Opel Monza : le charme désuet du gros coupé bourgeois !

Samedi 6 février 2016
Retour

Pendant longtemps, la marque Opel a proposé des modèles permettant de toucher du doigt le premium (comme on dit aujourd’hui) à l’allemande : une sorte de Canada Dry de BMW et Mercedes. Des grosses voitures, mais un peu pataudes, des gros moteurs, mais moins nobles, du luxe, mais une odeur populaire persistante. Aujourd’hui encore, lorsqu’on regarde les modèles Opel des années 70 et 80, on a la même impression. Sans pognon pour vous acheter une BMW Série 7 E23 (hier comme aujourd’hui) ou son dérivé coupé Série 6 (lire aussi : BMW M635), vous pouvez (pouviez?) toujours opter pour une Opel Senator ou sa version Monza.

Monza 01

Drôle d’idée d’ailleurs d’appeler un gros coupé bourgeois du nom d’un circuit italien fleurant bon le sport automobile. Autant la Senator (ou la Vauxhall Royale en Angleterre, voire la Daewoo Imperial en Corée du Sud, n’ayons peur de rien) se la pète un peu dans le genre patricien, autant la Monza, elle, se prend pour une sportive sans en avoir les attributs. Parce que bon, lorsque le nouveau coupé Opel, remplaçant la Commodore Coupé, ramène ses basques en 1978, il paraît évident qu’en fait de sport, on repassera.

Monza 02

Sa face avant est semblable à la Senator (et proche de la Commodore), avec ses gros phares un peu globuleux (surtout en phase A2 à partir de 1982) que l’on retrouvera aussi dans un style proche avec l’Omega. Sa ligne, elle, garde les gênes de la Senator, mais récupère un arrière hatchback tracé à la règle. Le tout n’est pas moche, mais manque singulièrement de personnalité. Côté moteur, deux grosses cylindrées : 6 en ligne à carbu de 2,8 litres et 140 ch, et un autre de 3 litres à carbu d’abord (150 ch) puis à injection (180 ch). Le 2,8 litres sera remplacé en 1981 par un 2,5 litres à injection et 136 ch ! Des 4 cylindres seront aussi disponibles en Allemagne, mais avec 115 ch (que ce soit en 2 litres ou en 2,2 litres) pour les plus de 1400 kg du coupé, on s’éloigne encore plus du sport que les modèles L6.

Monza 06

Seul le nouveau moteur 3.0E de 180 ch semble offrir suffisamment de canassons pour maintenir l’illusion d’une puissante allemande ! Histoire d’accentuer un peu le look sportif de son grand coupé, Opel proposera une version GSE en 1983, avec une déco spécifique, des sièges Recaro, un petit becquet arrière, et un différentiel arrière à glissement limité ! Avec le lifting de 1982, voilà de quoi changer un peu la gueule de la Monza ! Keinath, un préparateur teuton, lui offrira même une version cabriolet 4 places (lire auss : Keinath KC5).

Monza 04

Bon cela dit, pour ce qui est du sport sur une voiture de cette taille chez Opel, il faudra attendre sagement l’Omega en version Evolution 500 (lire aussi : Opel Omega Evolution 500) et surtout la phénoménale Omega Lotus (lire aussi : Opel Lotus Omega). La Senator aura droit à une 3ème génération en 1987 (même base que l’Omega) mais abandonnera les déclinaisons Coupé. Adieu Monza, et il faudra attendre 1990 pour retrouver un grand coupé dans la gamme Opel, la Calibra, un peu plus sportive et un peu moins bourgeoise, surtout en version Turbo (lire aussi : Opel Calibra).

l'Opel Monza en survêtement, la GSE (ou GS/E)
l’Opel Monza en survêtement, la GSE (ou GS/E)

Alors oui, à l’époque, quand je voyais passer ces coupés au style un peu gauche dans les rues de Paris, je n’étais pas attiré pour un sou. Mais aujourd’hui, quadragénaire désargenté, je regarde la Monza avec un autre état d’esprit. J’ai moins peur du ridicule, j’ai pris goût aux 6 cylindres, qu’ils soient en ligne ou en V, et je finis par trouver un certain charme aux traits de ce gros coupé un peu désuet. Bon, avec 47 008 exemplaires produits entre 1978 et 1986, pas sûr qu’il en reste beaucoup en bon état, mais la cote ne s’envole pas pour autant : une bouchée de pain, et vous vous prendrez pour un petit entrepreneur bavarois des années 70, fier « comme un bar tabac » (le premier qui me dit que c’est Artaban qu’il faut dire sera puni et obligé de visionner l’intégrale de Coluche au moins 25 fois) dans son coupé Monza, exhibant sa réussite professionnelle et son ascension sociale tout en rêvant à une BMW. Avis aux amateurs !

Merci à Frédéric pour la vidéo de présentation de la Senator, puis la Monza

 

Galerie d'image

Voir toute la galerie

Contenu alimenté par

Vous possédez une

auto de collection

Racontez votre histoire et soyez publié dans Classic & Sports Car

Découvrez le meilleur moyen de bien vendre votre Auto

Vendre

Vous recherchez une

auto de collection

Faites appel à nous pour trouver la meilleure auto

Articles associés

6 commentaires

Olivier

Le 07/02/2016 à 15:35

J’ai toujours eu un faible pour la ligne fastback de gros coupé et en 3,0, les performances n’étaient pas ridicules, comparées par exemple à une 628 CSI, 280 CE ou SLC ! Certes son design intérieur n’avait aucun charme, mais de mémoire, la finition était faite pour durer !! C’est une excellente affaire, selon moi, de nos jours, le charme discret de la bourgeoisie, malgré son blason populaire ! Par contre le style « tuning » de la GSE est too much !

Paul

Le 07/02/2016 à 15:49

Je suis d’accord avec toi: la GSE fait trop tuning… et moi je préfère largement l’A1 que l’A2 !

Michel

Le 08/02/2016 à 11:05

Merci d’avoir parlé de cette voiture, dont le bruit du 6 cylindres a bercé mon enfance. C’est un coupé pour avaler les kilomètres, confortablement installé dans les sièges en velours, à écouter le ronron du moteur.

J’ai du mal à voir cette voiture comme bourgeoise, j’ai plutôt tendance à la considérer comme une version pépé des coupés plus sportifs comme la Manta, la Celica et consorts.

Rubinho

Le 10/02/2016 à 13:20

Mon oncle, ancien rallyman et tatoué au blitz, s’insurge sur le qualificatif bourgeoise.
Son commentaire : »24 H DE SPA FRANCORCHAMPS 1979, MONZA 3L 3 EME AU SCRATCH… »
C’était pour l anecdote, en version civil, on est loin d’une M635i 🙂

maiki

Le 29/10/2016 à 23:26

Salut a tous

Voila, je viens d’acheter une Opel Monza A2 de 1984 et je suis sincèrement heureux de mon achat.
La ligne et génial, le ronron et digne d’un 6 cylindres de grand capacité, même si se dernier mérite d’être retravaillé. Se qui sera fait d’ici la fin de l’année prochaine.
Point étonnant, le confort des sièges pffffffff ! magique.
Beaucoup plus d’option que sur ma 106 kid de 1995 !
Rétroviseur, toit ouvrant et vitre électrique. Direction assisté, fermeture centralisé…etc etc bon sans, mais j’ai rien de tout ça sur ma 106 et pourtant, elle et plus ressente que l’opel XD. donc, pour 2000 euros, jme retrouve avec une voiture totalement décalé, fiable et sportive quoi qu’on en disent.

ASCARI

Le 03/04/2018 à 21:54

Il fut une époque lointaine certes ou Bmw était une marque presque inconnue et Mercedes décidément trop tape à l’œil. Opel c’était la synthèse parfaite entre l’Allemagne et l’Amérique. De quoi séduire le client conscient de la chose automobile. La monza était une auto de luxe pour une clientèle déjà bien assise. Envisager la Monza sans se souvenir de la Commodore, et de sa percée commerciale dans le haut de gamme sportif au début des années 70 tord la réalité. Elles étaient crédibles et accessibles ces autos. Le réseau Opel était très étendu, les produits solides, et le style americanisant quoique retenu ne versait pas dans l’ostentatoire. Autant d’atouts pour la clientèle fortunée de l’époque.

Laisser un commentaire