Packard Twelve Concept : la dernière Packard

Publié le mardi 23 août 2016.
Mis à jour le jeudi 11 juillet 2019.
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Vous aimez les grosses américaines, vous rêvez d’un V12, d’une exclusivité à toute épreuve (1 seul exemplaire), d’un nom connu et reconnu sur le capot, et vous n’avez pas peur du ridicule ? Alors partez à la recherche du propriétaire de la Packard Twelve Concept, qui l’a acheté aux enchères en 2014 pour la modique somme de 143 000 $. Et si vous trouvez l’addition un peu salée, rappelez-vous que ce prototype a coûté pas moins de 1 500 000 $ au promoteur du « retour » de Packard à la fin des années 90.

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Packard, après une fusion un peu ratée avec Studebaker, avait cessé toute production en 1956. Certes, un petit malin avait racheté les droits de la célèbre marque pour lancer Packard Bayliff Coach dans l’Ohio, une officine rebadgeant de vulgaires Cadillac avec une nouvelle calandre et le logo Packard, mais de là à dire que Packard existait toujour hein ?

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Roy Gullickson a fait fortune en vendant du matériel agricole, et a touché un petit pactole en revendant les parts de sa société au début des années 90. Beaucoup auraient profité de l’argent pour vivre une retraite heureuse et sans soucis. Mais Roy est un passionné de l’antique marque américaine, et se dit qu’avec le pognon, il pourrait bien la relancer.

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Pour 50 000 $, notre ami un peu fou rachète les droits de la marque Packard, et avec 5 ingénieurs et techniciens, ainsi que l’aide d’un designer, Arunas Olaspus (un ancien de chez Zimmer notamment, ce qui explique sans doute le côté baroque du prototype), il se lance dans la réalisation de son projet, la Packard Twelve, à partir de 1994.

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La future Packard sera prête à la mi 1998 et présentée en Octobre de la même année à Tucson. Sous le capot, un V12 de 525ci, développant 440 ch, conçu par Falconer Industries, spécialisé dans les moteurs de voitures de course. Elle atteint le 0 à 60 mph (un peu moins de 100 km/h) en 4,8 secondes. Il faut dire que malgré son look pachydermique, la Twelve ne pèse « que » 1700 kg. Bref, la Twelve veut jouer dans la cour des grands… Et mine de rien, elle a quand même 4 roues motrices !

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C’est sans doute la ligne de la Twelve qui dérange le plus, hésitant entre passé et futur. On retrouve un peu toutes les inspirations, ici du Packard d’antan, là du Tucker. Le profil général semble un peu mou (certains diront qu’elle a fondu au soleil), et la calandre biscornue n’arrange rien à l’affaire. Drôle d’engin esthétiquement en vérité : une chose est sûre, c’est qu’elle ne plaît pas à tout le monde.

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Gullickson est d’apparence mesuré : il pense produire 10 à 12 Packard Twelve la première année, au prix de 160 000 $, et 75 sur les 3 prochaines années… Mais ses ambitions pour 2010 sont ahurissantes : 2000 véhicules par an ! Rien que cela. En réalité, notre ami n’a plus beaucoup d’argent en caisse, et n’a pas vraiment les moyens de produire ne serait-ce que les 10 premières, malgré 70 bons de commande signés (selon lui hein, car rien n’est moins sûr).

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En fait, Gullickson le sait : il lui faut au moins 10 millions de $ pour lancer la production, puis investir encore 20 millions pour des plus grandes séries. Et quand bien même il aurait eu l’argent, la partie n’aurait pas été gagnée. Son concurrent désigné, Bentley, se moquera d’ailleurs du projet par la voix de son porte parole John Crawford qui précisera qu’il faut au moins 70 millions de $ pour développer une nouvelle Bentley. Bref, l’affaire tournera vite au fiasco, et la Twelve ne rentrera jamais en production.

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Pendant des années, Gullickson va tenter de revendre le package marque + prototype au prix de 1,5 millions de $, histoire de rentrer dans ses frais. Sans succès. Finalement, il se résoudra en 2014 à vendre seulement le prototype aux enchères, via RM Auctions. La voiture se vendra donc… 143 000 dollars, laissant un goût amer et une perte sèche à Roy Gullickson.

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Si vous êtes tombé amoureux de cette drôle de berline (on sait jamais hein, certains aiment le bizarre), vous savez ce qu’il vous reste à faire : retrouver l’heureux acheteur et lui faire une offre ! Avec un peu de chance, vous pourriez repartir au volant de ce proto déjanté, moche à souhait mais exclusif au possible, et surtout la dernière Packard jamais construite !

13 commentaires

Michel

Le 23/08/2016 à 14:13

A coté, la BUFORI fait presque classique!

phalanxs

Le 23/08/2016 à 15:25

Le V12 Falconer, a-t-il un lien avec la corvette C4 V12 ?

Paul

Le 23/08/2016 à 15:30

Bonne question… voici en tout cas un lien vers le site de Falconer qui décrit son V12: http://www.falconerengines.com/faq.php?faq=falconer_v12

Malo

Le 23/08/2016 à 18:46

Je pense qu’avec des lignes un peu plus tendues la Packard aurait été buvable… Mais rien n’est moins sûr..

Nabuchodonosor

Le 23/08/2016 à 19:04

Grâce à BR, l’heureux propriétaire du proto sera soulagé de savoir qu’en cas de choc frontal il pourra toujours se fournir dans la banque d’organe de Bufori, et vice et versa, leur faciès présentant, grosso-merdo, mais surtout merdo, quelques similitudes…
🙂

JN

Le 23/08/2016 à 19:29

Et la marque, elle est toujours a vendre?

Je souhaiterai rebadger des Trabant achetées 200 euros en Hongrie…

Laurent BUNNIK

Le 23/08/2016 à 20:05

De toutes les tentatives de faire revivre Packard, une des moins connues (mais certainement des plus viables économiquement) a été de modifier des Facel Vega Excellence avec calandre… et ancien moteur Packard à la place du V8 Chrysler…

https://56packardman.com/2016/08/16/gear-head-tuesday-attempts-at-a-packard-revival-over-the-years/

56PackardMan

Le 28/08/2016 à 23:04

Merci de joindre à mon blog. J’ai reçu beaucoup de visites des lecteurs en France, grâce à vous !

Gregocox

Le 24/08/2016 à 19:28

Curieux, moche….et je ne sais pourquoi j’adore.

Icee

Le 27/08/2016 à 14:19

Bonjour à tous, c’est mon premier message ici.
C’est étrange a quel point ce véhicule aurait pu avec un peu plus de réussite au niveau design s’intégrer dans une branche luxueuse de Chrysler avec les concepts cars Phaeton de 1997 et Atlantic de 1995.

Paul

Le 27/08/2016 à 16:50

Bienvenu sur Boîtier Rouge 😉 … Et oui, étonnant qu’aucun constructeur US (et pourquoi pas Chrysler) ne s’y soit intéressé !

Icee

Le 27/08/2016 à 20:07

Merci beaucoup.
J’y faisais référence car:
-les lignes de ce modèle ressemble beaucoup à ces modèles.
-j’ai lu plus haut qu’il y a eu une tentative précédente en lien avec Chrysler.
Malheureusement Mercedes est passé par là et ce fut fini du programme néo-rétro de Chrysler (à part pour la PT cruiser et la Prowler) .

allan wagos

Le 07/12/2017 à 10:29

Perso, j’adore cette folie genre BD , l’intérieur est superbe et le moteur n’est pas en reste…..

Et puis c »est pas la bagnole de tout le monde vu qu’elle est la seule, rien que pour ça , elle me plaît,

Ça me rappelle un peu cette époque des Américaines dingues des années 50 , avec des carrosseries démentielles et des moteurs de 7 litres , des intérieurs comme des salons de maisons de passe et tout ce qui évoque la démesure made in USA ….

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