Opel Kadett C Aero : un « targa » signé Baur

Dimanche 13 août 2017
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Contrairement aux idées reçues, Baur n’a pas fabriqué que des BMW (lire aussi : la Carrosserie Baur et Baur TC4). La petite entreprise de Stuttgart s’est aussi attaquée à Opel, avec la petite Kadett C Aero, une adorable version targa qui n’aura pourtant pas le succès escompté !

La Kadett C fut lancée en août 1973, et, contrairement à ses certaines de ses concurrentes (françaises notamment), restait fidèle à la propulsion : normal elle utilisait la plate-forme GM T-Cars. Bref, si le succès était au rendez-vous, notamment en Allemagne et en Grande Bretagne (vendue sous le nom de Vauxhall Chevette), les ventes commençaient à se tasser en 1975, et Opel cherchait un moyen de re-booster un peu les ventes de son modèle fétiche.

C’est une vieille connaissance des lecteurs de Boîtier Rouge, Erich Bitter (lire aussi : Bitter CD et SC et Bitter Insignia), particulièrement lié à Opel puisqu’il utilisait la plate-forme la Diplomate pour réaliser son propre coupé, le CD, qui évoqua à la direction du constructeur l’idée d’un cabriolet. Ou plutôt d’un targa. Client de Baur, c’est bien évidemment la petite carrosserie que Bitter va suggérer à Opel pour la réalisation d’une Kadett C Aero.

Les pontes de Russelheim y virent tout de suite une grande idée : avec son côté sexy, et dans l’air du temps, l’Aero pourrait être une vraie locomotive aux côtés de la version coupé 2 portes. Ils prirent alors contacte avec Baur, qui proposa la même solution qu’il appliquait depuis 1971 aux BMW 2002 puis BMW E21 (lire aussi : BMW Série 3 E21): non pas un vrai cabriolet, mais une sorte de Targa découvrable à l’avant (un panneau rigide amovible) comme à l’arrière (capote en toile) autour d’un arceau central. Les modifications étaient de ce fait plus simples à réaliser, tout en conservant une certaine rigidité !

Un accord était alors signé entre les deux sociétés. Les Kadett seraient prélevées sur la chaîne et envoyées chez Baur pour transformation. La voiture fut présentée au Salon de Genève 1976, et chacun des partenaires voyaient déjà le succès d’une diffusion relativement large. Deux motorisations étaient proposées : 1.2 de 60 chevaux ou 1.6 un peu plus sportif de 75 chevaux. Seul hic ? Avec des prix allant de 14 500 marks pour la 1.2 à 15 335 marks pour la 1.6, l’Aero était tout de même 5000 marks plus chère que ses équivalents coupés ou berlines.

Dans l’industrie automobile, il n’y a pas de mystère : même en répondant à une aspiration du marché, si vous êtes trop cher, vous n’émergerez pas, surtout sur une catégorie de voiture comme celle de la Kadett, plutôt populaire. Dans ces conditions, l’Aero ne pouvait pas faire de miracles. Seuls 1332 exemplaires trouvèrent preneurs avant qu’Opel déclare forfait, en 1978.

Il existe aujourd’hui beaucoup d’amateurs collectionneurs d’Opel (si si!), et de Kadett C en particulier. Pour ces derniers, l’Aero est une sorte de graal par son côté fun, certes, mais aussi par sa rareté. Ce qui est rare est cher, et l’Aero, en son temps comme de nos jours, coûte plus cher que le reste de la gamme, sans pour autant atteindre des sommes indécentes. Aussi, si vous tombez sur un beau modèle (il s’est essentiellement vendu en Allemagne), sautez sur l’occasion : celle de se faire plaisir, de rouler décalé, et de posséder une rareté dans son garage !

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8 commentaires

SRDT

Le 13/08/2017 à 16:57

Avec la Kadett C et ses cousines il y en a des articles à écrire, les Isuzu Gemini « ZZ » double arbre sont l’alternative BR parfaite aux Kadett GT/E et Rallye. Et il y a aussi la Chevette 2300HS qui oblige à une digression sur le 4 cylindres Lotus type 900.

Paul

Le 13/08/2017 à 17:01

je te confirme qu’il y en a à dire 😉

Eddy123

Le 14/08/2017 à 10:31

Les joies des plate-forme GM.. 🙂
X, J, L….. j’en passe… souvent dérivés les une des autres..

OLIVIER WASTERLAIN

Le 16/08/2017 à 05:26

les opel Kadett on souvent mis les pneus sur de nombreux marché (opel kadett devenus moskvitch, opel kadett E made in Corée du sud, vendus sous daewoo, pontiac, geo, passport) version chevrolet bresilien, sous le nom Astra B chez VAUXHALL et mm sous la marque bedford, il a pas en encore longtemps la nexia (une kadett tricorp 4 porte replâtré) etait encore vendu en Ouzbékistan et consorts
ou mm la corsa (A en cabrio) B sous opel, chevrolet en sedan, buick en break, holden en pseudo cabrio, en pick-up a benne separé du chassis (pays de l’est) et mm sous le bdge suzuki (suzuki fun) et deux génération en carrosserie pick-up en afrique du sud, corsa c pick-up sous le nom chevrolet au mexique
opel a souvent alimenter bien des marchés sous divers marque… pas étonnant venant de GM … qui nous a pondus une pontiac G2 matiz pour le mexique ou pontiac G3 (ex Kalos) au Canada

Dubby Tatiff

Le 13/08/2017 à 18:30

Les Allemands et les Anglais possèdent un tissu industriel qui gravite autour des grands constructeurs, constitué de PME, de préparateurs, de carrossiers, voire carrément de petites marques, qui est bien plus étoffé que par chez nous. Cela constitue une mine d’or pour BR.

Paul

Le 13/08/2017 à 18:36

Baur est devenu une pauvre entité d’IVM, Karmann a quasiment disparu, et bien des petits constructeurs capables de faire ça se sont recentrés sur leur savoir faire (Alpina par ex). En France on avait aussi les ressources (Heuliez notamment, et d’autres): la vraie réalité c’est que désormais, avec l’industrialisation robotisée, on peut construire sur les mêmes chaînes de nombreuses variantes sans avoir besoin de sous-traitants aux lignes dédiées… C’est (pour le coup) pas mieux en Allemagne qu’en France. Et même si je suis nostalgique d’une certaine époque, cela nous donne des variations sur un même thème qui, si on était enfant aujourd’hui, nous feraient autant rêver 😉

Dubby Tatiff

Le 13/08/2017 à 19:06

J’oubliais les Italiens également.

Oui, sans doute qu’utiliser le temps présent pour conjuguer le verbe posséder dans mon premier message, prêtait à confusion. Un temps passé aurait été plus juste.

Je crois me souvenir de propos attribués à des personnes de Cosworth à moins que ce ne soit un commentaire du journaliste essayant un modèles siglé Cosworth, je ne sais plus, qui expliquait que les petits préparateurs avaient du mal à suivre le progrès technologique de nos jours. Le métier avait changé. Là où auparavant pour préparer une version sportive, en plus des trains roulant et des suspensions, il fallait jouer de l’arbre à came, du carburateur et de l’allumage, aujourd’hui il faut aussi avoir des compétences informatiques.

Dubby Tatiff

Le 14/08/2017 à 09:14

Comme je crois avoir compris que les animateurs de BR et POA se connaissent, j’en profite pour signaler que POA avait réalisé une série de vidéo très intéressantes dans le musée privé de Opel en Allemagne, avec un commentaire éclairé de Patrice Vergès.

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