MG Metro 6R4 : née trop tard pour briller !

Publié le mercredi 1 avril 2015.
Mis à jour le vendredi 5 juillet 2019.
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Les mauvaises langues ont vite fait de mettre dans la même catégorie maudite la Citroën BX 4TC (lire aussi : Citroën BX 4TC) et la MG Metro 6R4 ! Pourtant, si comme la Citroën la MG est arrivée après la bataille, le groupe Austin-Rover n’aura pas à rougir de sa petite bombinette de Rallye. Oh bien sûr, elle ne gagnera jamais rien dans ce fameux Groupe B : les quelques courses auxquelles elle participa se soldèrent par des abandons ! Mais sa version routière se vendit bien, et son moteur original finira par trouver la gloire de façon inattendue.

6R4 01

C’est sans doute parce qu’elle dérivait de l’Austin Metro qu’on lui colle une image de loser ! Il est de bon ton de se moquer de tout ce qui sortait des chaînes anglaises à l’époque. Mais en vérité, si la MG Metro 6R4 a manqué de fiabilité moteur en Groupe B, malgré une 3ème place pour sa première course en novembre 1985, au Rallye de Grande Bretagne (la suite sera moins glorieuse en championnat du monde des Rallye), n’oublions pas que Didier Auriol remportera le championnat de France de Rallye en 1986 à son volant ! Si le Groupe B n’avait pas été subitement arrêté suite à deux accidents mortels, qui sait si la MG Metro 6R4 n’aurait pas trouvé ses marques et commencé à jouer un rôle dans ce championnat.

(image: EVO UK)
(image: EVO UK)

Mais revenons à sa naissance. Après la mise à la retraite des Triumph TR7 V8, le groupe British Leyland cherche à revenir en force en rallye, afin de promouvoir sa nouvelle gamme. C’est la nouvelle Austin Metro, tout juste sortie en novembre 1980, qui sera choisie pour défendre les couleurs du groupe en rallye. Pour imaginer cette petite sportive, on s’adresse à une pointure, Patrick Head, de chez Williams F1. Dès 1981, un prototype est proposé, et validé par la direction du Groupe Austin-Rover. Entre temps, le projet prendra de l’ampleur : transmission intégrale permanente (le système Ferguson déjà vu sur la Jensen FF, lire aussi : Jensen FF), châssis rallongé de 9 cm et retravaillé, et surtout moteur V6 en position centrale arrière. Ce moteur de 3 litres de cylindrée et 24 soupapes, développant 410 ch dans sa version course, est en fait un V8 Rover amputé de 2 cylindres. Son nom 6R4 veut dire « 6 cylindres Rallye 4 (wheel drive) ».

Les 205 "Clubman" au garde à vous (image: http://aronline.co.uk)
Les 205 « Clubman » au garde à vous (image: http://aronline.co.uk)

La voiture ne sera prête qu’en 1985, décidée à rivaliser avec les Audi Quatro, les Ford RS200, les Lancia S4 ou les Peugeot 205 Turbo. La production des 200 exemplaires de série (en fait, 205 exemplaires seront produits au total et vendus au prix de 40 000 £, qui s’ajoutent aux 20 exemplaires de compétition) se termine en novembre. Dénommée 6R4 Clubman, cette version de route ne propose « que » 250 chevaux, ce qui n’est pas mal malgré tout. Une amélioration du moteur à 300 ch sera proposée aux clients (combien en bénéficieront ? Mystère). Version de route certes, mais sans grande différence de confort avec la version rallye, et quasiment prête à courir : il suffisait de rajouter l’extincteur et les harnais ! Le look rappelle une Metro, certes, mais boursouflée, bodybuildée, à la mode des dérivés sportifs des années 80. Ce qui frappe en la regardant aujourd’hui, c’est son impression de muscles certes, mais aussi (surtout) sa compacité. Même à côté d’une 205 Turbo (lire aussi : Peugeot 205 Turbo 16), elle paraît petite.

Champagne pour la dernière Culbman produite !
Champagne pour la dernière Clubman produite !

Comme on l’a vu, la 6R4 n’aura pas la carrière qu’elle mérite en Rallye, sa raison d’être. Le Groupe B arrêté, elle n’avait plus de terrain de jeu pour démontrer ses qualités, mais pourra se glorifier d’avoir vendu plus d’exemplaires route que demandé ! Le moteur V6, malgré ses problèmes de fiabilité du début, connaîtra une carrière étonnante : il sera revendu à Tom Walkinshaw (TWR) ! Retravaillé et fiabilisé, on le retrouvera sous le capot de la fabuleuse Jaguar XJ220, la supercar produite par TWR et Jaguar. Incroyable non ? Si vous cherchez une 6R4, armez-vous de patience, cherchez en Angleterre essentiellement, et préparez-vous à signer un gros chèque.

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4 commentaires

Benjamin

Le 01/04/2015 à 12:03

Voiture assez méconnue en effet. Et vraiment spéciale, même dans l’univers des Gr B !

Francois Tasiaux

Le 01/04/2015 à 12:16

Effectivement son moteur atterrit dans la XJ 220. Je ne sais laquelle des deux peut en être fier ?!

Greg

Le 01/04/2015 à 20:53

Légende tenace qui colle à la peau de la MG Metro 6R4: son V6 est dérivé du V8 Buick/Rover.
Pour le prototype présenté à la direction, oui!
Compact, léger, puissant dans la version compétition qui motorisait la Rover Vitesse en Tourisme…
Certes…
Mais néanmoins pourvu d’une distribution à AAC central, tiges, poussoirs et culbuteurs.
Le projet de la Metro de rallye fera son chemin, et les décideurs de la BLMC casseront leur tirelire pour lui offrir un vrai moteur de course.
Le V6 à 4 ACT qui l’anime dériverait en réalité du fameux V8 Cosworth DFV né pour la Formule 1!
Quand on dit « dérive de », cela signifie que les motoristes au moment de tracer les plans recopient des cotes internes comme les entraxes de cylindre, le diamètre des paliers de vilebrequin, la forme des chambres de combustion…

Autre rumeur tenace: la Jaguar XJ220 reprend le moteur de la MG Metro.
Au bout du compte, oui, mais il y a une étape intermédiaire qui s’appelle… Jaguar XJR 16.
TWR transforme 2 châssis Jaguar Groupe C pour les faire courir en IMSA.
Le moteur V12 atmo est remplacé par ce petit V6, gavé par 2 turbos.

Au moment d’industrialiser la XJ220, les dessinateurs-projeteurs font le constat qu’avec le V12 hérité des voitures du Mans et la transmission intégrale tous 2 prévus sur le concept car, et bien… il n’y aura plus de place dans la voiture pour loger les réservoirs d’essence!!!

Et voilà comment la XJ220 « de série » récupère un V6 double turbo qui s’est illustré aux USA sous la bannière de Jaguar Sport!
Erreur de communication? Indubitablement!

Enfin, dans votre article, il est évidemment très juste de souligner le titre de Didier Auriol dans le championnat de France 1986.
La Metro qu’il pilotait était une « Clubman » c’est à dire une « série 200 » préparée avec les pièces « compétition client » que commercialisait Austin Rover.
Les anglais, impressionnés par les performances du « petit français », lui feront la surprise d’aménager une conduite à gauche, sur leur temps de vacances, pendant la trêve estivale…
La vraie voiture de course est aujourd’hui au Manoir de l’Automobile à Lohéac.
Auriol s’en est fait construire une réplique exacte, mais basée sur une autre Clubman, elle a le volant… à droite!

Christophe

Le 02/12/2017 à 21:44

Bonsoir, le moteur Rover fut champion du monde endurance C2 avec l’ecurie Ecosse en 1986.

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