De La Chapelle Parcours : monospace de grand luxe

Samedi 8 mars 2014
Retour

A la fin des années 80, un homme, Didier Primat, héritier de la famille Schlumberger et passionné d’automobile, semble décidé à dynamiser l’automobile française, et à partir de deux marques tombées dans son escarcelle, MVS (qui deviendra dans la foulée Venturi) et les Automobiles De La Chapelle, tente de se développer sur un marché français qui devient morose. Le Groupe Primwest , qui regroupe les investissements de Didier Primat (ses danseuses diront les mauvaises langues) est ambitieux. Xavier de La Chapelle, le créateur du constructeur éponyme devient le PDG des deux marques et les projets se font nombreux tant chez Venturi que chez DLC.

Jusqu’à présent, De La Chapelle ne produit que des répliques (enfin pas tant que cela puisque jusqu’au relancement de la marque Bugatti par Romani Artioli en 1990, la firme lyonnaise dispose du droit d’utiliser la marque Bugatti grâce à un accord généreux avec la firme Messier-Bugatti, spécialiste de l’aéronautique et héritière de la firme de Molsheim. Vous suivez toujours? (lire aussi: De La Chapelle Stimula Type 55).

Xavier de La Chapelle est l’héritier d’une famille dont le grand-père créa au début du siècle l’une des nombreuses marques d’avant guerre, Stimula. C’est sous ce patronyme qu’il se lance en 1979 dans la construction de roadster néo-rétro. Ne nions cependant pas la qualité du travail de Xavier de La Chapelle, qui en cette fin des années 80 équipe ses voitures de moteurs BMW qui bénéficient de la garantie et de l’assistance réseau de la marque munichoise.

Avec le rachat par Primat, et malgré les énormes pertes, l’ambition est présente. Venturi s’oriente vers la course (Formule 1 puis Gentleman Trophy) et les GT (la 2.80 SPC puis la 260 APC, sans compter le formidable Transcup), tandis que De La Chapelle (allez savoir pourquoi) se lance sur le créneau du monospace haute performance et de luxe. Ce sera le Parcours, doté dans un premier temps d’un V12 Jaguar, rien que ça, puis d’un V8 Mercedes (ce qui nous en conviendrez n’est pas mal non plus).

En tout seulement trois exemplaires seront construits. Un premier, non roulant (une maquette dotée d’un moteur, le fameux V12 Jaguar développant 273 chevaux), un deuxième, roulant mais non homologué, doté d’un V8 5 litres Mercedes de 326 chevaux, à la vitesse de pointe de 240 km/h, qui sera présenté au salon de Genève 1992, et un troisème, en tout points identiques, mais homologué, lui…

Les deux modèles roulants sont dotés d’une transmission intégrale qui au dire d’un de ces proprétaires permet des performances étonnantes pour un tel engin. Sur ces deux engins roulant, existent deux configurations : l’exemplaire n°2, non homologué, dispose à l’arrière de 4 sièges face à face, comme dans un salon, tandis que l’exemplaire n°3 homologué dispose de deux rangées de sièges à l’arrière. On dit que ce 3ème exemplaire servit aux cadres du Groupe Primwest pendant quelques temps.

D’ailleurs la cible du Parcours était bien celle là, reprise plus tard par le Passport d’Hobbycar : les chefs d’entreprise désireux d’avoir un bureau roulant. L’intérieur ultra luxueux du Parcours en témoigne, avec tout ce qui se faisait de mieux à l’époque (et qui peut paraître dérisoire aujourd’hui).

8393

La crise est là en 1992, et Venturi coûte des millions au Groupe Primwest (la fausse bonne idée de la Formule 1 notamment), qui réduit la voilure : abandon de De La Chapelle, vente de Venturi à Hubert O’Neil qui tentera de relancer la marque (à venir un vrai article sur Venturi). Cela fait quelques temps que Xavier de La Chapelle n’est plus PDG de l’ensemble, et les idées de grandeur sont déjà loin.

de-la-chapelle-parcours-3-jpg1

Restent ces deux exemplaires roulants, qui prouvent, comme le monospace Passport (lire aussi: Hobbycar Passport) qu’à défaut d’avoir du pétrole, on avait des idées en France. Ces deux modèles, contemporains, étaient en avance sur leurs temps, en une période de crise peu propice. Dommage.

L’un des 2 exemplaires roultants, retrouvé… dans un endroit secret

Lire aussi:

De La Chapelle Roadster: DLC Roadster

L’aventure Venturi (Episode 1 puis suivre les liens): MVS Venturi 200 (L’aventure Venturi Episode 1)

Un grand merci à Sifu pour avoir donné l’autorisation de publier ses photos.

 

Galerie d'image

Voir toute la galerie

Contenu alimenté par

Vous possédez une

auto de collection

Racontez votre histoire et soyez publié dans Classic & Sports Car

Découvrez le meilleur moyen de bien vendre votre Auto

Vendre

Vous recherchez une

auto de collection

Faites appel à nous pour trouver la meilleure auto

Articles associés

8 commentaires

Chaussat

Le 09/11/2014 à 23:33

A savoir que le numéro 2 été durant plusieurs années dans le lot et Garonne et depuis 2011 il est en Angleterre

Paul

Le 26/04/2016 à 14:31

Oui je viens de retrouver sa trace 😉

Jota

Le 14/05/2016 à 22:57

Sa présence en Lot et Garonne ou je me rends régulièrement m’a valu un jour un gros coup de frein… et l’incompréhension de ma femme ne comprennant pas que je veuille aller voir un vieil « Espace » sans intérêt « automobilistique ». Le garage était fermé malheureusement car j’aurais bien aimé à l’époque avoir des précisions sur sa provenance et s’il était homologué car disposant a l’arrière d’une plaque en W. La photo n’est pas de moi mais le voici tel qu’on pouvait le voir, c’est a dire croulant sur sa suspension pneumatique, et avec une plaque de salon a l’avant, étonnant comme rencontre…
http://up.autotitre.com/2176d63920.jpg

Bernard

Le 18/11/2018 à 17:41

Bonjour,

Comment savez-vous que le numéro 2 est en Angleterre ?

Est-il dans un garage, un musée ou chez un particulier ?

Avez-vous des infos sur sa localisation ?

Merci pour vos infos.

Joce

Le 19/08/2017 à 17:18

L’idée n’était pas mauvaise !
Je note aussi l’utilisation de feux d’Audi 80 à l’arrière, et de phares de Mazda 626 Coupé à l’avant.

Choco

Le 21/08/2017 à 10:10

Bien sûr que l’idée n’est pas mauvaise. Mais comme souvent elle n’est pas très bien vendue !
Autant le design extérieur est moche autant l’intérieur est tout à fait correct.
Quand même malheureux que l’un des 3 exemplaires se retrouvent à vieillir sur le parking d’un garage de province

Feytimer

Le 09/09/2017 à 20:06

Je le veux !!!!

Paul

Le 09/09/2017 à 20:10

moi aussi, mais il était cher (aux alentours de 30 000 euros) chez GT Spirit 😉

Laisser un commentaire