Opel Senator B : le haut de gamme façon « blitz »

Publié le samedi 19 novembre 2016.
Mis à jour le vendredi 5 avril 2019.
Retour

Pour exister dans le « très haut de gamme », certains constructeurs généralistes ont usé d’une drôle de formule : maquiller une grande berline pour la faire passer pour ce qu’elle n’était pas, une berline de luxe puissante et racée. Certains constructeurs ? Enfin surtout un, Opel, qui, pour couvrir l’ensemble des marchés et concurrencer ses compatriotes « premium » BMW, Mercedes, et désormais Audi, proposa l’Opel Senator !

senator-03

En fait, Opel présente sa première Senator en 1978, dérivée de la Rekord, un peu comme Audi sa 200 dérivée de la 100. L’idée est simple : proposer une voiture plus longue, plus statutaire, plus luxueuse, et surtout motorisée uniquement pas des blocs nobles : des L6 essentiellement. En 1987, Opel use du même stratagème en présentant la Senator « B », issue quant à elle d’une plate forme rallongée d’Opel Omega.

senator-06

La stratégie est ambiguë puisque l’Omega dispose elle aussi du 6 en ligne de 3 litres. Elle est elle aussi spacieuse et imposante. Mais la Senator se veut d’un autre standing : la place à l’arrière est plus grande, l’équipement plus riche, la présentation plus « classe ». La calandre suffit à différencier les deux modèles, avec une « grille » luxueuse pour la Senator, tandis que l’Omega se limite à un léger passage d’air en dessous du capot moteur.

senator-01

senator-04

La Senator B apparaît en septembre 1987 avec un L6 de 3 litres, sans catalyseur, offrant 177 ch. Une puissance respectable à l’époque, sans en faire un foudre de guerre. D’autres version seront proposées dans les premières années : un L6 2.5 litres issu de la Senator A de 140 ch destiné uniquement à l’export ; un L6 catalysé de 3 litres et de 156 ch. En 1988, le L6 catalysé de 3 litres repasse à 177 ch, ouf !

senator-07

senator-15

C’est en octobre 1989 que les choses deviennent sérieuses. La Senator reçoit le L6 en version 24 soupapes, permettant d’obtenir 204 chevaux. C’est l’occasion pour recevoir un léger lifting. La Senator reste une voiture haut de gamme et propose du bois, et des équipements de communication comme le téléphone voire plus : la clientèle visée reste clairement les patrons de grosse PME allemands qui veulent du confort sans (trop) de signes extérieurs de richesse. Plutôt que le cuir, le velours est favorisé.

senator-02

En mars 1990, on ne sait pas ce qui passe par la tête d’Irmscher. En même temps qu’une version exclusive de l’Omega est lancée (lire aussi : Opel Omega Evolution 500), le sorcier allemand se penche sur la Senator en lui greffant un 4 litres de 272 ch, un kit carrosserie, et un intérieur de grand luxe… Il faut croire qu’il y avait une clientèle pour cela. Cette même année, le 2.5 de 140 ch disparaît pour laisser la place à un 2.6 litres de 150 ch. Bon, pourquoi pas ?

L'Irmscher Senator offre 272 ch et un intérieur grand luxe
L’Irmscher Senator offre 272 ch et un intérieur grand luxe

senator-17-irmscher

Mine de rien, la Senator B ne sera pas un four : certes, la Senator A se vendra deux fois plus (129,644 exemplaires entre 1978 et 1986), mais avec plus de moteurs disponibles et une version coupé (la Monza, lire aussi : Opel Monza). La Senator B, elle, rassemblera 69 943 clients, prêts à mettre la main au portefeuille pour se distinguer d’une simple Omega, fut-elle 3000.

senator-08

La Senator s’éteindra en 1993, Opel considérant que l’Omega pouvait seule assumer le présence de la marque sur le haut de gamme… Une nouvelle version appelée Omega B assurera seule le rôle de flagship avec une version MV6. La Senator sera donc la dernière représentante de la marque au blitz dans la catégorie des limousines.

La Senator connaîtra aussi une carrière de taxi, mais aussi de voiture de police en Angleterre sous le blason Vauxhall
La Senator connaîtra aussi une carrière de taxi, mais aussi de voiture de police en Angleterre sous le blason Vauxhall

Avouons qu’aujourd’hui, la Senator peut faire de l’oeil à un amateur éclectique. Motorisation puissante (avec du couple à tous les étages), voire trop puissante en version Irmscher, intérieur de grand luxe, discrétion et distinction, et tarifs très abordables : autant d’argument pour s’offrir cette grande berline atypique qui n’a désormais plus cours chez les constructeurs généralistes. Rendez-vous sur le Bon Coin !

 

Articles associés

9 commentaires

Rayan

Le 19/11/2016 à 18:00

Une allemande méconnue et que possédait un habitant de mon ancien quartier

Merci pour l’article

Wolfgang

Le 19/11/2016 à 18:01

Boff c’est la recette reprise par les Audi modernes.
La bagnole de ceux qui ont du fric mais qui veulent pas trop le montrer.
Sauf que l’Opel était bien plus moche que les Audi. ça faisait très DDR quand même. Surtout avec le velours façon auto soviet haut de gamme.

Jean Leclerc

Le 20/11/2016 à 01:59

Objection votre honneur! rien que pour la prop’ et le 6 en ligne cette Opel demeure plus intéressante que les Audi contemporaines.
Le plus dur, du moins en France, sera justement d’en trouver une!

olivier

Le 20/11/2016 à 08:52

Très bon article. De mémoire d’après mes lectures de cette période, il n’y avait pas beaucoup de pièces communes avec l’Omega A. Véhicule rare de nos jours. La presse parlait de calandre « coupe frite ». Personnellement, j’ai une préférence pour les véhicules « décalés », si commercialement ce n’est pas une réussite, on s’en souvient quand même. Pour la remarque précédente, comme quoi les anciennes recettes servent toujours et ce n’est pas une mauvaise idée. Les options sont faites pour cela. Le cuir, ça demande plus d’entretien, donc le velours de série, même sévère en coloris, je ne suis pas contre.

LHB

Le 20/11/2016 à 10:01

La cellule centrale et les portières ont l’air identiques à celles de L’Omega. Je me trompe ?

Girling

Le 20/11/2016 à 10:43

Dernier L6 d’Opel, fin des propulsions et de toute une époque.
Il faudra aussi parler de l’Oméga V8 mais c’est une autre histoire….

Jean

Le 20/11/2016 à 12:30

La fin des belines propulsions chez Opel, c’est beaucoup plus récents (2003 avec la fin de l’Omega B).
Pour revenir à la comparaison avec Audi, je suis pas sur que le physique des 100/200 soit beaucoup plus avantageux que cette Senator, enfin la V8 avait quand même le handicap d’être une 200 rallongée (ce qui se voyait sur le coup), donc pas sûr que les Audi de l’époque soient bien meilleures de ce côté-là.
Quant on voit ce que les Australiens ont pu sortir comme modèle à partir des chassis des Senator/Omega, surtout qu’ici on a rien qui soit, même vaguement, approchant, c’est effectivement regrettable que cette lignée se soit arrêtée chez nous…

BASS MANTA

Le 10/07/2017 à 14:25

Bonjour

Je roule depuis 2006 en SENATOR B CD avec le C30SE de 204cv.
Boite manuel ou boite automatique, c’est du bonheur !
Elle n’a rien à envier au moderne, puisqu’elle possède les sièges avant chauffant, les rétroviseurs ext électrique et chauffant, le compteur digital, les 4 VE, le toit ouvrant, … et la clim.

Si la SENATOR s’éteint en septembre 1993, ma boite automatique a était immatriculé pour la première fois en novembre !!!
La seul option que je n’ai pas, c’est la banquette arrière en cuir chauffante; mais elle le sera par la suite.

Par rapport à l’article, les photos de l’intérieur sont ceux des premiers modèles.
Le design a était modifié au niveau de la console centrale > http://aws-cf.caradisiac.com/prod/mesimages/255626/senator_b-009.jpg

Le 2.6 possède un système DUAL RAM comme sur le C30SE. Les clapets ne sont pas monté du même coté, à droite pour le 3 litres et à gauche pour le 2.6.
Par rapport au 2.5, le 2.6 gagne 10cv et le couple passe de 201 Nm @ 4000 à 216 Nm @ 3600.

Si vous cherchez une SENATOR B, il vous faudra de la patience… Encore plus pour une OMEGA 3000 24V.

Whanekill57

Le 13/01/2018 à 18:44

Je suis propriétaire d’une Senator A de 1979, équipé du L6 3.0 de 180ch.
Confortable, rapide, silencieuse, la puissance se trouve vraiment après 4000trs, avant c’est de la puissance confort sans se faire remarquer.
L’intérieur chez moi et en full velours rouge bordeaux, pas d’option !
La direction assisté et les laves phares sont (je crois) de série !
Voiture pas trop chers, surtout apprécié en Allemagne évidement, le 3.0 est capable de beaucoup et il est fiable !

Laisser un commentaire