Panther Kallista : roadster british aux saveurs coréennes !

Publié le mercredi 1 octobre 2014.
Mis à jour le jeudi 4 avril 2019.
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Londres, 1982 : le swinging London a disparu, les Sex Pistols ont fait exploser le rock, le ska déboule et ça poggote à tout va dans les boîtes sur les 45 tours de Madness. Adieu la délicatesse des sixties, les Beatles et les Rolling Stones. A côté du rock se profile la New Wave, et du côté de chez Panther, on reste fidèle… à la tradition du roadster néo-classique britannique initiée par Robert Jankel au début des années 70.

Chez Panther, rien ne change et tout change. Bob Jankel a jeté l’éponge, et décidé de lancer sa propre carrosserie, sous son propre nom, pour faire ce qu’il a toujours rêvé de faire : produire des caisses sur mesure pour les stars et les nantis de ce monde, et notamment des limousines ou des breaks sur des bases Bentley ou Rolls. Il a revendu sa petite affaire Panther en 1980 à un coréen, Young Kim, le roi de l’acier au pays du matin calme.

Kim se paie une danseuse, mais n’oublie pas son business premier. Si la Lima (lire aussi : Panther Lima) possédait un grand nombre de pièces de carrosserie en polyester, la Kallista qui lui succède tombe dans le tout en acier. Une façon de promouvoir son activité première, sans jamais atteindre les objectifs escomptés : produire les carrosseries en Corée et les réexpédier en Angleterre coûte cher. Mais peu importe, au moment du lancement de la Kallista, en 1982, personne ne trouve rien à redire tant que le travail ne manque pas : la crise est là, les ouvriers se font mater par la dame de fer, que quoi se plaint-on ?

Avec la Kallista, on pourrait songer à un gros restylage de la Lima. La ligne est effectivement la même, malgré un rallongement des portières, une calandre moins tape à l’oeil, un pare-choc mieux intégré, et un look de Morgan de plus en plus frappant. L’importateur français est d’ailleurs celui de Morgan, le fameux Jacques Savoye.

Côté moteur en tout cas, tout change… Et c’est même un fameux bordel !!! La majorité des Kallista (747 exemplaires) recevra un V6 d’origine Ford de 2,8 litres de cylindrée développant 135 ch en version carbu, mais certains recevront la version injection (128 exemplaires) et d’autres une version injection mais portée à 2,9 litres de cylindrée (135 ex). On s’y perd déjà, mais le pire reste à venir : 560 exemplaires recevront un 4 cylindres XR3 1,6 litres (Ford), 158 ex un 2,3 (Ford encore) et 2 ex un 1,3 litres (Ford toujours, mais je me demande qui a pu commandé telle incongruité?). Pour compliquer l’affaire, dix exemplaires recevront un moteur Fiat 4 cylindres de 2 litres, destinés aux marchés du Moyen Orient (pour quelle raison ? Mystère).

En tout, jusqu’à l’arrête de la commercialisation de la Kallista, ce sont 1740 exemplaires qui sortiront des chaînes. Mais on a beau être le roi de l’acier coréen, y’a un moment où l’on arrête les frais. En 1990, Young Kim jette l’éponge lui aussi, et c’est la fin des belles Panther. Enfin pas tout à fait puisque le constructeur coréen Ssangyong va tenter de poursuivre l’aventure jusqu’en 1992, ne produisant que seulement 73 exemplaires de la belle. Bien sûr, Morgan faisait beaucoup mieux, et plus authentique, mais vu la côte actuelle ou la valeur du neuf, la Kallista est une alternative crédible.

Pour un bel exemplaire à 4 cylindres, comptez environ 15 000 euros, tandis qu’un V6 (plus courant pourtant) se trouvera aux alentours de 25 000 euros. C’est de toute façon de l’autre côté de la Manche que les meilleures affaires se feront (et sur un roadster aussi peu large, le choix d’une RHD n’est pas un problème), car seulement 90 exemplaires auront été vendus en France. En tout les cas, une Kallista pose son homme, avec son Union Jack latéral, et il faudra un connaisseur pour remarquer qu’il ne s’agit en aucun cas d’une Morgan. Alors ? On en pense quoi ?

Lire aussi: Panther Solo

 

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