Panhard 24 : un tigre dans votre moteur.

Mercredi 16 avril 2014
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En 1963 paraît une nouvelle automobile que j’affectionne tout particulièrement. Fabriquée à Paris, avenue de la Porte d’Ivry, par la doyenne des marques automobiles françaises, la Panhard 24 marque les esprits à sa sortie par son look équilibré et très moderne pour l’époque. Ce coupé 4 places, disponibles en deux longueurs (C, à empattement court, et B à empattement long), est élégant et pur, et surtout, s’offre un Tigre sous le capot.

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Pourtant, le succès ne sera pas vraiment au rendez-vous. Première pierre du renouvellement de la gamme de Panhard, elle restera sans dérivé « berline », et réduira le constructeur d’Ivry au rôle de figurant sur le marché français, ses PL17 vieillissantes ne suffisant plus à faire du volume (lire aussi: Panhard PL17). En outre, Panhard est passé dans le giron de Citroën en 1965 (la collaboration débutera en 1955, avec la production de 2CV Fourgonnettes), qui stoppera tout développement et ne soutiendra pas vraiment la 24. Au total, seuls 28 651 exemplaires de la 24 sortiront des chaînes jusqu’en 1967, et l’arrêt de Panhard (dont 14 181 exemplaires de la 24 CT, et 1623 de la C).

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La 24 est disponibles en deux longueurs donc, mais aussi deux types de moteur : un flat twin, Tigre ou non, d’une cylindrée de 843 cm3. Le modèle de base développe 42 ch (DIN) sur les 24 C, B, et BA (version dépouillée de la B). Le moteur Tigre (la gloire de Panhard), lui, développe 50 ch (DIN), et sera encore amélioré en 1965 pour atteindre les 160 km/h.

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Ces chiffres peuvent paraître dérisoires. 160 km/h c’est bien peu, mais à l’époque c’est énorme, et surtout il s’agit d’un bicylindre de petite cylindrée, et de puissance relativement faible. C’est dire si la Panhard 24 est bien née. Aérodynamisme, centre de gravité bas, légèreté (moins de 800 kg pour les versions C et CT), et moteur nerveux rendent ce coupé bourgeois un brin sportif.

A chaque fois que j’en vois une, je regrette qu’une gamme moderne n’ai pas été créée autour d’elle. C’est fou comme les constructeurs français n’ont jamais réussi à faire perdurer des marques et gammes complémentaires dans un même groupe. Citroën tua Panhard, Peugeot Simca/Talbot, et Citroën faillit un temps être tuer par Peugeot. Quand on voit le succès d’un groupe multimarque comme Volkswagen, on peut le regretter.

Lire aussi: la Panhard Super 24 CT et aussi La denière Panhard !

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13 commentaires

L'Ornitho

Le 18/02/2015 à 20:50

Quelle put… de ligne, surtout en version courte.

Où est passé le style français, au sens noble du terme? Plus que des banalités mondialistes, insipides – les Renault, par exemple, sont immondes. Et que dire de Citroën et Peugeot..? Rien sans doute, tellement ça frise le commun mauvais goût.

Paul

Le 18/02/2015 à 21:16

Alors là mon cher ami, je suis totalement d’accord avec toi: où est passé le « style » d’antan !!! Et surtout celui de cette 24, si gracile et si séduisante !

McCloud

Le 05/09/2016 à 09:29

C’est clair ! Mais soyons objectifs : cette approche esthétique n’est-elle pas aussi une question de génération ? Un jeune va considérer l’Audi A6 ou la DS3 comme indépassables au plan du style, et regarder une DS23 Pallas comme une espèce de gros hanneton bas sur pattes, et une R17 comme un OVNI à rayures?

Aujourd’hui on est dans une logique de marché mondialisé où il s’agit de produire de la caisse à savon en PVC « connectée » et jetable, conçue pour séduire le plus grand nombre, lequel étant formaté depuis deux décennies à une uniformisation stylistique dont les codes sont asiatiformes. Les angles rognés, les avants plongeants et les capots courtauds sont imposés par le sacro-saint principe de précaution -il s’agit de protéger des angles saillants les jambes du piéton qui ne traverse pas dans les clous-, principe de précaution encore dans la conception des intérieurs, étudiés de sorte à occasionner les moindres dommages corporels en cas de collision, le GPS est là pour éviter de se perdre, la voiture, devenue très bavarde, vous informe de l’état de la route, si elle est sèche, humide, mouillée… en gros il est temps d’inventer la téléportation tellement les bagnoles actuelles sont insipides et emm…dantes, témoins d’une époque qui voudrait annihilier les imprévus et nous amener tout droit à l’âge séculaire après une vie pépère de citoyen responsable, sans passion, sans mythes, sans prises de risques, sans vagues.

Motomo

Le 21/07/2017 à 11:44

Je suis d’accord avec vous.

bouyssier

Le 07/08/2018 à 21:48

Comme Renault des traîtres pendant la guerre, en plus une marque qui délocalise et n’emploient que des migrants  » à vomir  » et ces pauvre Français qui continuent d’acheter ces Renault d’hypocrites 🙂

Jean-Claude Renard

Le 23/05/2015 à 14:39

Il est vrai que la France à eu de très belles marques entre autre Delaugere mais plein d’autres encore et celles qui restent ne sont même plus fabriquée en France.

pag

Le 23/05/2015 à 21:44

Panhard était un super constructeur. De ses véhicules militaires aux Dyna (au chassis en alu !), ses voitures étaient pleines d’idées, simples et pratiques… J’ai toujours adoré la 24, que je trouve toujours moderne. Petit moteur, grande performance. De la place dans l’habitacle (et dans le coffre !), des centaines de réglages de sièges différents… Panhard aurait dû vivre encore longtemps.
Merci pour l’article !

pierre

Le 21/01/2016 à 00:48

l’equipement de cette 24 etait tres moderne pour l’epoque , avec en particulier une ventilation et chauffage tres poussée.
Tres belle auto ….qui serait encore tres actuelle coté dessin !!!

Jacques Andlauer

Le 07/05/2016 à 15:23

J’adorerais entendre Arlette prononcer le mot Panard ! Cette 24 ne semble pas avoir pris une ride ou est-ce moi qui deviens vieux ? Toujours est-il que j’ai été bluffé par son équilibre lorsque j’ai pu en conduire une il y a très, très longtemps… Il y a, en effet, de quoi verser quelques larmes sur l’industrie automobile française, chroniquement sous-capitalisée à son apogée et incapable de faire fructifier son capital technique et stylistique après-guerre.. L’Allemagne aussi en est passée par des difficultés économiques plus considérables encore, sans parler des conséquences de la guerre qu’elle avait elle-même déclenchée, et pourtant…

Paul

Le 07/05/2016 à 15:27

Ah Jacques, je suis d’accord avec toi, et lorsque je vois cette 24, je me dis qu’il y avait un « style » à la française même après guerre qui aurait pu perdurer… Et la solution des moteurs tigre, certes fragile, pointus etc, mais peu consommateur en énergie, aurait pu servir après 73 ! Je reste persuadé que l’on s’est tiré une balle dans le pied à ne jamais choisir vraiment entre généralistes et spécialistes, entre populaires et luxueuses etc…. De quoi perdre 10 ans dans les années 70. Les années 80 auront été un peu plus glorieuses pour nos industriels, mais dès les années 2000, même problème: on reprend 10 ans dans la gueule..; La faute sans doute à un sous-investissement chronique, et surtout à une rente diesel dont on connaît les problèmes aujourd’hui 😉

McCloud

Le 04/09/2016 à 20:51

La Panhard 24 a connu une seconde vie insolite (et avortée), ou du moins, son pavillon. Un certain Charles Dechaux a eu l’idée d’accoler deux pavillons de P24 pour en faire… une cabine d’hélico. L’engin n’a été produit « qu’à deux ou trois exemplaires » à la fin des années 60.

http://celag.free.fr/museum/helicopj/hjet_0.htm

Paul

Le 04/09/2016 à 20:59

excellent, je ne connaissais pas 😉

pagprod

Le 04/09/2016 à 21:59

J’ai des photos quelque part, je rechercherai et je vous envoie ça

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