OSCA 1600 GT : la dernière carte des frères Maserati

Publié le jeudi 20 juin 2019.
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Si tout le monde connaît la marque italienne Maserati, les connaisseurs de l’autre marque des frères Maserati, OSCA, sont moins nombreux. Bien que l’essentiel de l’activité de la petite officine de Bologne soit consacré à la production de voitures de course ou à la réalisation de moteurs (pour Fiat notamment), Ernesto, Ettore et Bindo Maserati décident de revenir à la route avec une berlinette légère et performante, la 1600 GT.

L’Osca 1600 GT carrossée par Zagato fut la plus répandue, avec 98 exemplaires.

C’est en 1947 que les trois frères décident de quitter la marque qui porte leur nom, Maserati, pour fonder OSCA (Officine Specializzate Costruzione Automobili). Il est vrai que, depuis la vente de leur première marque à la famille Orsi dix ans plus tôt, ils ne se sentent plus vraiment chez eux. Profitant de la fin de leur contrat les liant à la marque pour 10 ans, ils partent de Modène vers Bologne pour cette nouvelle aventure.

Les frères Maserati à la relance

Les choses sont claires dans leur esprit : OSCA doit se consacrer à la compétition, la passion du trio. Rapidement, la petite marque va se faire un nom en compétition notamment avec son modèle MT4 dont 77 châssis seront construits (4 exemplaires seront “habillés” en berlinette par Vignale et Frua). Malheureusement, la course coûte cher, et le marché est relativement petit. La petite marque, comme Maserati en son temps, se retrouve en difficulté financière. Le salut va venir d’un géant de l’automobile, Fiat, qui cherche un moteur vif et sportif pour un duo coupé/cabriolet chargé d’aller concurrencer les Alfa Romeo Giulietta Sprint et Spider.

Ernesto Maserati va donc plancher sur un 4 cylindres double arbre de 1 491 cc développant 90 chevaux. Ce dernier va être produit sous licence par Fiat pour équiper la Fiat-OSCA 1500 GT, offrant un vrai bol d’air à l’officine bolognaise. Avec l’argent vient l’ambition : si cette licence ne suffit pas à sauver OSCA, elle lui donne un peu plus de moyens. Pourquoi pas proposer à la clientèle une petite sportive au châssis dérivé de la course, au poids contenu, et doté du même moteur maison ? Les frères Maserati sont désormais conscients que pour survivre en compétition, il faut aussi des voitures “stradale” plus commerciales et rentables.

L’Osca 1600 GT pour sauver l’entreprise

D’une part, le moteur est retravaillé pour passer à 1 568 cc. Pour satisfaire une large clientèle, il est proposé en plusieurs niveaux de puissance : 96 chevaux (GT), 105 (GT2) 125 (Veloce) voire 140 (GTS). Le châssis tubulaire est dérivé de celui de la MT4, avec des suspensions à quatre roues indépendantes et double triangulation. Côté carrosserie (en aluminium pour réduire le poids), on a le choix entre plusieurs “couturiers” : Zagato (avec pas moins de 3 versions différentes, à toit plat, double bosselage ou double bosselage avec aération, dessinées par Ercole Spada), Fissore, Bertone, Touring, Boneschi ou Morelli. Les deux premiers raflent la majorité des commandes (98 exemplaires pour Zagato, 24 pour Fissore, les autres carrossant 1, 2 ou 3 unités chacun).

Le résultat est en tout cas plaisant, quel que soit le choix de l’habillage, en coupé ou en cabriolet/spider. Présentée en 1960, l’OSCA 1600 GT mettra pourtant quelques temps à rentrer en production, faute de moyens et d’homologation rapides. Ce n’est qu’en 1962 que les premières livraisons interviennent. Malheureusement, malgré la qualité du produit, les ennuis financiers s’accumulent : le retard pris a plombé la trésorerie, tandis que les ventes sont décevantes.

La 1600 GT carrossée par Touring (2 exemplaires) et son moteur OSCA-Fiat.

Le début de la fin

Logique pourtant, la production artisanale, le recours à des carrossiers extérieurs et le coût de l’aluminium rendent l’OSCA 1600 GT trop chère malgré un moteur amorti et produit industriellement. En outre, l’image de la marque reste encore très confidentielle malgré les victoires sur circuits dans les années 50. Difficile de percer sur un marché pénalisant les nouveaux entrants. Les frères Maserati vont devoir, encore une fois, trouver une solution. C’est le Comte Agusta, fondateur des motos MV Agusta, qui va “sauver” la marque en la rachetant.

La 1600 GT carrossée par Fissore (en haut, 21 exemplaire) et celle carrossée par Boneschi, dite Swift (en bas, 3 exemplaires)

Malheureusement, Agusta va vite interrompre, en 1963, la production des 1600 GT. Seuls les derniers châssis déjà produits seront assemblés et vendus après le rachat. Il y eut un projet de relance avec les 1050 S et Spider, dotées d’un moteur OSCA de 1 057 cc de 63 chevaux mais qui ne trouvèrent jamais leur clientèle. MV Agusta décida de stopper l’aventure, se servant d’OSCA comme d’un bureau d’études pour concevoir des moteurs d’auto ou de moto, avant de fermer l’entreprise en 1967. L’aventure n’aura duré que 20 ans.

L’Osca 1600 GT Cabriolet carrossée par Fissore, produite à 3 exemplaires seulement.

Reste cependant ces 130 exemplaires des OSCA 1600 GT, aux carrosseries différentes (et parfois aux solutions techniques différentes, puisque certaines reçurent des châssis Fiat, d’autres des ponts arrières rigides) mais possédant toute le parfum de la rareté, l’esprit de la haute couture automobile des années 60 tout en conservant l’esprit de compétition qui animait les frères Maserati. Laissez-vous tenter par l’originalité.

 

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1 commentaire

YVES LEFEVRE

Le 26/07/2019 à 07:48

je vous remercie pour ce commentaire sur l’epopee
OSCA des freres MASERATI

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