTR s’inspirant vaguement du style de son coupé CLK en vente à l’époque.

Or, pour satisfaire les règlements de la FIA, il fallait pouvoir justifier d’au moins 25 exemplaires d’une version routière. Dès 1997, un prototype d’une version routière était présentée, montrant les bonnes intentions de Mercedes et permettant l’engagement des versions “courses” cette année-là. Un deuxième prototype fut produit dans la foulée, puis la production commença à l’hiver 1998. Mercedes savait pourtant que la catégorie allait être être supprimée par la FIA (un peu par sa faute d’ailleurs, après avoir écrasé le championnat de sa supériorité, faisant fuir les concurrents) et aurait pu se dispenser d’une production en série. Pourtant, l’opération semblait assez intéressante en terme d’image, tandis que le prix astronomique demandé pour chaque exemplaire (11 000 000 de francs à l’époque) permettait de limiter le coût de l’opération. En outre, il était plus prudent de respecter ses engagements pour ne pas se retrouver en porte-à-faux avec la FIA.

Les sorciers d’AMG et de HWA se penchent sur son berceau

Pour le développement de la voiture, on fit appel à un fidèle partenaire depuis le début des années 90 et dont le rachat était en cours de négociation : AMG. Les CLK-GTR furent donc fabriquées à Affalterbach au sein des ateliers de HWA (société tout juste fondée par Hans Werner Aufrecht, fondateur d’AMG, gérant notamment les activités compétitions de Mercedes en DTM et plus habituée à la toute petite série) et non chez Mercedes. Il y avait peu de modifications par rapport aux CLK-GTR de course : un intérieur plus conforme à une utilisation civile, et l’ajout d’aides électronique (Traction Control notamment).

Malgré cette fabrication au sein d’HWA, les sorciers d’Affalterbach ne furent pour rien dans la conception du moteur, qui venait plutôt d’Angleterre. En effet, le motoriste Ilmor, déjà impliqué dans la réalisation des moteurs Mercedes de F1, qui s’occupa de “créer” le cœur de la bête que ce soit pour la version compétition ou pour la version “route”. Pour cette dernière, le V12 LS600 était cependant un peu différent : sa cylindrée passait de 6 litres à 6,9 litres, tandis que sa puissance grimpait à 612 chevaux (au lieux de 608). Ainsi, la CLK-GTR permettait d’atteindre une vitesse maximale de 344 km/h et d’effectuer un 0 à 100 en 3,8 secondes.

Respecter les règlements FIA

A l’origine, il était prévu de vendre 25 coupés, mais au bout de 20 exemplaires, on se rendit compte qu’il serait difficile d’atteindre le chiffre initial. Pour “doper” le marché et tenter de convaincre certaines grandes fortunes déjà propriétaires d’une CLK-GTR de remettre au pot, on décida de proposer une version roadster (en fait, une sorte de targa). Au total, 6 unités supplémentaires seront produites, permettant à Mercedes d’atteindre in fine l’objectif fixé par la législation FIA.

Plus tard, HWA proposera de transformer certains coupés en une nouvelle version SuperSport, dont le V12 commun à la Pagani Zonda est porté à 7,3 litres pour une puissance de 664 chevaux. Cinq châssis (dont l’un des prototypes) subiront cette transformation, faisait d’eux des raretés parmi les raretés.

Aujourd’hui, la CLK-GTR s’avère tellement rare qu’il ne faut pas espérer faire une bonne affaire : ici, on ne parle plus de cote mais d’estimation, les exemplaires n’arrivant sur le marché que par le biais des grandes ventes aux enchères. On estime qu’un tel modèle vous en coûtera au minimum 1,8 million d’euros. Autant dire qu’une solide fortune sera nécessaire pour un tel plaisir.

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Caractéristiques techniques

SUPERCAR

Mercedes CLK-GTR

1997 - 1999

Motorisation

Motorisation V12 à 60°, 60 soupapes
Cylindrée 6 896 cc
Alimentation Injection électronique
Puissance 612 ch à 6 800 trs/min
Couple 775 Nm à 5 250 trs/min

Dimensions

Longueur 4 854 mm
Largeur 1 951 mm
Hauteur 1 154 mm
Poids à vide 1 545 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BV séquentielle 6 rapports à crabots

Performance

Vitesse max 320 km/h
0-100 km/h
Production 26 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) nc

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