Opel Kadett A Caravan: une bonne entrée en matière

Publié le samedi 2 décembre 2017.
Mis à jour le mardi 11 décembre 2018.
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S’il y a une chose qui fait plaisir, c’est de débarquer en essai presse et de constater que le constructeur a tout compris à la démarche de Boîtier Rouge. Si l’Opel Grandland X nous intéressait pour plein de raisons que vous découvrirez bientôt, nous ne pouvions que tomber sous le charme de la Kadett A Caravan du staff de la marque au blitz, siglée « Opel French Team ».

La Kadett A version Berline (en haut, à l’usine de Bochum) et en version coupé (en bas)

Marc Azzolini est un homme comme on est les aime chez Boîtier Rouge. Il a 15 idées par minute, toutes plus folles les unes que les autres, et sait convaincre ses clients malgré son apparente folie. Son agence Azo travaille avec Opel depuis un paquet d’année, et avec les sorties des nouveaux SUV Crossland X et Grandland X, il s’est dit qu’il ne serait pas idiot de mettre un peu d’histoire dans chaque événement de présentation. Il se met alors en quête de la parfaite « voiture d’orga », pour dénicher finalement cette élégante Kadett A Caravan en parfait état, qu’il laissera dans son jus, mis à part les stickers rajoutés pour les événements.

La Caravan n’est pas comparable à un SUV d’aujourd’hui, ce serait anachronique, tout comme il n’existait pas encore de MPV. Pourtant, la philosophie, hormis le look de baroudeur, pourrait s’en rapprocher : espace, modularité, praticité, tout en ayant un look relativement agréable et différenciant ! Voilà comment ce dérivé de Kadett A se retrouve dans les Alpilles à chaque lancement presse Opel depuis cette année.

La Caravan faisait partie d’un plan produit ambitieux en ce début des années 60 : 4 « versions » de la Kadett (la berline, la berline « Luxe », le coupé, la Caravan) pour aller chatouiller la vedette de Wolfsburg, la vénérable Cox. Plus facile à conduire, avec son moteur à l’avant (elle reste cependant propulsion), avec une ligne plus moderne et surtout des déclinaisons plus variées, la Kadett A, première d’une longue série (si l’on oublie la Kadett d’avant-guerre), va ramener Opel dans la course après des années d’après-guerre difficiles. A tel point que Heinrich Nordhoff, patron de Volkswagen et ancien de la maison de Russelheim, mettra en garde ses salariés à propos de l’offensive du blitz !

En 1962, la Kadett 2 portes déboule, suivie en mars 1963 des Kadett L (luxe) et Caravan (break 3 portes), puis en octobre de la même année de l’anecdotique coupé. Tous ces modèles disposent d’un unique moteur, un 4 cylindres de 993 cc délivant 40 vaillants chevaux (48 pour les versions 1000 S apparue fin 1963). Vous l’aurez compris, la familiale, c’était la Caravan… mais c’était aussi la commerciale. En bref, une voiture à tout faire, pratique et vaste, « la parfaite anti-Volkswagen » (einen perfekten anti-VW comme on disait chez Opel à l’époque).

Justement, la Kadett tombait parfaitement, et malgré une carrière assez courte (la Kadett B lui succédera en 1965 avec notamment une opportune version 4 portes), elle fit de son mieux pour tailler des croupières à cette insolente Käfer : en tout, 649 512 Kadett A furent produites dans la toute nouvelle usine de Bochum, de 1962 à 1966, dont 53 468 coupés, et 126 616 Caravan.

Revenons justement à notre Caravan du jour. Marc nous fit faire le tour du propriétaire avec un humour assez proche de celui que nous pratiquons entre nous et c’est donc rigolards que nous nous apprêtions à prendre le volant de cette vénérable Kadett A, l’une des premières en version break ! Certes, la mamie est dans son jus, mais la peinture est préservée, elle est exempte de rouille, l’intérieur est presque neuf, et surtout, elle démarre au quart de tour. Il y a peu (j’y reviendrai), j’ai conduit un Renault Colorale très difficile à prendre en main, notamment à cause d’une boîte de vitesse pas très intuitive. Je m’attendais à ce genre de difficulté avec la Caravan et je fus donc surpris de l’extrême facilité avec laquelle elle se laissait faire. Bon évidement, les 40 chevaux, la boîte 4 vitesse, le compteur « à changement de couleur », le tableau de bord dénudé, et la difficulté dans les côtes nous rappelaient à chaque fois son âge, mais quel plaisir, et quel douceur.

Adieu toute envie de vitesse, place à la promenade toute en douceur. Le moteur est vaillant malgré tout, et il suffit d’oser rétrograder en 2, voire en 1 dans les montées pour relancer la machine. Les sièges confortables et « rebondissant » donnent l’impression d’une suspension ouatée, et la tringlerie de la boîte de vitesses permet de tout de suite trouver ses marques. A l’arrière, on peut tout faire dedans : transporter un paquet de matériel en rabaissant la banquette, ou pourquoi pas y dormir grâce à son plancher plat. Sans jamais être monté dans une Kadett A, elle devient inévitablement une madeleine de Proust, rappel d’un temps que nous avons plus ou moins connu et dont nous avons la nostalgie réelle ou fantasmée : en bref, une belle entrée en matière. De retour de notre balade, c’est presque avec dépit qu’on remonte dans une voiture moderne !

Photos: Opel, DR, Aurélie Schneider, Niko Laperruque

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14 commentaires

Philippe

Le 02/12/2017 à 19:01

Biarre la comparaison avec la prise en main de la Colorale, construit sur le chassis du Galion (1947) et le groupe motopropulseur de la Primaquatre (1933) ou de la Frégat (1951) selon l’année. Pour comparer ce qui est comparable prendre la R4 de 1961 ou la R8 de 1962.

Paul

Le 02/12/2017 à 19:02

ce n’était pas une comparaison, mais une appréhension 😉

Eddy123

Le 02/12/2017 à 20:22

Sympa cette Opel…
Je m’aperçois que je connais très mal cette marque…

Docteur_Oliv

Le 02/12/2017 à 20:31

J’ai toujours eu de la compassion pour les mal aimé-e-s (je m’entraine à l’inclusive ! )
La kadett suivante avait un coffre d’une profondeur insondable
Pour la GTE j’enverrais une photo à Paul ….

Eddy123

Le 02/12/2017 à 21:04

Les seuls Opel qui m’ont intéressées sont la Corsa 1 d’un pote en 3 portes avec les jantes « sport » tole.
Et L’Ascona à cause de sont lien avec les GM… j’avais été tenté par un cabrio orange avec jantes de R21 turbo et une autre fois une Cadillac Cimaron vendu dans le nord…
La dernière Oméga en break était à mon goût.

Philippe

Le 02/12/2017 à 21:38

Après les Commodore B, les Senator et Monza 1ere série étaient de belles voitures. Une période où les design Opel faisait merveille et le gros 6 cylindres grondait bien de 115 à 180cv.

Conan

Le 03/12/2017 à 08:16

Une très bonne marque, qui mérite une plus large clientèle. J’ai eu une Corsa que j’ai gardée 10 ans et j’ai maintenant une GT 264 . Ces autos ont une fiabilité et une solidité peu communes.

Emmanuel

Le 02/12/2017 à 22:11

Ces Kadett A avaient la réputation d’être très fiable. La remarque de Paul concernant la facilité et le confort de conduite me rappèle un commentaire similaire entendu à ce sujet dans mon enfance.

Jota

Le 03/12/2017 à 00:32

La A ressemble à un jouet! Toutes ces Opel étaient très influencés point de vu style par les US même jusqu’à des générations plus récentes. Pareil pour la variété des carrosseries, pour de la grande série il n’y avait pas de constructeurs avec une telle diversité. Après elles ont longtemps gardé un certain retard technique surtout sur les parties qui ne se voient pas. Ma préférence va à la génération C.

Gay

Le 03/12/2017 à 20:12

C’est la première voiture que j’ai eu à conduire en obtenant mon permis de conduire il y a ……bien longtemps. Et je peux vous dire que j’étais très fière. J’ai encore de merveilleux souvenirs de vacances à Florence Rome etc. Merci pour cet article qui m’à rappelé ce bonheur

allan wagos

Le 04/12/2017 à 01:16

J’ai posté sur FB également, ça a été mon mulet à tout faire, la Kadett B Delvan , un break……acheté d’occase à l’époque avec 1 ans de garantie Euroccasion..

Aucune panne, juste l’entretien courant très modique…..à l’époque les compteurs étaient remis à zéro…..J’ai tout fait avec , du chantier, du forestier, du transport d’un peu tout sans arrière pensée, j’ai refait plus de 170000 kms avec et revendue à un artisan carreleur qui a juste refait l’embrayage …..J’ai bien entendu eu ma période Opel , avec une 2100 Reckord Diesel pour bosser, deux Commodore B GS/E 2.8 litres, et la Diplomat B 2,8 litres ….revendue comme dépanneuse à un garagiste ……

Georges

Le 09/12/2017 à 00:48

Bonsoir, ça correspond à quoi un compteur « à changement de couleur » ?

François

Le 04/01/2018 à 17:38

Moi qui ne regardais même pas les Opel, je viens de craquer pour une Ascona C de 1981. Confortable, spacieuse, assez silencieuse, elle ne consomme pas tant que ça. Elle a avalé bravement un trajet de 500 km sans rechigner. Bref, je suis conquis par cette marque si courante et pourtant peu connue par les amateurs d’anciennes.

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