Peugeot 106 XSI : dans l’ombre de la GTI !

Publié le mardi 2 février 2016.
Mis à jour le mercredi 10 juillet 2019.
Retour

GTI par-ci, 205 par là… Il suffit de parcourir les forums ou groupes automobiles sur Facebook pour se rendre compte de l’impact qu’a aujourd’hui la Peugeot 205 GTI. Sur les annonces du Bon Coin, les prix s’envolent, et bientôt la petite lionne deviendra inaccessible, et il faudra trouver des alternatives pour s’offrir une petite sportive procurant autant de sensation ! Si j’ai rêvé toute mon enfance de cette 205, que ce soit dans ses versions Rallye, GTI, Turbo 16 ou Rallye Raid (lire aussi : Peugeot 205 Turbo 16), elles commençaient à sérieusement dater lorsque j’arrivais à l’âge pré-adulte.

XSI 02

Au début des années 90, je commençais à trouver le temps long, la 205 étant sortie en 1983. Aussi j’accueillais la sortie de la 106 en 1991 avec joie : enfin, Peugeot passait à autre chose, avec une petite voiture encore plus compacte, au positionnement légèrement différent. Au service marketing de la marque au Lion, on avait conscience que remplacer la 205 ne serait pas tâche aisée, et on décida de couper la poire en deux, avec une 106 remplaçant la 104 disparue en 1988, et petit à petit la 205 vieillissante, tandis que la Peugeot 306 (qui n’apparaîtra qu’en 1993) remplacerait pour partie la 205 et bien sûr la 309. C’est donc un duo 106/306 qui à terme remplacerait un trio 104/205/309 largement dominé par la 205. L’offre segmentée, de la petite 106 XN à la 306 S16, en passant par des versions 3 portes, 5 portes (106 et 306), XSI puis S16 (106 et 306), Rallye (106), Cabriolet (306, lire aussi : Peugeot 306 Cabriolet), ou break (306) permettait de combler tous les créneaux du marché. La 205 fera pourtant de la résistance jusqu’à 1999, survivant même au lancement d’une véritable remplaçante en 1998, la 206.

XSI 07

La numérotation de la 106 l’apparentait à la famille 104 plus qu’à celle de la 205. D’ailleurs, la 106, plus petite, dérivait de la Citroën AX lancée en 1986 ! Pourtant, la « sportive » de la gamme, la 106 XSI fut tout de suite comparée à la 205 GTI. Etrange car en réalité, il aurait plutôt fallu la mesurer à la 104 ZS (lire aussi : Peugeot 104 ZS). Surtout que la petite Peugeot prenait bien garde de ne pas utiliser les 3 lettres GTI pour éviter toute comparaison (raté). Autre raison, et non des moindres : si les années 80 avaient été les années GTI, les années 90 s’y prêtaient moins. On voyait les GTI comme des petites bombes roulantes, potentiellement dangereuses sur les routes, surtout aux mains d’apprentis conducteurs ! La petite voiture de sport n’avait plus autant la cote. Avec les lettres XSI, Peugeot croyait éviter toute ambiguïté tout en proposant une petite voiture très performante, grâce à un petit moteur rageur (1.4 litre TU et 100 ch, puis 95 ch à partir de 1993) et à un châssis très sain (dérivé de l’AX GTI), au point que beaucoup regrettaient quelques chevaux en plus. En 1994, la XSI recevra un 1.6 de 105 chevaux, montant moins haut dans les tours, mais plus efficace et souple.

XSI 04

Dans la gamme 106, la XSI jouait un double rôle : celui de la sportive de service, mais aussi celui de haut de gamme. Mais si vous montez aujourd’hui dans l’une de ces voitures, vous vous rendrez compte combien le « haut de gamme » a évolué depuis. Les premières XSI n’avaient même pas les vitres électriques, et bien des accessoires évidents aujourd’hui étaient proposés en option. Elle évoluera dans sa dotation tout au long de sa carrière, prenant son rôle de haut de gamme plus au sérieux avec l’arrivée de la 106 Rallye en 1993, dédiée au sport pur et dur.

XSI 03

Stylistiquement, la XSI tire le meilleur de la ligne tendue et acérée de la 106, grâce à un bouclier avant plus sportif doté d’antibrouillards (lui donnant l’agressivité manquant au reste de la gamme), et à des baguettes latérales, prolongeant les pare-chocs, en plastique noir. En outre, ses jantes de 14 pouces (que cela paraît petit aujourd’hui) rappelaient celles de la 405 Mi16. Proposée en rouge, gris, bleu Miami ou noir, elle indiquait clairement la couleur. On s’en souvient moins, mais rapidement, les petites XSI envahirent les beaux quartiers de la capitale, en même temps chic et performante : la deuxième voiture idéale pour la bourgeoisie. Sachez enfin qu’il existe une série spéciale « Le Mans » (300 exemplaires pour la France) hautement désirable pour sa rareté (à collectionner aux côté des 405 et 306 éponymes).

La rare 106 XSI Le Mans
La rare 106 XSI Le Mans

La 106 XSI, outre ses plus ou moins 100 ch (selon les moteurs ou les années, de 95 à 105 ch on l’a vu), son châssis aux petits oignons, offrait au conducteur un poids plume, 870 kg, conséquence bienheureuse d’un équipement spartiate. Résultat, la voiture est agile, et permet de s’amuser sans aller à des vitesses folles. D’autant que l’insonorisation n’étant pas son point fort, on avait l’impression de « vivre » la route. A l’occasion du restylage de la 106 en 1996, la XSI disparaîtra au profit d’une S16 de 120 chevaux jouant beaucoup plus ostensiblement la carte du sport ! Bref, c’est aujourd’hui qu’il faut s’intéresser à cette 106 XSI : les beaux exemplaires commencent à se raréfier (la voiture n’ayant pas toujours été bien traitée, conséquence de sa fiabilité), et ils n’ont pas encore l’aura de leur grande sœur 205 GTI, mais ils seront sûrement rapidement très recherchés ! Et puis, on fête ses 25 ans cette année !

 

Articles associés

12 commentaires

Greg

Le 02/02/2016 à 14:57

Peugeot, en ne donnant pas de descendante directe à la 205, a laissé un boulevard à Renault, et pendant des années!
Pour les raisons fort bien expliquées par Paul, la 106 XSi ne remplace donc pas la 205 GTI et complète opportunément la gamme par le bas.
Ceci est fort bien vu, du moins jusqu’à l’avènement de la Clio et de la « locomotive » de la gamme, la 16S forte de 140 chevaux!
Lorsque le catalyseur est imposé, la Clio 16S régresse à 137 chevaux et la 205 GTI 1.9 à… 122!
Quand Peugeot donne une héritière à la 205 Rallye, avec une 106 Rallye (…) destinée aux pilotes amateurs qui animent la « petite classe » des 1300cc, Renault vise rien moins que le titre en championnat de France avec un modèle spécial d’homologation, une Clio Williams d’anthologie…
Quand sort la 106 16 soupapes, c’est la cousine Saxo qui la déborde sur le plan de la sportivité avec des réglages châssis très agressifs et un engagement sportif tous azimuts qui fait qu’on la voit, cette Saxo: rallye, rallye cross, circuit…
La 106 est une bonne petite voiture, la version XSi est digne d’intérêt, mais en refusant si longtemps l’affrontement direct avec la Clio, Peugeot a littéralement abandonné à Renault sa part de marché, la part du lion, si j’ose dire…
Que de temps et d’argent perdu avant que la 206 monte sur le ring pour un combat à armes égales!

Paul

Le 02/02/2016 à 15:20

Excellente analyse comme toujours !!! Oui, cette stratégie de faire durer la 205, et de combler par un duo 106/306 a laissé le champs libre à Renault dans ces années là, ce qui fait que beaucoup s’attardent sur la Clio 16s et surtout la Williams, en oubliant la proposition finalement assez attachante de Peugeot sur sa gamme 106: Rallye et XSi… Et effectivement, lorsque la S16 sort, la Saxo 16v semble prendre le dessus, alors que jusqu’à présent, Citroën était en retrait…

Rubinho

Le 02/02/2016 à 17:18

Il aura surtout fallu attendre la 208 pour qu il y ait une vraie suite à la 205… Renault a eu un boulevard pour écouler moultes clio rs quand Peugeot proposait de semblants de sportives car la 206 s16, rc ou 207 rc, c était pas non plus le top. Certaines étaient amusantes mais un poil limité comparée au rs surtout avec châssis cup
On ne peut que se réjouir du retour de Peugeot sur ce marché avec en 1er rcz R puis les gti 30 sur 208 et la 308 gti

martin

Le 23/10/2016 à 09:28

En 1991 quand sort la 106, le marché de la petite sportive est bien érodé, Peugeot à sut passer à autre chose plutôt que de courir après de vieille gloire.

Patrick Coyote Auto

Le 02/02/2016 à 15:09

Que de souvenirs cette XSI, une vraie surprise. Un ami m’en avait prêté une le temps que mon auto de l’époque soit réparée, je ne voulais plus lui rendre et l’ai gardé deux semaines! Un vrai régal au quotidien.

Whealer

Le 02/02/2016 à 21:48

Une très bonne petite sportive très joueuse, mais il fallait compter évidemment avec le market de la marque très incisif, comme à l’accoutumée…sans oublier les look-like XSi comme les séries Pioneer ou encore Kenwood, très premium…

SRDT

Le 02/02/2016 à 22:04

En 1.4 la XSI souffre de la comparaison avec la bouillante Rallye 1.3, surtout les versions sans options. Bien entendu ça reste mieux fini mais vu de 2016 c’est juste moins pire.
En 1.6 c’est plutôt l’inverse avec une Rallye qui perd ce qui faisait son charme et une XSI qui se bonifie.

Marc Limacher

Le 03/02/2016 à 11:12

J’ai eu une 106 XT quand j’étais jeune. A l’époque les XSI avaient un kilométrage tellement excessifs et étaient souvent malmenées (ou mode Tuning).

En fait cette 106, comme la 306, ont été l’illustration du positionnement ambigue de Peugeot à la fin des années 80 début des années 90.
A Sochaux, ont a longtemps hésité. la 309 étant discrète et la 405 un succès, il fallait un autre modèle dans l’aspiration de la 205. L’idée était de faire comme VW avec la Golf qui faisait progresser la longueur de son best seller et remplacer la 205 par un modèle plus grand. C’était donc la 306. Mais Peugeot c’était rapidement rendu compte qu’il manquait une voiture dans la gamme et que même Renault n’en disposait pas. La Twingo n’était qu’un des nombreux projets du losange à la fin des années 80 (il y avait encore la 4L et la Super 5 au catalogue en 1990).
La 106 était l’alternative « cossu » et assez unique à l’époque, car hormis la FIAT Panda et l’Opel Corsa (voir la Rover 100) il y avait peu de voiture de 3m50 sur le marché.

Finalement avec le recul, la 306 a permis d’avoir une véritable compact dans la gamme Peugeot avec la 307 et la suite… la 106 ? pour moi c’est un modèle unique, car la 107 est un pseudo modèle, mais d’accès de gamme pur avec peu de finitions. Tout le contraire de la 106 qui allait de la Kid à la XSI et puis…cette publicité : « si tu le prête ta 106 je te mon corps. » Absolument génial.

martin

Le 23/10/2016 à 09:32

Une beauté classique, à la manière d’une 405.

Paul

Le 05/03/2018 à 11:34

Merci pour ce très bon article. Cependant, étant possesseur d’une XSI 1.4 de 1992, je me dois de relever quelques imprécisions. A son lancement, elle était également disponible en blanc (comme la mienne). Quand je l’ai achetée en 2001, je trouvais ce coloris un peu fade, mais avec les années, je trouve que cela lui va très bien. Par ailleurs, sur les premiers modèles, ce ne sont pas des antibrouillards mais bien des longue portée couplés aux feux de route. On les reconnaît des antibrouillards grâce à leur couleur jaune.

Nils MIRANDOLA

Le 16/11/2018 à 22:46

J’ignore combien il y a eu de 106 XSI, mais on en trouve quasiment plus. Contrairement aux 205 GTI, très prisées et encore très courantes.
L’image de la légendaire 205 GTI a tué la XSI. Les qualités de la XSI et leur cote au rabais, font qu’elles finissent souvent en auto de rallye, au lieu d’être restaurées pour être collectionnées ou utilisées au quotidien. On peut aussi dire la même chose des versions sportives de la Citroën AX (certes plus rares déjà à la base).
En Suisse la 106 s16 reprend l’appellation GTI

Nils MIRANDOLA

Le 16/11/2018 à 22:51

Il est vraie que la 106 XSI est la descendante direct de la 104 ZS. Il était probablement plus vendeur de la désigner comme descendante de la 205.

Laisser un commentaire