Opel Vectra B i500: la timide sportive signée Irmscher !

Publié le lundi 2 novembre 2015.
Mis à jour le lundi 8 juillet 2019.
Retour

En Allemagne, on a le culte de la performance, particulièrement automobile, mais aussi du kitsch : c’est d’outre Rhin que nous vient le tuning. Aussi, autour des grands constructeurs que sont BMW, Mercedes, Vokswagen/Audi ou Opel se sont développées des officines plus ou moins officielles pour proposer préparations moteurs, spoilers, jantes, jupes, becquets ou ailerons aux mordus de la vitesse et du « m’as-tu-vu ». Aujourd’hui, on en trouve encore un paquet, du très sérieux Alpina devenu constructeur à part entière (lire aussi : Alpina), Abt oeuvrant pour VW/Audi, AMG devenue filiale de Mercedes, jusqu’aux plus délirants comme Mansory (lire aussi : Mansory).

l'i500 existe en berline et en break !
l’i500 existe en berline et en break !

Dans le cas d’Opel, c’est la firme Irmscher qui tient le rôle de préparateur officiel. Créé en 1968 par Günther Irmscher près de Stuttgart, grâce à la revente d’une Opel Kadett de rallye, la société propose accessoires et préparations pour les Opel bien entendu, mais aussi pour d’autres marques. Grâce à un contrat avec la marque de Russelheim pour la préparation des véhicules sportifs, Irmscher prend son envol au début des années 80, tout en restant indépendant (c’est toujours le cas aujourd’hui). Au début des années 90, la firme est en pleine bourre : création d’une usine en Espagne en 1989, lancement de l’Omega 500 Evolution en 1990 (lire aussi : Omega Evolution 500), contrat d’assemblage de la Renault Safrane Biturbo (Hartge s’occupant de la préparation moteur, lire aussi : Renault Safrane Biturbo), bref, on est loin de la petite société des débuts.

i500 02

Si Irmscher se paie le luxe de travailler pour d’autres, elle reste très liée à Opel et s’occupe de lui préparer des « séries spéciales sportives » tout ce qu’il y a d’officielles, présentes au catalogue de la marque au blitz. C’est ainsi que naquit l’Opel Vectra i500 ! Depuis 1995, la Vectra B a remplacé la Vectra A. Cette dernière avait au moins le mérite de proposer dans sa gamme une version 2 litres Turbo à transmission intégrale de 204 chevaux. Mais la Vectra B, elle, reste très sage, avec au sommet de sa gamme le V6 X25XE de 2,5 litres et 170 chevaux. C’est Irmscher qui va s’y coller pour offrir une version sportive de cette nouvelle Vectra.

i500 03

C’est en 1997 que la i500 est présentée. Le V6 2,5 X25XE est modifié pour proposer un peu plus de puissance (195 chevaux), et plus de couple (240 nm). Les suspensions sont elles aussi retravaillées et « typées » sport, avec une garde sol réduite de 20 mm, tandis que l’i500 reçoit des freins renforcés, des jantes BBS de 17 pouces, des pare-chocs avant et arrière retravaillés, des couleurs spécifiques, des sièges Recaro en cuir et des inserts de carbone dans l’habitacle.

L’i500 est proposée en berline et en break, et seulement sur les marchés allemand et suisse. Aucune ne sera officiellement vendue en France. A l’origine, l’i500, comme son nom l’indique, devait être une série limitée à 500 exemplaires, mais malgré ses seulement 25 chevaux de plus, elle rencontra un vrai succès auprès des amateurs d’Opel, et 1300 exemplaires seront fabriqués, répartis en deux séries : la première à partir de 1997, et la deuxième à partir de 1999, bénéficiant du léger facelift de la Vectra B.

i500 04

En 1998, l’i500 servit de base à un modèle véritablement plus exclusif et plus performant, i30 qui, comme son nom l’indique, fêtait les 30 ans d’Irmscher et la création de la 3ème usine de la petite firme à Eisenach. La série est limitée à 30 exemplaires évidemment, ce qui la rend particulièrement rare. Contrairement à l’i500, elle reçoit le V6 3 litres X30XEI (dont est aussi dérivé le moteur de ma Saab, lire aussi : Saab 9-5 Griffin V6 3.0t) porté lui à 220 chevaux.

Si l’on est fan d’Opel, ces modèles sont à collectionner bien entendu. Pourtant, on peut rester dubitatif devant le peu d’amélioration des moteurs de la Vectra. Même en gagnant 25 chevaux, l’i500 reste en dessous des 200 ch, et n’est donc pas particulièrement sportive. Même l’i30 est assez décevant niveau puissance. Restent la rareté, les peintures exclusives, et l’équipement spécifiques : est-ce suffisant pour partir en chasse d’un tel modèle ? A vous de voir : sachez tout au moins qu’il existe !

A lire sur Irmscher: www.irmscher.com

 

Articles associés

5 commentaires

Greg

Le 02/11/2015 à 14:11

Oh-la, objection votre honneur!
Le tuning en Allemagne est, à la base, une affaire très sérieuse qui ne se résume pas qu’à des jantes larges et un kit carrosserie!
L’automobiliste allemand est pragmatique, le latin est plus… démonstratif.
Donnez un budget égal à un Allemand et un français et demandez leur d’aller faire leurs emplettes chez, disons, Mercedes.
Le Français choisira probablement une Classe C bien équipée et bien optionnée, si possible. Pas bête.
L’Allemand, lui, optera probablement pour une Classe E: pas dans la même gamme de prix, il la prendra alors en finition de base et petite motorisation: pour son argent, il préfère le modèle plus grand, plus confortable, plus logeable. Pas bête.
Dans les catalogues de voitures allemandes, il n’est pas rare de voir même chez les « premium » des photos d’intérieur avec des lève-vitres à manivelle…
Partant de là, ça laisse au marché de la seconde monte un kolossal vivier de clients désireux d’améliorer l’ordinaire.
En outre, sur les autoroutes allemandes, les bretelles d’accès sont courtes et la vitesse est parfois libre.
L’Allemand peut être incliné à améliorer les performances de sa monture.
C’est là que les tuners se placent.
Ne pas confondre: personnalisation à coup de peintures bariolées, intérieurs flashy, néons, gros amplis et capacités assorties, et amélioration des performances avec prépa moteur et travail soigné sur les liaisons au sol voire même sur la structure 😉
Certaines préparations vont tellement loin qu’elles justifient que la voiture de départ ne puisse plus porter le nom de son constructeur, mais celui de son préparateur: Alpina, Ruf, Brabus, AMG…
Même s’ils sont capables de vous faire du bien kitsch, si vous le leur demandez gentiment…

Paul

Le 02/11/2015 à 14:15

J’ai rigolé tout seul à la lecture de ton commentaire très pertinent… C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il m’arrive de présenter sur BR des « oeuvres » de ces artisans allemands (Alpina, Ruf, Guttman etc) alors que personnellement, je n’aime pas le tuning, du moins au sens où on l’entends en France: peinture flashy, leds sous le châssis, sono dans le coffre et extensions d’ailes en veux-tu en voilà ! Mais comme tu dis, les allemands sont aussi des commerçants qui ne renonceront jamais à faire du kitsch si la clientèle est là 😉

Sull

Le 28/01/2016 à 02:14

J’ai trois gros amplis dans le coffre et tout les accessoires qui vont avec, c’est pas pour ça que je suis un kéké tuning avec une couleur bariolée et des leds partout, la aussi on peut faire des choses discrètes voir visible mais de bon gout 😉

Pour ceux qui s’intéressent au tuning des Opel, citons également STEINMETZ qui est également spécialisé dans cette marque.

Docteur_Oliv

Le 06/11/2017 à 18:01

T’as raison, et c’est pas récent car c’est lui qui préparait les OPEL les plus rapides au temps des CAPRI et BMW 3.0 CSL

mOX

Le 03/11/2015 à 00:30

Il faut bien reconnaître tout de même que le kit carrosserie n’enjolive pas vraiment une auto globalement élégante au naturel si l’on se remémore les canons stylistiques de l’époque (405 et Audi 80 par exemple). Même remarque en se qui concerne Alpina. Je n’ai jamais vraiment trouvé valeur ajouté sur les modifications esthétiques de ces préparateurs professionnels. Du point de vue mécanique, naturellement c’est autre chose (encore que chez Alpina c’est davantage une question de goût et non de performance pur). Mais dans le cas présent, Lotus n’était pas dans le coup et c’est bien dommage car voilà bien un sacré préparateur 😉

Laisser un commentaire